Roland Huguenot

Notre ancien collègue Roland Huguenot nous a quittés le 30 mars dernier à l'âge de 82 ans. Il avait consacré sa vie professionnelle au développement du palmier à huile aux quatre coins de l'Afrique et de l'Amérique latine. Il était un des pionniers de l'IRHO qui avait permis à cet institut de sortir de son pré carré de l'Afrique de l'Ouest francophone.
Une fois titularisé de l'Ecole d'arboriculture et de viticulture de Blanquefort (Gironde), il va se familiariser d'abord avec la culture du palmier à huile comme assistant de plantation de la Compagnie française du Haut et Bas-Congo près d’Ouesso (Congo Brazzaville).

Puis il intègre l'IRHO en mars 1962. De cette date jusqu'en 1988 il va jouer un rôle clé dans la création et l'exploitation de grandes plantations agro-industrielles, modèles en leur temps, et qui ont contribué au rayonnement en recherche et développement de l'IRHO, puis du Cirad, dans leur filière palmier à huile, tout en lançant cette culture nouvelle dans ces différents pays. Successivement, il s'attaque à la plantation de San Alberto près de Bucaramanga (Colombie), de DENPASA près de Belém (Brésil), de Tamatave (Madagascar), de Wangakor près de Robertsport (Liberia), de Bossongo (République centrafricaine), de Tocache et Uchiza près de Tingo-Maria (Pérou).

De 1989 à 1993, à la direction générale du GOPDC (Ghana Oil Palm Development Corporation), il est responsable de la plantation agro-industrielle et des plantations villageoises, de leurs extensions, des productions et de la commercialisation de l'huile.

Ainsi il a pu travailler aussi bien pour des plantations privées que pour des plantations d'Etat, financées entre autres par la Banque mondiale.

Pendant 30 ans il a ainsi assumé des affectations très diverses dans huit pays différents et dans des conditions parfois très difficiles. Ce qui lui a permis d’assimiler des cultures et des modes de vie différents et de pratiquer trois langues étrangères. Elles l’ont amené à dialoguer avec les autorités locales privées et gouvernementales avec succès, car sans elles une implantation n’est pas durable. Sur proposition de l’ambassadeur de France au Ghana, il a été décoré de l’ordre du Mérite agricole, en 1992.

Ayant demandé son retour en France en 1993, il a été affecté auprès du chef du programme palmier à Montpellier, avant de prendre une retraite largement méritée en 1997.

Si Roland Huguenot était un homme dynamique, sachant jouer de son charme pour être persuasif et un véritable moteur dans sa profession, il a continué à l'être d'une certaine manière une fois à la retraite avec ses amis : ne les entraînait-il pas à la piscine, en randonnée, aux champignons et sur les rivières en canoë et en kayak ! Il adorait la nature et en particulier le Mont Aigoual, mais il aimait aussi aller nager tôt le matin à la mer à Carnon. C'était un homme serviable, très à l'écoute. Et n'oublions pas qu'il est passé facilement du palmier à huile aux Palmacées en général, en vrai fou de l'association Fous de palmiers, cherchant en particulier à les protéger des ravageurs comme le rhynchophore et le papillon Paysandisia archon.

C'est avec beaucoup d'émotion que nous rendons hommage à Roland Huguenot. Nous présentons toutes nos condoléances à son épouse et son fils qui ont partagé avec lui, tout ou partie de ce parcours au long cours.

L’assemblée générale de l’Adac s’est tenue dans la matinée du 5 février, dans une salle de l’hôtel Héliotel à proximité du Cirad. Une soixantaine de personnes y ont participé. Le quorum ayant été largement dépassé (avec 59 personnes présentes ou représentées sur 120 adhérents), l’assemblée a pu se tenir. Elle s’est déroulée conformément à son ordre du jour approuvé par l’assistance. La présence de collègues de l’AIDA (Association des anciens de l’IRD) montre la continuité des bonnes relations entre nos deux associations.

Les rapports de l’année 2018 ont été présentés : le rapport moral par Jacques Chantereau, le rapport d’activités par Christiane Mellet-Mandard et le rapport financier par Georges Raymond. Un adhérent s’est interrogé sur l’importance des ressources financières de l’amicale. Nous avons expliqué que celle-ci est due à la nécessité d’avoir des réserves pour l’organisation de la prochaine Journée des anciens et aussi pour nos actions de solidarité. Suite à l’intervention du contrôleur aux comptes, Christian Porte, qui n’a pas trouvé d’anomalies dans les comptes de l’Adac, les votants ont donné leur quitus au bureau de l’Adac pour son activité de l’année 2018.

