pierresiband

Notre collègue et ami, Pierre Siband, nous a quittés le 22 mai 2020. Il aura marqué l'Irat et le Cirad par ses travaux de recherche et son activité d'animation scientifique à Montpellier (lire à ce sujet le témoignage de Francis Ganry).
De plus amples informations seront apportées ultérieurement.

En attendant, nous vous invitons à lire le témoignage de Francis Ganry. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres. 

Chères collègues, chers collègues

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris ce matin 12 mai 2020 le décès de Michel Havard, survenu subitement à Bamako où il était affecté. Le Cirad et l’Afrique sont en deuil car nous perdons tous un grand Monsieur tant dévoué pour nos partenaires et ses collègues. Et la science perd elle un chercheur de terrain aux capacités de diagnostic et d’innovateur hors pair. Michel allait achever sa carrière professionnelle au Mali, son dernier pays d’adoption, en assurant la coordination du volet R-D du projet AgroEco qui venait de commencer. L’Afrique de l’Ouest et du Centre étaient au cœur de ses préoccupations et de sa vie personnelle. Le Sénégal, le Mali, le Cameroun et le Burkina Faso furent ces pays de cœur et d’esprit où il avait tissé un réseau partenarial et d’amitiés dense avec les africains.

Michel était déjà un praticien des questions agricoles et de machinisme dans sa Bretagne natale avant de commencer ses études à l’INA-PG en 1975. De famille paysanne il rappelait souvent les débuts de la motorisation dans son village d’Ile et Vilaine avec la création de la CUMA où il travaillait comme tractoriste durant les congés scolaires. La fin de ces études d’ingénieur a été consacrée à une formation en machinisme agricole à Antony. Ensuite il rejoint le Mali comme VSN à la Direction du machinisme agricole au ministère de l’agriculture à Bamako. En 1981, il est embauché par l’IRAT et affecté au Sénégal à la station de recherche de Bambey puis à St Louis. Affilié au CEEMAT, Il développera les travaux en machinisme et en technologie post récolte à l’ISRA pendant 11 années et formera plusieurs chercheurs sénégalais dans ces domaines, notamment Alioune Fall le DG de l’ISRA et notre président du conseil scientifique.

Michel HavardDe 1993 à 1997 il est affecté à Montpellier où il réalisera de nombreuses études pour la FAO et l’AFD en Afrique sub-saharienne afin de définir des politiques et des projets en machinisme agricole cohérents avec les besoins des agriculteurs. Il relança à cette période les travaux sur la traction animale et la culture attelée, techniques qu’il défendait toujours. Il renoue avec le terrain en partant en 1997 à Garoua, au nord du Cameroun dans le cadre du PRASAC pour lequel il animera pendant 6 ans le volet de recherche sur le conseil agricole dans ce pays mais aussi au Tchad et en RCA. Il rejoint ensuite pour 5 ans la Direction scientifique de l’IRAD où il apporta un appui important en vulgarisant les approches de recherche-action, en renforçant les liens avec les Universités et en initiant des recherches sur les services agricoles. Affecté au CIRDES à Bobo-Dioulasso en 2011, il va jouer un rôle clé dans l’animation du dP ASAP tout en continuant à travailler dans ses domaines de recherche. Il réalisera plusieurs études sur l’intérêt et les limites de la motorisation en Afrique de l’ouest en particulier au Bénin, au Sénégal, au Togo. Toujours modeste et à l’écoute, mais remarquablement efficace il avait mis en place un réseau de chercheurs et de praticiens dans ce secteur d’activités. Durant la même période, iI a appuyé l’IER au Mali pour la coordination du volet R-D du projet PADSE en zone cotonnière du Mali en faisant la navette entre Bobo-Dioulasso et Bamako où il fut affecté en avril 2019.

