Notre ancien confrère agronome de l'Irat, aujourd'hui psychanalyste éminent et membre de l'Adac, est attendu le jeudi 21 février à 19 heures à la librairie Sauramps pour une présentation de ces derniers ouvrages : Ismaël et Isaac et Dans la main droite de Dieu : psychanalyse du fanatisme.

Même si ces ouvrages paraissent éloignés de nos domaines professionnels d'intérêt, Gérard Haddad reste toujours attaché aux problématiques agronomiques du Sud comme en témoigne le livre qu'il a écrit en 2013 à partir de son expérience sénégalaise à l'Irat : Tripalium (présentation sur le site en accès « enregistré ») et l'article : « Comment le paysan africain est entré dans l'histoire » qu'il a publié en 2018 dans La Revue sur l'ouvrage historique encyclopédique de René Tourte.

 

Jacques faye Cirad dec 90 logocolloqueJacques Faye

 

Une délégation de Ciradiens (Michel Eddi et Pierre-Marie Bosc) et d'anciens Ciradiens (Marie-Rose Mercoiret, René Billaz, Paul Kleene, Michel Benoit-Cattin) a fait le voyage à Dakar pour participer au colloque « L’avenir des exploitations agricoles familiales d’Afrique de l’Ouest dans une économie mondialisée » en hommage au Dr Jacques Faye, 27-29 novembre 2018, Dakar.

Michel Benoit-Cattin et Paul Kleene rendent compte de cette participation, ci-dessous.

Jean Pichot, Etienne LandaisPaul Kleene et Michel Benoit-Cattin ont rédigé des hommages personnels à Jacques Faye leur collègue.

Un album photo est également présenté ici.

Compte rendu de Michel Benoit-Cattin

Ce colloque était organisé par l’Ipar pour son dixième anniversaire en partenariat avec l’Isra, le Cirad et le CNCR.

L’Ipar  (Initiative Prospective Agricole et Rurale) est un « think tank » imaginé par Jacques Faye et effectivement institutionnalisé deux ans avant son décès. Il se veut « un espace de réflexion, de dialogue et de proposition pour des politiques agricoles et rurales concertées au Sénégal et dans la région ouest-africaine. »[1]

La veille du colloque nous avons été reçus au siège de l’Ipar, Kër Jacques Faye, par son directeur exécutif le Dr Cheikh Oumar Ba avec à ses côtés le Dr Ibrahima Hathie directeur des recherches et ancien membre du dernier comité scientifique de la mission SHS du Cirad. Ils nous ont fait visiter les locaux et présenté les membres de l’équipe présents.[2]

Le CNCR « Conseil National de Concertation et de coopération des Ruraux » a été créé en 1993. Il regroupe de nombreuses organisations de producteurs sénégalais. Il a été l’interlocuteur de l’État et des bailleurs de fonds, en particulier la Banque Mondiale pour l’élaboration de la loi d’orientation agricole et divers programmes d’appui. Les organisations de producteurs se sont multipliées après le désengagement de l’État des actions de développement agricole dans les années 80, lors de l’ajustement structurel.[3] Son Président d’honneur Mamadou Cissokho interviendra à plusieurs occasions avec la pertinence et la conviction teintées d’humour si sympathiques qui le caractérisent.[4]

Le Cirad s’est trouvé ici engagé à côté de ces partenaires inhabituels. Sa participation officielle au colloque a été rendue plus particulièrement visible par la présence pendant deux jours de son PDG Michel Eddi (Photo 5 album). Celui-ci est intervenu lors de la session d’hommage à Jacques Faye avec l’aisance et la pertinence qu’on lui connaît. Avant lui, deux anciens du Cirad, Paul Kleene et Michel Benoit-Cattin, avaient dû abréger leurs témoignages à cause du retard pris.  Ils ont eu à cœur d’en délivrer des versions écrites plus complètes.

Pierre Marie Bosc, chercheur actuellement en poste à la FAO à Rome a introduit la première session thématique sur les évolutions des exploitations agricoles face aux contraintes et opportunités de l’environnement nationale et international.

D’autres anciens du Cirad se sont exprimés au fil des sessions :

À propos de décentralisation et de territorialisation (deuxième thème du colloque) René Billaz premier directeur scientifique du Cirad, également présent, a présenté une contribution qu’il avait préparée avec Jacques Lefort sur « Agriculture familiale et territoires ruraux en Afrique de l’Ouest : un potentiel de développement local, durable et identitaire ».

