Notre ancien collègue de l'Inra à l'UMR Amap, l'ethnobotaniste MIchel Chauvet vient de publier un ouvrage encyclopédique sur les plantes alimentaires. Il fera une conférence le lundi 17 décembre 2018 19h00 - 20h30 à l'hôtel Crowne Plaza Montpellier Corum, 190 rue d'Argencourt, 34000 Montpellier.

Nous ne doutons pas de l'intérêt de cette conférence car Michel Chauvet est un grand scientifique qui croise de façon passionnante données historiques, culturelles et botaniques.

sortielodeve2018

 

Le matin nous commençons par la visite de la Maison de l'olivier à Clermont-l’Hérault. Dans une pièce voûtée, la guide nous accueille et nous présente l’exploitation, son histoire et le procédé de fabrication de l’huile d’olive au cours des siècles ainsi que ses bienfaits sur la santé. Un film nous retrace toute l’histoire de ce domaine ainsi que le fonctionnement de l’huilerie aujourd’hui. 

 

 

 

 

Jacques faye Cirad dec 90

Nombreux sont les chercheurs du Cirad qui gardent un souvenir de leur collègue Jacques FAYE à la fois comme chercheur en sciences sociales, comme directeur de département de l’ISRA, comme animateur d’un réseau régional des recherches sur les systèmes de production, puis comme responsable national de la recherche agronomique du Sénégal, et enfin comme directeur scientifique du département des systèmes agraires du Cirad.

Pour faire comprendre aux jeunes collègues rassemblés à Dakar la richesse de cette carrière multiforme et internationale au service de la recherche agronomique pour le développement des agricultures ouest africaines et pour lui rendre un hommage mérité, il est nécessaire de souligner quelques originalités de son cursus.

Tout d’abord, Jacques FAYE, recruté par l’Irat en 1974, a été le premier sociologue à rejoindre la recherche agronomique sénégalaise (et sans doute aussi ouest africaine). Il a apporté à ses collègues agronomes et agroéconomistes de l’Irat œuvrant au sein des « unités expérimentales » du Sine Saloum une sensibilité nouvelle à la diversité et à la complexité des activités menées au sein des « ménages-exploitations agricoles » : productions, transformations, consommation, gestion des moyens de production (travail humain et animal, ressources foncières). Il s’est préoccupé très tôt des questions foncières (objet de sa thèse soutenue à Paris X Nanterre en 1982) et en particulier de l’accès des femmes au foncier agricole.

Après la création de l’Isra et la réorganisation de la recherche agronomique sénégalaise, Jacques FAYE s’est vu confier la direction du département de recherche sur les systèmes de production et la création du Bureau d’analyses macroéconomiques.

En mars 1986, il a présenté (avec J. Bingen et E. Landais) lors du workshop de Dakar du West African Farming Systems Research Network une analyse historique à laquelle il faudrait se référer : The Creation and Establishment of Production Systems Research in a National Agricultural Research Institution : The Senegal experience.

De 1987 à 1991, dans la continuité de ce colloque, basé à Ouagadougou, il a assuré la coordination du réseau régional (Respao en Français) de soutien aux recherches sur les systèmes de production initiées dans les institutions nationales et il a publié une revue bilingue valorisant les résultats de ces travaux. Ce réseau venait compléter les initiatives prises dans le cadre de la Coraf et du Cilss pour créer des réseaux de recherche sur les plantes, l’élevage et la résistance à la sécheresse.

 Après avoir cherché à développer des partenariats de recherche-développement entre l’Isra et les sociétés régionales de développement pour promouvoir des systèmes d’innovation, Jacques FAYE a fait le pari de nouer des relations de recherche-action avec les organisations professionnelles agricoles sénégalaises.

En 1994, il a présenté à ce sujet au symposium international de Montpellier  Systems oriented Research in Agriculture and Rural Development une communication intitulée Local organizations. What institutional configurations are required to take account of producer organizations ?.

Son souci d’aider les organisations paysannes à monter en puissance dans les débats de politique agricole l’amènera ensuite à se positionner comme l’un des conseillers du Conseil national de concertation et de coordination des ruraux (CNCR).