Michel Havard était un pilier de notre partenariat dans ces pays africains. Il ne ménageait jamais sa peine pour rendre service aux responsables des SNRA, aux chercheurs africains et à tous ses collègues du Cirad mais aussi aux plus modestes comme les techniciens et les chauffeurs ainsi qu’à de nombreux étudiants qu’il aimait aider. Pragmatique, grand connaisseur de l’Afrique subsaharienne il apportait toujours les bons conseils et savait donner du sens à nos activités sur ce continent. Ouvert d’esprit et fidèle en amitié Michel avait toujours une anecdote, un bon mot sur sa campagne bretonne et ses différentes affectations africaines où il noua de nombreuses amitiés avec ses collègues. Homme de courage et de conviction il a été capable quelques soient les circonstances de maintenir la présence active du CIRAD sur les terrains les plus difficiles en portant haut et fort nos valeurs du partenariat.

La recherche et l'agriculture africaines ont perdu un grand serviteur et nous, ses collègues, un ami. Michel était modeste mais avait toujours une vision juste des choses et surtout du partenariat.  Il apportait un appui à tous, sans compter ses heures de travail, en relisant publications et synthèses et en soutenant de nombreux étudiants africains qui ont pu réussir grâce à lui.

Les agricultures africaines, la recherche agronomique en général, et le Cirad en particulier, lui doivent beaucoup et sa disparition laisse un grand vide. Michel, c’est le Cirad et ses valeurs incarnés dans un seul homme.

Dans ces moments difficiles et douloureux, nous avons dans tous une pensée amicale et solidaire pour son épouse Djenaba, sa fille Laure et sa famille en Bretagne.

Michel Eddi

Président directeur général

Le Cirad avait annoncé qu’à compter du 1er avril, les Ciradiennes et Ciradiens retraités pourront candidater à un statut d’expert émérite. Il s’agit pour le Cirad de capitaliser les compétences en matière d’expertise dont il aurait besoin, de transmettre aux nouvelles générations de chercheurs les savoir-faire et les contacts liés à l’exercice de ce métier et de répondre aux demandes des partenaires, lorsqu'il ne disposera pas de suffisamment de ressources en interne. La situation actuelle de fermeture partielle du Cirad va certainement retarder la mise en place de ce statut. L’Adac s’emploie en à savoir plus. Dans l’attente d’informations supplémentaires, veuillez vous enregistrer pour connaître celles déjà disponibles et cliquer ici.

Film de 52 min réalisé avec la collaboration d'Alain Bourbouze et l'appui de I'Aicesdam (Association de lutte contre l'érosion la sécheresse et la désertification au Maroc)

Les oasis traditionnelles qui rencontrent de nombreux problèmes (sécheresse, bayoud, salinisation, émigration...) ont-elles un avenir ? C'est à cette question que tente de répondre ce film en racontant comment l'oasis de Kasbat, dans la province de Tata au Sud du Maroc, confrontée à ces mêmes problèmes, a su lutter contre son déclin et se reconstruire.

Dans une première partie le film replace cette oasis dans le contexte très particulier de l'histoire et de la géographie de la région. Il analyse ensuite les différentes actions entreprises pour la réhabilitation de l'oasis et le rôle joué par les associations locales. La troisième partie est consacrée à une réflexion plus globale sur l'avenir des oasis de la région.

Cliquer sur l'image pour voir le film

 annoncefilmKasbat

NourAhmadiNotre collègue Nour Ahmadi, doublement jeune en tant que retraité du Cirad et adhérent de l’Adac, a reçu de la main de Jean-Christophe Glaszmann l’insigne de chevalier de l’ordre national du Mérite à l’occasion d’une cérémonie organisée, le 11 décembre 2019, à l’amphithéâtre Jacques Alliot du Cirad. Cette distinction vient honorer un exemplaire parcours personnel. Embauché après sa thèse en génétique à Orsay en 1982, acquérant au Cirad une riche compétence professionnelle en exerçant des responsabilités de plus en plus importantes, il est devenu un expert internationalement reconnu de la sélection et de la génétique du riz. L’Adac le félicite et lui souhaite toute la réussite dans sa nouvelle vie.