Le deuxième point de l’ordre du jour a porté sur la communication de l’amicale avec ses différents supports (la lettre, les newsletters et le site web). A l’aide d’un « power point », Francis Ganry a donné des informations sur les dernières évolutions du site et l’importance des listes de diffusion de nos différents outils de communication. Ainsi, le taux d’ouverture des newsletters qui sont envoyées à près de 500 personnes est de l’ordre de 50 %. Il a aussi été donné quelques statistiques de fréquentation du site. Près de la moitié des adhérents de l’Adac ne se connectent pas à son intranet. Francis Ganry a fait savoir qu’on peut le contacter si l’on a des difficultés à y parvenir, cela d’autant plus que les mesures de sécurité imposent maintenant d’utiliser des mots de passe forts et aléatoires. Pour faciliter les échanges entre membres, il a été suggéré la mise en place dans le site d’un espace de partage et d’échange d’informations entre membres, que nous pourrions appeler « Entre nous ». Il devrait être possible de répondre à cette requête.

Le troisième point abordé au cours de l’assemblée a concerné la nouvelle politique restrictive du Cirad vis-à-vis de ses retraités en matière de conservation d’adresses de courriel Cirad, de réception des messages du Cirad et d’accès à l’intranet de l’établissement. Jean-Pierre Gaillard a fait part des interventions de l’Adac en début d’année auprès de la direction pour faire remonter l’incompréhension des anciens vis-à-vis des mesures prises. René Tourte avait notamment su traduire notre ressentiment collectif dans une lettre juste et sensible que nous avions communiquée à la direction et aux adhérents. Michel Eddi, qui est alors arrivé à la réunion, a pu directement intervenir. Il a annoncé que des accès à l’intranet du Cirad seraient accordés à quelques membres du bureau de l’Adac ainsi qu’à René Tourte. Il lui était néanmoins impossible de faire plus. Il a rappelé les obligations du récent RGPD (Règlement général sur la protection des données). Par ailleurs, le service informatique est confronté à des attaques et aussi à des comportements incorrects de quelques anciens collègues. Face à l’étonnement de certains participants relatif au maintien des facilités informatiques de l’IRD accordées à ses retraités, Jacques Claude, qui représentait l’institut à l’assemblée, a précisé que la situation était dépendante d’une charte pouvant être revue annuellement. Pour Michel Eddi, le cas de l’IRD est différent de celui du Cirad qui est beaucoup plus soumis à des recherches compétitives de financements. Par ailleurs, il pense que l’IRD va devoir revoir sa politique d’accès informatique. D’autres intervenants ont fait valoir combien les nouvelles dispositions informatiques les gênaient pour collaborer avec leur ancienne unité avec laquelle ils ont toujours des relations. Michel Eddi a recommandé qu’à défaut d’entrer directement dans l’intranet du Cirad, ils passent par les collègues en activité qui eux ne sont pas soumis à des restrictions d’informations. Michel Eddi a par ailleurs rappelé qu’il existait des supports internes de communication du Cirad accessibles à ceux qui en feraient la demande. Le bureau de l’Adac, en liaison avec la direction, doit se faire préciser la liste de ces différentes sources d’information ainsi que les moyens d’en bénéficier.

L’assemblée est ensuite passée aux questions diverses.

Michel Eddi a abordé la question du recours par le Cirad à des compétences des retraités. Il n’y a pas de possibilité d’éméritat au Cirad en raison de son statut d’Epic. En revanche, la direction réfléchit à un statut de compagnonnage. Elle a conscience de ne pas exploiter les capacités d’expertise des anciens. Il existe déjà un dispositif à mieux activer pour que des jeunes soient encadrés par des anciens avant leur départ. De plus, l’établissement réfléchit à un inventaire des ressources d’expertises des agents partant à la retraite. Pour les collègues enregistrés, il y aura nécessité d’avoir un statut d’autoentrepreneur. Dans ces conditions, des contractualisations pourront être passées avec le Cirad pour les coûts d’expertise et partage des gains. Un intervenant dans la salle a fait part de son expérience avec le privé qui préfère des experts expérimentés accompagnés de débutants. Au début, les commanditaires privés ne prenaient en charge que l’expert chevronné mais devant l’intérêt de la formule, il y a maintenant aussi prise en charge du débutant. Ce type de tandem pourrait constituer un avantage comparatif pour le Cirad vis-à-vis des expertises internationales.