Enfin et ce n’est pas la moindre de ses originalités, Jacques FAYE a saisi l’importance de l’enjeu  de la formation rurale ce qui va l’amener à participer activement à la création de l’Initiative prospective et rurale soutenue par la coopération entre le Sénégal et la Suisse.

Les travaux de recherche, de créations institutionnelles et partenariales, d’animation et les engagements de Jacques FAYE en faveur des paysans ne sont pas passés inaperçus au plan international. On peut citer à cet égard :

 - Jim Bingen et David Gibbon auteurs du chapitre Early Farming Systems Research and Extension experience in Africa and possible Relevance for FSR in Europa qui le saluent en ces termes « we dedicate this chapter to the memory of Jacques Faye (1946-2010) who always put peasant farmers first » ;

 - Bruno Losch, Sandrine Freguin Gresh, Eric White, auteurs du rapport Rural Transformation and late Developing Countries in a Globalizing World. Synthesis of the RuralStruc Program. Final Report 2011, qui saluent sa mémoire en ces termes « This Synthesis report of the RuralStruc Program is dedicated to the memory of Jacques Faye rural sociologist and funding members of IPAR ».

Ses collègues se souviennent aussi de ses talents de conteur et de sa capacité à capter ses auditoires en baissant la voix…..

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Jean Pichot

Pour ceux qui ne connaissent pas les talents de photographe de Bernard Faye, notre collègue, récent retraité du Cirad spécialiste en productions animales, nous signalons qu'il expose des photos sur le thème "Des animaux et des hommes sur la route de la soie" au Bar à Photo, 29 ter rue Lakanal. Il y présente des vues prises en Mongolie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan et Turquie dans le cadre de ses missions au Cirad. L’exposition s'est tenue du 19 septembre au 12 octobre. 

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Marc Le Moigne est décédé le samedi 6 octobre 2018 à Nice. Michel Eddi, Pdg du Cirad, a sollicité René Tourte pour lui rendre hommage.

 

Chères Collègues, Chers Collègues,

Marc Le Moigne était né le 23 avril 1935 à Maule (Yvelines) à quelques encablures de Grignon (destin ?). Il vient de nous quitter ce 6 octobre après une longue maladie. Ses obsèques se sont déroulées le 11 à Nice dans la plus stricte intimité.

Après ses études secondaires et sa préparation à l'Agro au lycée Saint-Louis de Paris, Marc avait intégré en 1957 l'École nationale supérieure d'agriculture de Grignon. S'y éveille son intérêt, qui deviendra passion, pour le machinisme, selon lui facteur essentiel du progrès en agriculture. À sa sortie en 1960, il choisit d'ailleurs une spécialisation "Machinisme et Sciences économiques connexes" qu'il suit au MASEC-CNEEMA d'Antony (qu'il retrouvera dix ans plus tard ! ).

Après son service militaire, effectué en Algérie (de septembre 1960 à septembre 1962) et son mariage avec Françoise, Marc Le Moigne est recruté par l'IRAT en 1962. Il est affecté à Bambey, au Centre national de la recherche agronomique (CNRA) du Sénégal, dirigé par Louis Sauger. Dans ce Centre, les études sur la mécanisation des techniques culturales y ont été menées de très longue date, dès l'entre-deux guerres, et reprises à partir de 1948 par René Tourte, Philippe Gaudefroy Demombynes, Robert Marchand ....

 Par sa formation et ses goûts, Marc Le Moigne se voit confier la division du machinisme agricole et génie rural. Dès 1963, il contribue, aux côtés de René Tourte, à l'exceptionnel succès des Deuxièmes Journées du Machinisme agricole de Bambey. Et jusqu'en 1970, il va apporter, avec l'équipe de l'IRAT, en étroite liaison avec ses amis Robert Nicou, Alain Bonlieu et ses collaborateurs François Plessard, Koussaye Diagne, son exceptionnelle connaissance de la machine, enrichie par de très nombreuses expériences menées en des écologies, en des conditions très diverses et en liaison avec les paysannats et les professionnels du développement rural, séduits par sa grande rigueur et ses extrêmes gentillesse et humanité. Ainsi le Sénégal et plusieurs États de l'Afrique de l'Ouest lui doivent, en bonne part, le spectaculaire essor de la culture attelée et, en certaines situations, de la motorisation intermédiaire.