Le deuxième jour, Marie-Rose Mercoiret a introduit la session de l’après-midi sur le dialogue multi-acteurs dans l’élaboration des politiques publiques par une présentation illustrée par des dessins originaux de son mari Jacques (Photo 7 album).  Marie Rose était antérieurement membre du comité qui a élaboré le contenu du colloque.

Dans la dernière session sur la recherche agricole et agroalimentaire au service d’un développement agricole et rural durable, Michel Benoit-Cattin reviendra sur le podium pour une table ronde sur le pilotage de la recherche agronomique. Il se réfèrera en particulier à ses dernières missions pour le Cirad en Haiti.[5]

L’Isra : À la tribune on verra apparaître plusieurs de nos collègues, anciens du département systèmes de l’Isra, fidèles à la mémoire de Jacques Faye leur directeur : Alioune Fall, actuel DG de l’Isra ; Dr Papa Abdoulaye Seck, Ministre de l’agriculture et de l’équipement rural et ancien DG de l’Isra ; Dr Léopold Sarr qui succéda à Jacques Faye à la tête du département systèmes avant de rejoindre la Banque Mondiale et le FIDA ; Y sont apparus également deux de nos anciens thésards à Montpellier : le Dr Pape Nouhine Dieye (US AID) et Dr Souadou Sakho Djimbira (FIDA). Une ancienne chercheuse de Bambey, Mme Aminata Badiane est la présidente du Conseil d’administration de l’Ipar.

Le cercle des fidèles se retrouvait dans la salle autour d’une table où on voit également Boubacar Barry, Hyacinthe Mbengue, Adama Faye, François Faye, Taib Diouf[6], Ibrahima Hatie.

Parmi les personnes entendues et vues à la tribune, on mentionnera Marie Hélène Collion ancienne de la Banque Mondiale et Philippe Fayet ancien responsable de la Coopération Suisse au Sénégal.

Enfin, une mention spéciale doit être faite de la participation de Robert Sagna qui était Ministre de l’agriculture quand Jacques dirigeait l’Isra.

Au-delà de ces personnes identifiées il faut souligner le nombre et la diversité des participants ainsi que leur assiduité durant ces deux jours et demi.[7]

En fin de journée, le mercredi, tous les participants au colloque ont été conviés à une visite mémoire de l’île de Gorée[8]. Jacques Faye natif de Gorée était très attaché à son île dont il a brigué la mairie ce qui lui a valu de perdre sa place de DG de l’Isra et l’a conduit à revenir au Cirad à Montpellier en 1997.

Une chaloupe spéciale nous a amenés à Gorée dont l’approche est toujours magnifique et où quatre signares en grande tenue nous attendaient sur le quai (Photos album 11 et 12). Nous nous sommes dirigés vers la maison des esclaves avec un passage devant la maison natale de Jacques. Dans la cour amphithéâtre du Centre culturel Joseph Ndiaye la famille et les amis goréens de Jacques ont témoigné avant la projection du film « Ipar, dernier combat de Dr Jacques Faye ». Ensuite nous avons été conviés à un excellent repas dans un site enchanteur bercés par de la musique mandingue.

La chaloupe nous a ramenés à Dakar vers 23 heures.

Le lendemain matin, le colloque se termina par la session consacrée à la recherche et il n’y eut pas de cérémonie de clôture faute de dignitaire disponible ce qui libéra l’après-midi de toutes et de tous.

 

[1] A voir, la vidéo préparée pour le colloque : https://www.ipar.sn/IPAR-le-dernier-combat-de-Dr-Jacques-Faye.html

[2] Voir le trombinoscope : https://www.ipar.sn/-Direction-executive-.html

[3] Pour en savoir plus sur le CNCR : http://www.cncr.org/fr

[4] Avec Jacques, nous avons fait sa connaissance dans les années 80 à Marseille lors d’un atelier organisé par le Gret : il venait d’un village voisin de l’Unité expérimentale de Kumbidia.