Jean-Pierre Gaillard a fait le point sur notre projet de Journée des anciens prévue en octobre 2019. Avec une participation estimée à 150 personnes, son budget s’élèverait à 7200 €. En dépit de nos réserves financières, l’insuffisance du soutien financier de la direction pour 2019 amène à reporter de quelques mois le projet. Il convient pour cela que la subvention de 1000 € accordée par la direction en 2019 soit sécurisée et complétée en 2020 d’un même montant.

En ce qui concerne les actions de solidarité de l’Adac : nous poursuivons notre opération collecte de lunettes pour le Burkina Faso. Un autre projet est en cours d’étude pour venir en aide aux écoles de brousse de Bambey. Nous avions envisagé en 2018 de transférer les dons de nos adhérents via la Délégation Cirad à Dakar. Mais nous avons dû y renoncer devant la difficulté d’avoir un coordinateur sur place et le problème comptable que ce transfert poserait à l’Adac. Nous réfléchissons à une autre solution : passer par une association française, MAÏTA (http://www.maita-asso.fr) qui se rend chaque année au Sénégal pour concrétiser leurs actions de solidarité avec les habitants de Nguékokh. Marie-Gabrielle Bodart connait bien cette association et l’a présentée à l’assemblée. Leur présidente, Catherine Duchamp, a déjà rencontré Rosalie Diouf en 2018, sur nos recommandations, pour découvrir Bambey. En février 2019, il est prévu qu’elle retourne à Bambey pour visiter les écoles, faire un état de la situation et voir ce qui peut être envisagé sur place comme actions concrètes. Nous vous tiendrons informés de la suite donnée à ce projet.
D’autre part, Philippe Lhoste est intervenu pour présenter l’association Prommata dans laquelle il a, avec René Billaz, des responsabilités. Cette association promeut dans les pays du Sud la traction animale agricole autonome avec le recours à des outils simples, polyvalents, constructibles et réparables sur place. Elle intervient notamment au Burkina Faso et à Madagascar. Les adhérents de l’Adac qui souhaiteraient soutenir cette association peuvent prendre contact avec Philippe Lhoste ou avec l’Adac.

Pour finir, Michel Eddi a fait un tour d’horizon de la situation du Cirad. Nous renvoyons les lecteurs à la dernière lettre du Cirad où l’essentiel des informations qu’il a données sont rapportées. Nous retenons toutefois que la situation financière de l’établissement serait en 2018 à l’équilibre avec des perspectives raisonnablement optimistes pour 2019. Michel Eddi a cependant conscience que les contraintes budgétaires antérieures avaient pesé sur le recrutement en aboutissant à une diminution des effectifs du Cirad.

La séance a été suivie d’un sympathique apéritif et d’un repas à l’Héliotel. Au cours de ce repas les projets de visite et de conférences ont été évoqués et les participants ont pu proposer d’autres lieux et thèmes de visites.

 

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Gérard Haddad est un psychanalyste renommé qui, dans sa jeunesse, a été un agronome de l’Irat travaillant en Casamance, au Sénégal. C’est aussi un membre de l’Adac.

Sa venue le jeudi 21 février à la librairie Sauramps de Montpellier pour la présentation de ses derniers ouvrages a été un évènement qui a attiré un public nombreux où se trouvaient quelques adhérents de l’amicale. Gérard Haddad a séduit l’assistance par sa sincérité, son humour et sa capacité à tenir un discours psychanalytique simple. En début d'intervention, il a honoré René Tourte, son maître, comme il l'a présenté, à qui il avait rendu visite dans la journée avant sa conférence. Par la suite, il a aussi évoqué son passé de praticien de l'agronomie dont les approches lui paraissent proches de celles de la psychanalyse. Le débat a néanmoins été centré sur ses deux derniers livres : Ismaël et Isaac et Dans la main droite de Dieu : psychanalyse du fanatisme.

