L'agronome burkinabé Albert Barro nous a quittés bien précocement, le 18 juillet 2026. Il était le mari de Clarisse Barro sélectionneur sorgho de l'Inera avec qui plusieurs sélectionneurs du Cirad, dont Jacques Chantereau, ont travaillé et continuent d'avoir des relations.
Albert Barro avait soutenu sa thèse en 1999 à l'Ecole nationale supérieure agronomique de Montpellier (Ensam) en partenariat avec le Cirad.
Il fut un des promoteurs de la technique Zaï au Burkina et avait participé à l'élaboration d'un outil adapté à cette technique de préparation des sols.
Nous donnerons ultérieurement plus d'informations sur sa carrière
Nous reproduisons ci-dessous une information « 𝐋𝐞 𝐂𝐍𝐑𝐒𝐓 𝐚 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐝𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐚𝐮 𝐃𝐫 𝐀𝐥𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐁arro » publiée sur Facebook
Le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) au Burkina a rendu, le mardi 21 juillet 2026, à la Délégation générale du CNRST, un dernier hommage au Dr Albert Barro, précédemment Maître de recherche à l'Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles (Inera), admis à la retraite en 2024, rappelé à Dieu le 18 juillet 2026.
A l’occasion, le Camarade Dr Roger Nebié, Directeur de Cabinet du Camarade Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri), ainsi que le camarade Secrétaire Général du Mesri, Pr Samuel Paré se sont associés aux parents, amis, anciens collègues, chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels du CNRST pour saluer la mémoire d'un homme dont le parcours professionnel a profondément marqué la recherche scientifique nationale.
L'hommage a été rythmé par quatre témoignages empreints d'émotion et de reconnaissance. Successivement, Pr Robert Zougmoré par la voix de Dr Didier Zida, Dr Hyacinthe Kambiré, Saïdou Simporé et Dr Adama Kaboré, tous des anciens collaborateurs, ont retracé les différentes facettes de la vie du défunt. Ils ont unanimement salué la mémoire d’un chercheur rigoureux, passionné, humble et généreux, qui a consacré plusieurs décennies de sa vie au développement de la recherche agricole au Burkina Faso. Ils ont également évoqué ses qualités humaines, son esprit de collaboration et son engagement dans la formation et l'encadrement de jeunes chercheurs.
Dans son oraison funèbre, le Délégué général du CNRST, Dr Emmanuel Nanema, a rendu un vibrant hommage au disparu. Il a rappelé la riche carrière scientifique du Dr Albert Barro ainsi que sa contribution à « l’amélioration des connaissances dans le domaine de l'agronomie tropicale, de la science des sols et du machinisme agricole ». Il a salué la mémoire d'un homme de science dont le professionnalisme, l'intégrité et le dévouement demeureront une source d'inspiration pour les générations actuelles et futures de chercheurs. Au nom de l'ensemble du personnel du CNRST, il a présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée et formulé des prières pour le repos de son âme.
Au nom de la famille, Moussa Dama a exprimé sa profonde gratitude au CNRST, aux collègues, aux proches et à tous ceux qui, par leur présence, leurs témoignages et leurs marques de compassion, ont accompagné la famille dans cette douloureuse épreuve. Il a salué cet hommage qui témoigne de la reconnaissance de la communauté scientifique envers l'illustre disparu.
Par cette cérémonie de recueillement, le CNRST a réaffirmé son attachement aux valeurs de reconnaissance et de mémoire envers celles et ceux qui ont consacré leur vie à l'avancement de la science et au développement du Burkina Faso.
Hommage de Philippe Lhoste : Albert Barro et le zaï mécanisé
Albert Barro, agronome, chercheur à l’Inera, a significativement contribué à la mise au point de la technique du « zaï mécanisé » (voir la publication de 2005 dans les Cahiers Agricultures) :
Barro A. et al.,2005. La mécanisation de la technique du zaï manuel en zone semi-aride, Cahiers Agricultures, 14 : 549-59.
La zaï manuel est une technique relativement ancienne et traditionnelle au Burkina Faso. Il permet de concentrer l’eau et la matière organique dans des terres pauvres et encroutées. Cette réalisation de cuvettes sur la parcelle est très exigeante en travail si elle est faite à la main (« à la daba ») : environ 300 h de travail à l’hectare. Albert Barro et son équipe ont contribué, à la station de Saria, à mettre au point la mécanisation du zaï, avec un outil, en traction animale. Il s’agit alors de faire un travail à la dent avec un outil tiré par des animaux (ânes, chevaux ou bovins). On réalise un quadrillage de la parcelle avec l’un des passages en courbe de niveau et l’autre perpendiculaire. Ce zaï mécanisé peut être réalisé en environ 40 h par hectare avec une moindre pénibilité pour le producteur. Le semis peut alors se faire à l’intersection de ces deux lignes avec un apport éventuel de matière organique, comme pour le zaï manuel. Cette technique permet donc de récupérer des surfaces plus importantes de sols indurés et dégradés. Au plan agronomique, le zaï mécanisé favorise l’infiltration de l’eau, ce qui est essentiel pour la mise en place de la culture ; les effets positifs sur le rendement sont reconnus.
Pour les sols non indurés, l’association Prommata International, a beaucoup travaillé avec ses partenaires au Burkina, dans les années 2000, à la diffusion de la Kassine (porte-outil polyvalent conçu par Prommata) utilisable avec des ânes et parfaitement adapté pour le travail à la dent, et à la diffusion du zaï mécanisé. Il est alors intéressant d’associer deux ânes compte tenu de leur format modeste et de l’effort important requis pour ce travail à la dent à une certaine profondeur (7 à 10 cm) dans des sols durs.
Philippe Lhoste, juillet 2026