[5] Sur la relance de la recherche Haïtienne voir le rapport collectif : https://agritrop.cirad.fr/572502/1/document_572502.pdf

[6] Taib Diouf, directeur scientifique, succéda à Papa Abdoulaye Seck comme DG-Isra

[7] Difficile d’être plus précis faute d’une liste des participants.

[8] De nombreux sites présentent Gorée, dont Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Gor%C3%A9e

 

Compte rendu de Paul Kleene

Le colloque « L’avenir des exploitations agricoles familiales d’Afrique de l’Ouest dans une économie mondialisée, en hommage au Dr. Jacques Faye » organisé par l’Ipar[1], a été pour moi un événement plein d’émotions pour diverses raisons : tout d'abord, celle d’ être invité à assister à cet événement, du simple fait que j'avais connu Jacques FAYE et avais passé un bon bout de chemin avec lui, en étant justement tous deux des précurseurs de la problématique à laquelle le colloque était consacré ; ensuite, parce que cet événement m’a permis de me retrouver avec d’anciens collègues de la recherche agricole et des partenaires, des ciradiens, des chercheurs sénégalais, des anciens « bailleurs », que je n’avais plus revus depuis longtemps, un peu comme des gens qui se rencontrent obligatoirement, un jour, sur le lieu de leurs exploits passés ; et enfin, en raison de l'émotion de me retrouver dans ce pays de mes premières expériences professionnelles, là où mes deux premiers fils sont nés,  d'y faire des nouvelles rencontres et de réaliser les nombreuses évolutions qui se sont produites au Sénégal depuis 50 ans.

Parmi ces rencontres figurent en premier lieu les membres de la famille de Jacques, qui nous ont si bien accueillis lors d’une très belle soirée qu’ils avaient organisée à Gorée, pour tous les participants. Gorée, c’est l’île située dans la baie du Cap-Vert, où Jacques était né et avait passé sa jeunesse. Déjà, faire le petit voyage en bateau, à la nuit tombante (en bonne compagnie, voir photo de l'album) pour rejoindre cette île, marquée par une histoire fortement douloureuse[2], comme en témoigne la Maison des esclaves, fut un grand plaisir, me rappelant les bons souvenirs des visites faites des années auparavant, mais en plein soleil.

Je laisse volontiers à d’autres le soin de rédiger un compte-rendu savant de ce colloque qui nous a permis de faire le tour de la question en trois jours. Pour les membres de l’Adac, il est certainement intéressant de noter les nombreuses contributions faites par des Ciradiens, à travers des « key note adresses », Michel Eddy, Pierre-Marie Bosc et Marie-Rose Mercoiret, et/ou des communications comme celles de René Billaz et Jacques Lefort (absent) ainsi que de Michel Benoit-Cattin. Ce dernier et moi-même avons prononcé, avec Ahmed Bachir Diop (IPAR) et Mamadou Cissoko (CNCR), un témoignage sur notre regretté ami Jacques Faye. Lors du colloque, la seule chose que j’ai déplorée est le peu d’attention donnée à la notion actuelle de l’exploitation agricole familiale en Afrique. Que sont-elles devenues depuis le temps de nos recherches effrénées des années soixante-dix et quatre-vingt ? Faudrait-il toujours se moquer de nous comme l’avait fait notre regretté collègue et ami de l’Orstom, Marc Gastellu, avec son article qui avait fait l’effet d’une bombe, intitulé : « Mais où sont donc ces unités économiques de production que nos amis cherchent tant en Afrique ? » (1980) ? Toutefois, si reproche il y a, le premier à accuser c’est moi-même, car j'ai préféré faire du terrain, plutôt que de finaliser à temps la communication que j'avais annoncée sur ce sujet. C’est la préférence d’un « ancien », qui a cette chance unique de pouvoir se trouver encore très souvent avec des paysans, dans leurs champs, au Burkina, au Mali et, cela, même après le colloque du Sénégal. Saurait-on encore où se situer leurs centres de décision au juste, en croyant pouvoir s’intéresser à la promotion de l’agriculture durable et productive, sans disposer de cette connaissance ?

 

[1] Ipar : Initiative Prospective Agricole et Rurale, Dakar, Sénégal ; le colloque a été organisé à l’occasion de la dixième anniversaire, 2008 – 2018, en collaboration avec le CNCA, l’Isra, et le Cirad, ainsi qu’avec l’appui de du Gouvernement du Sénégal, l’UE, le Fida, le Crdi, le FAO, le Hewlett Foundation.