Ce fut l’occasion de parler de fraternité entre Juifs et Arabes et de leurs difficiles relations actuelles alors que, pendant des siècles, ils ont été proches et ont interagi positivement dans bien des domaines.
La nécessité de fermer la librairie a malheureusement limité le temps des discussions avec le public et la manifestation s'est terminée par une séance de dédicaces.

Gérard Haddad reste toujours attaché aux problématiques agronomiques du Sud comme en témoigne le livre qu'il a écrit en 2013 à partir de son expérience sénégalaise à l'Irat : Tripalium (présentation sur le site en accès « enregistré ») et l'article : « Comment le paysan africain est entré dans l'histoire » qu'il a publié en 2018 dans La Revue sur l'ouvrage historique encyclopédique de René Tourte.

 

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Une délégation de Ciradiens (Michel Eddi et Pierre-Marie Bosc) et d'anciens Ciradiens (Marie-Rose Mercoiret, René Billaz, Paul Kleene, Michel Benoit-Cattin) a fait le voyage à Dakar pour participer au colloque « L’avenir des exploitations agricoles familiales d’Afrique de l’Ouest dans une économie mondialisée » en hommage au Dr Jacques Faye, 27-29 novembre 2018, Dakar.

Michel Benoit-Cattin et Paul Kleene rendent compte de cette participation, ci-dessous.

Jean Pichot, Etienne LandaisPaul Kleene et Michel Benoit-Cattin ont rédigé des hommages personnels à Jacques Faye leur collègue.

Un album photo est également présenté ici.

Compte rendu de Michel Benoit-Cattin

Ce colloque était organisé par l’Ipar pour son dixième anniversaire en partenariat avec l’Isra, le Cirad et le CNCR.

L’Ipar  (Initiative Prospective Agricole et Rurale) est un « think tank » imaginé par Jacques Faye et effectivement institutionnalisé deux ans avant son décès. Il se veut « un espace de réflexion, de dialogue et de proposition pour des politiques agricoles et rurales concertées au Sénégal et dans la région ouest-africaine. »[1]

La veille du colloque nous avons été reçus au siège de l’Ipar, Kër Jacques Faye, par son directeur exécutif le Dr Cheikh Oumar Ba avec à ses côtés le Dr Ibrahima Hathie directeur des recherches et ancien membre du dernier comité scientifique de la mission SHS du Cirad. Ils nous ont fait visiter les locaux et présenté les membres de l’équipe présents.[2]

Le CNCR « Conseil National de Concertation et de coopération des Ruraux » a été créé en 1993. Il regroupe de nombreuses organisations de producteurs sénégalais. Il a été l’interlocuteur de l’État et des bailleurs de fonds, en particulier la Banque Mondiale pour l’élaboration de la loi d’orientation agricole et divers programmes d’appui. Les organisations de producteurs se sont multipliées après le désengagement de l’État des actions de développement agricole dans les années 80, lors de l’ajustement structurel.[3] Son Président d’honneur Mamadou Cissokho interviendra à plusieurs occasions avec la pertinence et la conviction teintées d’humour si sympathiques qui le caractérisent.[4]

Le Cirad s’est trouvé ici engagé à côté de ces partenaires inhabituels. Sa participation officielle au colloque a été rendue plus particulièrement visible par la présence pendant deux jours de son PDG Michel Eddi (Photo 5 album). Celui-ci est intervenu lors de la session d’hommage à Jacques Faye avec l’aisance et la pertinence qu’on lui connaît. Avant lui, deux anciens du Cirad, Paul Kleene et Michel Benoit-Cattin, avaient dû abréger leurs témoignages à cause du retard pris.  Ils ont eu à cœur d’en délivrer des versions écrites plus complètes.

Pierre Marie Bosc, chercheur actuellement en poste à la FAO à Rome a introduit la première session thématique sur les évolutions des exploitations agricoles face aux contraintes et opportunités de l’environnement nationale et international.

D’autres anciens du Cirad se sont exprimés au fil des sessions :

À propos de décentralisation et de territorialisation (deuxième thème du colloque) René Billaz premier directeur scientifique du Cirad, également présent, a présenté une contribution qu’il avait préparée avec Jacques Lefort sur « Agriculture familiale et territoires ruraux en Afrique de l’Ouest : un potentiel de développement local, durable et identitaire ».