 En 1970, Marc Le Moigne rejoint à Antony le Centre d'études et d'expérimentation du machinisme agricole tropical (CEEMAT, rattaché au GERDAT en 1972) alors dirigé par Charles Gaury et son adjoint Georges Labrousse. Marc se voit confier, à la suite de Claude Uzureau, l'approche économique de la mécanisation, ses contraintes, ses coûts, ses atouts pour le développement économique des agricultures tropicales, notamment familiales.

Sous les directions successives de Hervé Bichat (1975), Claude Uzureau (1977), Bernard Chèze (1983), Marc Le Moigne, alors chargé de la direction technique et de la programmation, va pendant une décennie développer une extraordinaire activité de recherche, d'expertise, de conseil qui va s'étendre, en Afrique, des Îles du Cap-Vert à la Réunion, en passant bien sûr par la plupart des pays francophones et quelques anglophones, et va déborder sur l'Amérique latine, Brésil notamment, et l'Asie du Sud-Est (Philippines). Marc appuie ses activités ultramarines sur la base d'Antony, à partir de laquelle il va garder une étroite liaison avec les institutions de recherche (CNEEMA, INRA, Instituts spécialisés et, bien entendu, les Instituts qui vont former le CIRAD) et les professionnels de la construction et de l'exploitation agricoles.

Au cours des années 1980, s'amorce le glissement progressif du CEEMAT vers le Centre CIRAD de Montpellier. Les infrastructures étant assurées, l'installation définitive s'achève en 1989, et Marc Le Moigne rejoint alors sa dernière affectation au sein d'un CEEMAT bien intégré à l'ensemble CIRAD.

En 1990, le président du CIRAD, Jacques Poly, et son directeur général, Hervé Bichat, décident de la fusion des deux départements, Systèmes agraires (DSA) et CEEMAT qui, sous la direction de Jacques Lefort, vont devenir le département des systèmes agroalimentaires (SAR). Marc Le Moigne va bien entendu y jouer un rôle essentiel, puis en prendre la direction en 1994, lors du départ de Jacques Lefort, direction qu'il conservera jusqu'à sa retraite le 31 décembre 1997, remettant alors le département entre bonnes mains, à Jean-Pascal Pichot. À son départ, le directeur général du CIRAD tiendra à remettre personnellement à Marc Le Moigne la croix de Chevalier de l'Ordre du Mérite national, en hommage à ses inestimables apports à la recherche agronomique et au développement des pays du Sud. Il était déjà Chevalier de l'Ordre national du Sénégal et Officier du Mérite agricole français.

En ces pénibles moments, nos pensées émues vont à sa chère épouse Françoise qui, toute sa vie, a apporté à Marc son soutien aimant, sans faille, et à ses trois enfants et à ses petits enfants.  

                                                                                                             

Montpellier, le 12 octobre 2018

Michel Eddi
Président directeur général 
 1968   Collègues Sénégal 108 1968   Collègues Sénégal 114  1968   Collègues Sénégal 116  1990   Montpellier Cirad 14 

 

 

L’Adac a été représentée à l’ouverture des Rencontres 2018, le lundi 2 juillet, avec un stand bien placé à l’entrée du bâtiment de la direction.

A son installation, Francis Ganry a bénéficié de moyens informatiques du Cirad pour présenter efficacement le site de l’amicale. Le même dispositif a aussi permis de suivre en direct l’intervention de Michel Eddi à l’amphithéâtre Jacques Alliot. Au cours de la journée, Francis avec Marie-Gabrielle Bodart, Jacques Chantereau et Jean-Pierre Gaillard ont été présents pour répondre aux questions et mieux faire connaître l’amicale. Jean-Pascal Pichot nous représentait dans l’amphithéâtre où il est intervenu.

Pour conclure, notre présence a contribué à la visibilité de l’Adac pendant ces rencontres, et nous avons eu le plaisir de revoir nombre de collègues et amis qui, nous l’espérons, nous rejoindront dans le futur.

Les moments forts des rencontres peuvent être revus sur le site intranet du Cirad, et le discours du Pdg, Michel Eddi, visionné en cliquant sur l'image ci-dessous.

2018 07 02am Allocution PDG

 

 

 

 

 

 

  

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