[2] En tant que Hollandais, je ne peux pas m’empêcher de me sentir perplexe en me rendant compte des actes commis dans cette île par nos ancêtres, qui après l’avoir conquise aux Portugais, l’ont rebaptisée Gorée, d’après l’île hollandaise de « Goede Reede » (bon quai). Bon quai pour eux pendant 78 ans, mais une des pires geôles du monde pour les esclaves. Comme nous l’a rappelé le guide lors de notre visite à la maison des esclaves (l’un des 20 « dépôts »), les enfants « par exemple », étaient entassés les uns sur les autres comme des sardines, dans une seule petite pièce. Une bonne raison de nous rappeler « qu’autrefois le monde n’était pas meilleur, mais différent ».

La science des sols française perd l’un de ses plus prestigieux membres : Georges Pédro

Nous venons d’apprendre la triste nouvelle du décès de Georges Pédro survenu mercredi 30 janvier. Georges Pédro était né le 26 juin 1929 et allait avoir 90 ans. Il venait de publier un dernier ouvrage scientifique :
« Les couvertures superficielles des espaces continentaux de la Terre » (ed. AFES, 2018)

Georges Pédro est mondialement connu pour ses travaux sur la minéralogie des argiles et les processus géochimiques d’altération. Directeur de recherches à l’Inra, il a joué un rôle capital en France pour la discipline Pédologie, en particulier à l’Orstom-IRD. Entre autres, il a assuré la présidence de la « Commission scientifique d’Hydrologie et Pédologie » (1984) et a encadré ou co-encadré de très nombreuses thèses de chercheurs Orstom.
C’est son exceptionnelle thèse de pédologie expérimentale qui le rend célèbre dans le monde entier : il modélise expérimentalement en laboratoire les principaux processus mondiaux d’altération des sols.
Au-delà de l’Orstom et de l’Inra, Georges Pedro a joué un rôle majeur dans la direction et/ou la présidence d’un grand nombre de structures scientifiques :
- 1971-1975. Groupes Français des Argiles (GFA)
- 1982-1986. Association Française pour l’Etude du Sol (AFES
- 1989-1993. Comité scientifique du Centre de Pédologie Biologique (CPB-CNRS)
- 1983-1987. Groupe Sciences-Nature de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences (AFAS)
- 1987-1991. Conseil scientifique du Programme Interdisciplinaire des Recherches géodynamiques Tropicale péri-atlantique (PIRAT) de l’INSU/CNRS-ORSTOM).
En 1998, il préside le Conseil Scientifique du Congrès international de Science du Sol (Montpellier).
Enseignant remarquable (1965-1995), de très nombreux pédologues de l’Orstom-IRD ont suivi ses cours dans le DEA de Pédologie et ont poursuivi une thèse avec lui. Il a participé avec l’Orstom, et sur les terrains de l’Orstom, aux grandes tournées africaines, brésiliennes, néo-calédonniennes, etc. des années 1970-1990.
Georges Pédro était membre à la fois de l’Académie des Sciences et de l’Académie d’agriculture. Pour cette dernière, il en avait été aussi le président en 1993, puis vice-secrétaire perpétuel en 1997 et, enfin, secrétaire perpétuel de 1998 à 2004. Il était membre fondateur de l’Académie des Technologies (2000).
Il avait reçu la médaille d’argent du CNRS en 1980 et était officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.
C’était un scientifique exceptionnel mais c’était aussi un grand humaniste, historien et homme de culture d’une grande sensibilité vis-à-vis des autres : il s’intéressait à vous. Aussi, beaucoup d’entre nous, ses collègues, avons aussi le sentiment d’avoir perdu un grand ami.

Nos plus sincères condoléances à Madame Pédro et à sa famille.

Christian Feller, au nom d'un collectif des Orstomiens-IRDiens.