Le deuxième jour, Marie-Rose Mercoiret a introduit la session de l’après-midi sur le dialogue multi-acteurs dans l’élaboration des politiques publiques par une présentation illustrée par des dessins originaux de son mari Jacques (Photo 7 album).  Marie Rose était antérieurement membre du comité qui a élaboré le contenu du colloque.

Dans la dernière session sur la recherche agricole et agroalimentaire au service d’un développement agricole et rural durable, Michel Benoit-Cattin reviendra sur le podium pour une table ronde sur le pilotage de la recherche agronomique. Il se réfèrera en particulier à ses dernières missions pour le Cirad en Haiti.[5]

L’Isra : À la tribune on verra apparaître plusieurs de nos collègues, anciens du département systèmes de l’Isra, fidèles à la mémoire de Jacques Faye leur directeur : Alioune Fall, actuel DG de l’Isra ; Dr Papa Abdoulaye Seck, Ministre de l’agriculture et de l’équipement rural et ancien DG de l’Isra ; Dr Léopold Sarr qui succéda à Jacques Faye à la tête du département systèmes avant de rejoindre la Banque Mondiale et le FIDA ; Y sont apparus également deux de nos anciens thésards à Montpellier : le Dr Pape Nouhine Dieye (US AID) et Dr Souadou Sakho Djimbira (FIDA). Une ancienne chercheuse de Bambey, Mme Aminata Badiane est la présidente du Conseil d’administration de l’Ipar.

Le cercle des fidèles se retrouvait dans la salle autour d’une table où on voit également Boubacar Barry, Hyacinthe Mbengue, Adama Faye, François Faye, Taib Diouf[6], Ibrahima Hatie.

Parmi les personnes entendues et vues à la tribune, on mentionnera Marie Hélène Collion ancienne de la Banque Mondiale et Philippe Fayet ancien responsable de la Coopération Suisse au Sénégal.

Enfin, une mention spéciale doit être faite de la participation de Robert Sagna qui était Ministre de l’agriculture quand Jacques dirigeait l’Isra.

Au-delà de ces personnes identifiées il faut souligner le nombre et la diversité des participants ainsi que leur assiduité durant ces deux jours et demi.[7]

En fin de journée, le mercredi, tous les participants au colloque ont été conviés à une visite mémoire de l’île de Gorée[8]. Jacques Faye natif de Gorée était très attaché à son île dont il a brigué la mairie ce qui lui a valu de perdre sa place de DG de l’Isra et l’a conduit à revenir au Cirad à Montpellier en 1997.

Une chaloupe spéciale nous a amenés à Gorée dont l’approche est toujours magnifique et où quatre signares en grande tenue nous attendaient sur le quai (Photos album 11 et 12). Nous nous sommes dirigés vers la maison des esclaves avec un passage devant la maison natale de Jacques. Dans la cour amphithéâtre du Centre culturel Joseph Ndiaye la famille et les amis goréens de Jacques ont témoigné avant la projection du film « Ipar, dernier combat de Dr Jacques Faye ». Ensuite nous avons été conviés à un excellent repas dans un site enchanteur bercés par de la musique mandingue.

La chaloupe nous a ramenés à Dakar vers 23 heures.

Le lendemain matin, le colloque se termina par la session consacrée à la recherche et il n’y eut pas de cérémonie de clôture faute de dignitaire disponible ce qui libéra l’après-midi de toutes et de tous.

 

[1] A voir, la vidéo préparée pour le colloque : https://www.ipar.sn/IPAR-le-dernier-combat-de-Dr-Jacques-Faye.html

[2] Voir le trombinoscope : https://www.ipar.sn/-Direction-executive-.html

[3] Pour en savoir plus sur le CNCR : http://www.cncr.org/fr

[4] Avec Jacques, nous avons fait sa connaissance dans les années 80 à Marseille lors d’un atelier organisé par le Gret : il venait d’un village voisin de l’Unité expérimentale de Kumbidia.

[5] Sur la relance de la recherche Haïtienne voir le rapport collectif : https://agritrop.cirad.fr/572502/1/document_572502.pdf

[6] Taib Diouf, directeur scientifique, succéda à Papa Abdoulaye Seck comme DG-Isra

[7] Difficile d’être plus précis faute d’une liste des participants.