Nous étions 26, le jeudi 26 septembre à vivre l’expérience inhabituelle d’un voyage en car pour une sortie récréative à la découverte des vallées industrieuses des Cévennes : ce mode de déplacement nous a paru plus approprié que la voiture individuelle pour rouler sur les routes sinueuses que nous avions à parcourir. Partis à 9 heures en bénéficiant d’un temps ensoleillé puis passant par Ganges et Saint-Hippolyte-du-Fort, nous sommes arrivés à Sumène, petite ville représentative des nombreux centres textiles des Cévennes du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Nous avons été accueillis par M. Serge Massal le dynamique directeur de l’entreprise familiale L’Arsoie-Cervin, la dernière fabrique de bas de luxe encore existante en Languedoc.cevennes2019 (13) Récupérant in extremis quelques-uns des derniers métiers à tisser Reading datant du plan Marshall, s’appuyant sur des ouvriers à la retraite pour faire redémarrer les machines au terme de deux ans de laborieux réglages, l’entreprise a pu sauver un savoir-faire unique qui lui permet aujourd’hui d’être la seule au monde apte à produire des authentiques bas artisanaux en nylon cristal, en 100 % soie et en cachemire et soie. Elle fabrique aussi des produits modernes : collants en soie/lycra, en cachemire ou des collants d’une transparence inégalée. L’entreprise qui exporte aujourd’hui dans le monde entier a reçu en 2016 le label « Entreprise du Patrimoine vivant ». Il reste qu’elle est freinée dans son développement par le manque de main-d’oeuvre qualifiée. Dans les années 1950, 800 personnes travaillaient à Sumène dans l’industrie textile. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une trentaine dans l’entreprise L’Arsoie-Cervin alors que son directeur aurait de l’activité pour 150 employés. Le monde industriel, à l’image des impressionnantes et complexes machines que nous avons vues dans l’usine, n’éveille apparemment que peu d’intérêt auprès des jeunes.

La visite terminée nous nous sommes retrouvés au restaurant Autours des Mets au centre de Sumène pour un repas fort apprécié qui vaudra à l’établissement une appréciation élogieuse et méritée de notre ami Francis Ganry dans TripAdvisor. Reprenant ensuite la route en car, nous avons été jusqu’au beau Musée des vallées cévenoles à Saint-Jean-du-Gard. Celui-ci est installé dans une filature de soie dite Maison rouge qui fut la dernière à fermer en France en 1965. Nous avons pu y découvrir l’histoire des Cévennes et son lien avec le protestantisme qui est ici un élément identitaire important. Nous y avons été instruits de la façon dont la population a su exploiter un milieu naturel peu généreux en valorisant des productions agricoles parfois originales comme celle de la châtaigne. Enfin, il nous fut donné de mieux connaître l’esprit d’entreprise des cévenols qui réussirent au XIXe siècle leur adaptation au monde industriel textile grâce à la sériculture. Tout au long de la visite, de nombreuses vitrines avec d’ingénieux et souvent d’émouvants objets, des documents, des photos qui restituent une époque dont le musée s’emploie à sauver le souvenir. C’est donc au terme d’une journée bien remplie que le retour en car, aux mains d’un chauffeur expérimenté, nous a ramenés à Montpellier à 19 heures.

A l’issue de cette sortie, Francis Ganry, très inspiré, a rédigé ce poème :

Dans les Cévennes à Sumène, la soie est labeur et honneur.
Des Cévenols réussirent un jour cette gageure qui fit leur bonheur
De rehausser la qualité des bas et collants de quinze à neuf deniers.
Une telle prouesse fit la célébrité des Suménois qui glorifièrent le denier.
Et rendirent alors à la soie de Sumène, un véritable culte.
C'est ainsi que leur mesure, le denier, devint le denier du culte

 

 Cliquer sur les images pour les agrandir et lire leur légende avec le pointeur

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