 

Georges Pédro (en costume gris) en 1998 à Montpellier

Chères et chers collègues,

Notre ancien collègue du Cirad, Francis CORRADO, est décédé le 21 janvier dernier. Cette triste nouvelle permet à ceux qui l'ont bien connu de faire un saut en arrière et de se remémorer sa belle carrière…

Né en France en 1934 de parents italiens, Francis terminera ses études en 1958 comme ingénieur agronome de Paris-Grignon. Il commence alors sa carrière comme spécialiste en science du sol à l'Institut géographique de Colombie et son attirance pour l'Amérique latine ne le quittera plus…
Francis est embauché par l'IRHO en mai 1962 pour conduire logiquement, vu sa spécialité, les prospections pédologiques pour les futures plantations d'Etat de palmier et cocotier SODEPALM / PALMINDUSTRIE en Côte d'Ivoire, privatisées depuis. En 1966 il est appelé à faire l’intérim du directeur de la station de La Dibamba au Cameroun tout en étant en charge du projet palmier de Tamatave à Madagascar. En 1967 retour en Colombie, où il est mis à la disposition de l’INCORA (Institut de la réforme agraire) comme conseiller technique. Puis en 1970, il repart pour l'Afrique et passe une décennie comme conseiller technique et responsable du département agriculture des palmeraies de la SOCAPALM alors société d'Etat, au Cameroun.

Enfin en juillet 1979 Francis est affecté au siège de l'IRHO, square Pétrarque à Paris. C'est alors qu'il va se consacrer quasi intégralement au développement du palmier à huile en Amérique latine. Il est conseiller technique de plusieurs grandes plantations de Colombie et d'Equateur. Sa réputation se répand du nord au sud là du continent où le palmier à huile peut produire. Voyageur infatigable, il part pour de longues missions dépassant facilement deux mois et, comme les oiseaux migrateurs, les commence au nord au Honduras, Guatemala… pour les terminer au sud au Pérou ! La seule chose non négociable dans l'organisation des ses missions, c'était d'être de retour en France pour suivre le Tour de France, car Francis était un pro du cyclisme… Grâce à un itinéraire minutieusement préparé il parcourait le terrain, passant d’une compagnie à l’autre, diffusant les bonnes pratiques en matière élaeicole, conseillant ici pour une pépinière mal partie, là pour une qualité de récolte à améliorer, là encore pour s'assurer que ses recommandations de fumures étaient suivies. Et il profitait de ces contacts fréquents et approfondis avec les responsables de ces palmeraies pour faire la publicité du matériel végétal produit par l’IRHO dans ces contrées.
Il a laissé de nombreuses traces dans les mémoires des professionnels du palmier, par exemple en Colombie où il est cité de nombreuses fois dans « La Palma Africana en Colombia, Apuntes y memorias » éditée par FEDEPALMA (fédération des planteurs de palmier) en novembre 1998.

Francis était un observateur hors pair des palmiers et de la nature, un contemplatif toujours très discret, parlant peu mais écrivant beaucoup. Très bien organisé, c'était un virtuose de la présentation de ses innombrables rapports précis envoyés toujours dans les meilleurs délais. Le client pour lui, plus que pour tout autre, était roi, ce qui favorisait bien sûr un climat de grande confiance entre eux et lui. Il a été une référence pour ses collègues de travail mais aussi pour ceux arrivés plus tardivement au Cirad qui ont eu la chance de l'approcher.
En notre nom à tous, le Cirad le remercie pour sa contribution dynamique et exemplaire à la recherche / développement sur le palmier à huile partout dans le monde.
Dans ce moment douloureux, nos pensées amicales et nos condoléances vont vers son épouse Sophie et toute sa famille, qui ont partagé avec lui de cette belle aventure humaine.

Michel Eddi,
Président directeur général

En complément, nous vous adressons le discours prononcé par Bertrand Tailliez, en tant que chef du programme palmier, en mars 2000, pour le départ à la retraite de Francis Corrado. 