[8] De nombreux sites présentent Gorée, dont Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Gor%C3%A9e

 

Compte rendu de Paul Kleene

Le colloque « L’avenir des exploitations agricoles familiales d’Afrique de l’Ouest dans une économie mondialisée, en hommage au Dr. Jacques Faye » organisé par l’Ipar[1], a été pour moi un événement plein d’émotions pour diverses raisons : tout d'abord, celle d’ être invité à assister à cet événement, du simple fait que j'avais connu Jacques FAYE et avais passé un bon bout de chemin avec lui, en étant justement tous deux des précurseurs de la problématique à laquelle le colloque était consacré ; ensuite, parce que cet événement m’a permis de me retrouver avec d’anciens collègues de la recherche agricole et des partenaires, des ciradiens, des chercheurs sénégalais, des anciens « bailleurs », que je n’avais plus revus depuis longtemps, un peu comme des gens qui se rencontrent obligatoirement, un jour, sur le lieu de leurs exploits passés ; et enfin, en raison de l'émotion de me retrouver dans ce pays de mes premières expériences professionnelles, là où mes deux premiers fils sont nés,  d'y faire des nouvelles rencontres et de réaliser les nombreuses évolutions qui se sont produites au Sénégal depuis 50 ans.

Parmi ces rencontres figurent en premier lieu les membres de la famille de Jacques, qui nous ont si bien accueillis lors d’une très belle soirée qu’ils avaient organisée à Gorée, pour tous les participants. Gorée, c’est l’île située dans la baie du Cap-Vert, où Jacques était né et avait passé sa jeunesse. Déjà, faire le petit voyage en bateau, à la nuit tombante (en bonne compagnie, voir photo de l'album) pour rejoindre cette île, marquée par une histoire fortement douloureuse[2], comme en témoigne la Maison des esclaves, fut un grand plaisir, me rappelant les bons souvenirs des visites faites des années auparavant, mais en plein soleil.

Je laisse volontiers à d’autres le soin de rédiger un compte-rendu savant de ce colloque qui nous a permis de faire le tour de la question en trois jours. Pour les membres de l’Adac, il est certainement intéressant de noter les nombreuses contributions faites par des Ciradiens, à travers des « key note adresses », Michel Eddy, Pierre-Marie Bosc et Marie-Rose Mercoiret, et/ou des communications comme celles de René Billaz et Jacques Lefort (absent) ainsi que de Michel Benoit-Cattin. Ce dernier et moi-même avons prononcé, avec Ahmed Bachir Diop (IPAR) et Mamadou Cissoko (CNCR), un témoignage sur notre regretté ami Jacques Faye. Lors du colloque, la seule chose que j’ai déplorée est le peu d’attention donnée à la notion actuelle de l’exploitation agricole familiale en Afrique. Que sont-elles devenues depuis le temps de nos recherches effrénées des années soixante-dix et quatre-vingt ? Faudrait-il toujours se moquer de nous comme l’avait fait notre regretté collègue et ami de l’Orstom, Marc Gastellu, avec son article qui avait fait l’effet d’une bombe, intitulé : « Mais où sont donc ces unités économiques de production que nos amis cherchent tant en Afrique ? » (1980) ? Toutefois, si reproche il y a, le premier à accuser c’est moi-même, car j'ai préféré faire du terrain, plutôt que de finaliser à temps la communication que j'avais annoncée sur ce sujet. C’est la préférence d’un « ancien », qui a cette chance unique de pouvoir se trouver encore très souvent avec des paysans, dans leurs champs, au Burkina, au Mali et, cela, même après le colloque du Sénégal. Saurait-on encore où se situer leurs centres de décision au juste, en croyant pouvoir s’intéresser à la promotion de l’agriculture durable et productive, sans disposer de cette connaissance ?

 

[1] Ipar : Initiative Prospective Agricole et Rurale, Dakar, Sénégal ; le colloque a été organisé à l’occasion de la dixième anniversaire, 2008 – 2018, en collaboration avec le CNCA, l’Isra, et le Cirad, ainsi qu’avec l’appui de du Gouvernement du Sénégal, l’UE, le Fida, le Crdi, le FAO, le Hewlett Foundation.