Nous avons appris le décès le 28 décembre 2018 de Serge Hernandez, à Nanterre, à l’âge de soixante et onze ans. Pour beaucoup de Ciradiens, il n’est pas connu, pourtant, pour les collègues de l’Irat des années 70 et début 80, son souvenir est vivace. Il ne passait pas inaperçu avec la personnalité et le physique de catcheur qu’il avait. Je l’ai connu quand nous avons été affectés en même temps en tant que VSN à Séfa au Sénégal en 1973. Nous avons alors été très proches. Venant de terminer ses études à l’École nationale supérieure d'horticulture de Versailles, Serge était chargé en Casamance d’essais de malherbologie et de contrôle des mauvaises herbes en milieu paysan. Dans la station perdue en brousse où nous étions, lui et moi partagions la même popote avec Sitapha Diatta et Olivier Neuville. Dans notre isolement, il était important d’avoir une bonne entente entre nous. Serge s’y employait par sa bonne humeur, son entrain, sa gentillesse. En raison de ses ChezMbaye Barick Avril73 ganry chantereau gorgeu diémé hernandezorigines toulousaines qu’il revendiquait haut et fort, il considérait que le rugby et la bonne chère devaient tenir une grande place dans l’existence. Il travaillait à nous en convaincre et, pour cela, il payait de sa personne. Ainsi, il avait pris en main le ravitaillement de la popote et il n’avait pas son pareil pour nous trouver, à Ziguinchor notamment, des produits rares et de qualité. Au terme de notre année de VSNat, nous nous sommes séparés, moi partant au Niger pour l’Irat. Quand je suis revenu au Sénégal, marié avec Dominique, je l’ai retrouvé malherbologue à Bambey, lui ayant épousé Saradha (ingénieur horticole de Versailles comme lui). Nous avons eu nos enfants en même temps et nous avons partagé en famille des vacances au Cap Skiring (au Sénégal) ou dans les Alpes. Les souvenirs communs ne nous manquent pas, tous bons et certains cocasses. En plus d’être resté toujours aussi optimiste que généreux et dévoué, Serge se montrait en plus un père présent et attentionné. Nous avons quitté Bambey en 1982. De son côté, Serge allait démissionner de l’Irat. Commençait alors pour lui une vie difficile, dans des postes expatriés à risque, sans sa famille. Il avait le sang chaud et les circonstances l’ont amené à faire le coup de poing contre des collègues partenaires où même contre des représentants de l’ordre. Bien sûr, cela a desservi sa carrière et atteint son optimisme. Aujourd’hui, j’ai peine à croire qu’il est parti, lui qui débordait de vitalité et de dynamisme. Je pense avec beaucoup d’émotion à tout ce qu’il nous a apporté et regrette de n‘avoir pu récemment lui faire part de notre estime et notre sympathie à son égard. Ces quelques lignes veulent, à défaut, rendre à Serge un modeste hommage et témoigner à sa famille que nous la soutenons dans ces circonstances douloureuses.

Serge en tournée dans un village de Casamance en 1973 Serge Hernandez avec Gilbert Delafond en  1980 à Bambey Serge à Séfa surveillant l'abattage d'un phacophère pour la popotte en 1973 Sénégal vers 1980 Serge avec un X rouge

 

Pour ceux qui ne connaissent pas les talents de photographe de Bernard Faye, notre collègue, récent retraité du Cirad spécialiste en productions animales, nous signalons qu'il expose des photos sur le thème "Des animaux et des hommes sur la route de la soie" au Bar à Photo, 29 ter rue Lakanal. Il y présente des vues prises en Mongolie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan et Turquie dans le cadre de ses missions au Cirad. L’exposition s'est tenue du 19 septembre au 12 octobre. 

Photo 1 Photo 2 Photo 3

 

L’Adac a été représentée à l’ouverture des Rencontres 2018, le lundi 2 juillet, avec un stand bien placé à l’entrée du bâtiment de la direction.

A son installation, Francis Ganry a bénéficié de moyens informatiques du Cirad pour présenter efficacement le site de l’amicale. Le même dispositif a aussi permis de suivre en direct l’intervention de Michel Eddi à l’amphithéâtre Jacques Alliot. Au cours de la journée, Francis avec Marie-Gabrielle Bodart, Jacques Chantereau et Jean-Pierre Gaillard ont été présents pour répondre aux questions et mieux faire connaître l’amicale. Jean-Pascal Pichot nous représentait dans l’amphithéâtre où il est intervenu.

Pour conclure, notre présence a contribué à la visibilité de l’Adac pendant ces rencontres, et nous avons eu le plaisir de revoir nombre de collègues et amis qui, nous l’espérons, nous rejoindront dans le futur.

Les moments forts des rencontres peuvent être revus sur le site intranet du Cirad, et le discours du Pdg, Michel Eddi, visionné en cliquant sur l'image ci-dessous.

2018 07 02am Allocution PDG

 

 

 

 

 

 

  

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