[2] En tant que Hollandais, je ne peux pas m’empêcher de me sentir perplexe en me rendant compte des actes commis dans cette île par nos ancêtres, qui après l’avoir conquise aux Portugais, l’ont rebaptisée Gorée, d’après l’île hollandaise de « Goede Reede » (bon quai). Bon quai pour eux pendant 78 ans, mais une des pires geôles du monde pour les esclaves. Comme nous l’a rappelé le guide lors de notre visite à la maison des esclaves (l’un des 20 « dépôts »), les enfants « par exemple », étaient entassés les uns sur les autres comme des sardines, dans une seule petite pièce. Une bonne raison de nous rappeler « qu’autrefois le monde n’était pas meilleur, mais différent ».

A l’instigation de l’Adac, nos collègues Serge Palu et Daniel Pioch ont donné au Cirad, le 10 janvier 2019, une conférence axée sur un arbuste, le guayule, qui est originaire du Mexique et qui peut produire du caoutchouc naturel en région méditerranéenne. Nos intervenants ont d’emblée posé le problème en intitulant leur communication : Produire du caoutchouc naturel en Europe ? Rêve de chercheur ou réalité en 2020. Au cours de la conférence, nous avons pu juger de l’intérêt du guayule qui produit bien en zone tempérée du caoutchouc hypoallergique aux propriétés particulières. Historiquement, la plante est connue depuis le début du xxe siècle. Elle a été notamment exploitée aux Etats-Unis durant la 2e guerre mondiale. Elle est aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt en tant que substitut potentiel à l’hévéa. Avec conviction, Serge Palu et Daniel Pioch nous ont fait découvrir les avancées des techniques culturales de cette plante dans notre région à laquelle on a pu adapter les outils mécaniques utilisés pour la production de lavande. Les conférenciers nous ont aussi fait part des avancées des procédés d’extraction du latex par chimie verte que le Cirad a mis au point à partir des récoltes. Leurs propos étaient étayés par un film qui donnait à voir les réalisations de terrain et de laboratoire menées à ce jour avec leurs différents partenaires. A un niveau expérimental, les résultats sont convaincants alors que des marges de progrès en rendement et en extraction restent encore importantes. La difficulté maintenant est de passer au stade industriel en trouvant des partenaires prêts à investir dans la création d’une filière guayule.

La conférence était fort instructive. Elle a bien intéressé l’assistance où se côtoyaient des Ciradiens en activité et des membres de l’Adac. Les arguments des conférenciers et leur intérêt communicatif pour le guayule ont amené la majorité des auditeurs à croire en l’avenir de cette plante. Malheureusement, pour ceux qui n’ont pas pu venir et qui voudraient s’en persuader, nous ne sommes pas en mesure de montrer l’enregistrement vidéo de la conférence à cause d’un problème technique.

 
Pour plus d'information, vous pouvez visionner le diaporama présenté par les conférenciers en cliquant ici
 
 
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Pour ceux qui ne connaissent pas les talents de photographe de Bernard Faye, notre collègue, récent retraité du Cirad spécialiste en productions animales, nous signalons qu'il expose des photos sur le thème "Des animaux et des hommes sur la route de la soie" au Bar à Photo, 29 ter rue Lakanal. Il y présente des vues prises en Mongolie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan et Turquie dans le cadre de ses missions au Cirad. L’exposition s'est tenue du 19 septembre au 12 octobre. 

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L’Adac a été représentée à l’ouverture des Rencontres 2018, le lundi 2 juillet, avec un stand bien placé à l’entrée du bâtiment de la direction.

A son installation, Francis Ganry a bénéficié de moyens informatiques du Cirad pour présenter efficacement le site de l’amicale. Le même dispositif a aussi permis de suivre en direct l’intervention de Michel Eddi à l’amphithéâtre Jacques Alliot. Au cours de la journée, Francis avec Marie-Gabrielle Bodart, Jacques Chantereau et Jean-Pierre Gaillard ont été présents pour répondre aux questions et mieux faire connaître l’amicale. Jean-Pascal Pichot nous représentait dans l’amphithéâtre où il est intervenu.

Pour conclure, notre présence a contribué à la visibilité de l’Adac pendant ces rencontres, et nous avons eu le plaisir de revoir nombre de collègues et amis qui, nous l’espérons, nous rejoindront dans le futur.

Les moments forts des rencontres peuvent être revus sur le site intranet du Cirad, et le discours du Pdg, Michel Eddi, visionné en cliquant sur l'image ci-dessous.

2018 07 02am Allocution PDG

 

 

 

 

 

 

  

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