D’Abidjan à Bruxelles, un itinéraire forestier du « local » au « mondial »

 Né en 1953, Bernard Mallet est ingénieur agronome de l'Institut national agronomique Paris-Grignon avec une spécialité en recherches forestières acquise à l’Inra. Il entre au CTFT en 1975, et conduit des recherches sur les plantations forestières et l’agroforesterie, en République du Congo, puis en Côte-d’Ivoire, où il assurera de 1986 à 1990 la direction du CTFT. Il rejoint en 1991 la Commission européenne à Bruxelles, comme expert sur les politiques forestières tropicales à la Direction générale pour l’Environnement. Il intègre le Cirad en 1995 comme chef du programme « Arbres et plantations forestières », puis en 2005 comme directeur du Cirad-Forêt. Il est nommé en 2007 directeur adjoint du département « Environnement et sociétés ». En 2010, il est directeur régional du Cirad, et représentant d’Agreenium et de l’Inra, au Brésil.  Il a pris sa retraite en 2021 mais continue d'animer aux côtés d'autres collègue l'association l' .

 

« Ëtes-vous intéressé par un poste à Bruxelles ? Il me faut une réponse demain… » 

C’est avec cet appel téléphonique du Directeur du département Forêt du Cirad, en octobre 1990, que ma carrière prit une tournure nouvelle.  Nous quittâmes, ma famille et moi, la Côte-d'Ivoire après un long séjour : près de 14 ans !

 

Tout avait commencé en forêt profonde au Congo Brazzaville 

J’étais arrivé à Abidjan en décembre 1976, après une année passée, avec un autre VSN[1] comme moi, dans le sud Congo.

Quelques jours après notre arrivée au Congo, nous fûmes envoyés à Mossendjo (deux jours de route pour 300 km de pistes forestières !), accompagnés d’un prospecteur, d’un abatteur et d’une équipe de Pygmées connaissant parfaitement la forêt profonde, pour rechercher des semenciers de Limba (Terminalia superba) pour de futures plantations. La méthode de récolte des graines et greffons était originale : tir à la carabine avec des balles pour la chasse au buffle … Barbus et moustachus, vêtus de tenues kaki, et armés, nous avons été pris à plusieurs reprises pour des mercenaires cubains lors des prospections à la frontière du Cabinda, en cette époque troublée de guerre entre le Cabinda et l’Angola.

Ce fut pour nous la découverte d’un milieu tropical en totale immersion au cœur du bassin de Congo, de la forêt humide luxuriante. Nous campions sous la tente, chassions de nuit pour nous approvisionner en viande, recrutions de la main-d’œuvre dans les villages … tous sujets pas vraiment enseignés à l’Agro Paris : travail passionnant, marquant, mais réalisé dans des conditions plus que rustiques que l’on n’oserait plus vraiment proposer maintenant à de jeunes ingénieurs.

 

La Côte-d'Ivoire des années 80 

Recruté par le CTFT après ma période de VSNA et, en raison de ma spécialisation à l’Inra sur la santé des forêts, je fus affecté en Côte-d'Ivoire pour prendre le relais d’un collègue muté au siège du CTFT à Nogent-sur-Marne.

La fin des années 70 était pour la Côte-d'Ivoire une époque de pleine croissance, sous la houlette ferme du président Houphouët-Boigny, dont nous lisions tous les matins la pensée du jour dans « Fraternité Matin », le quotidien ivoirien. Le pays s’était doté avec la création de la Sodefor[2], et avec l’appui des bailleurs du développement, de programmes forestiers ambitieux, pour mettre sous aménagement ses forêts publiques et pour contribuer au reboisement des forêts « dégradées », dans un contexte où le café et le cacao grignotaient les forêts plus vite que la Sodefor ne pouvait les reboiser.

C’était aussi l’époque où l’exploitation forestière battait son plein et où des grumiers chargés de sipo (Entandrophragma utile), de sapelli (E. cylindricum), de niangon (Tarrietia utilis), circulaient « s’en fout la mort » … et fonçaient vers Abidjan ou San Pedro pour expédier vers l’Europe leur précieuse cargaison. Avec la surexploitation des espèces de grande valeur et le développement des scieries en Côte-d'Ivoire, les chargements des grumiers ont par la suite évolué, billes de fraké (Terminalia superba) et framiré (T. ivorensis) dans les années 90, puis grumes de fromagers (Ceiba pentandra) et d’irokos (Milicia excelsa) venant des défriches paysannes dans les années 2000, et finalement, des fûts de jeunes tecks venant des plantations de la SODEFOR.

Le CTFT de Côte-d'Ivoire était chargé de mener les recherches pour accompagner la stratégie forestière du pays. Il disposait d’une vingtaine de cadres, d’une centaine d’employés, et d’une dizaine de stations dans les différents biomes du pays. Il était structuré en divisions (Sylviculture, Amélioration génétique, Bois, Protection des plantations, Pisciculture, et Agroforesterie la dernière créée) dont les responsables étaient encore au début des années 80 des ingénieurs du CTFT de Nogent-sur-Marne affectés en Côte-d'Ivoire. Définir des modalités de gestion durable des forêts naturelles, en zone sempervirente et semi-décidue ; contribuer par l’amélioration génétique et la sylviculture à la réalisation de plantations, en régions humides puis en zone de savane ; valoriser le bois des espèces « secondaires   était les priorités de ces recherches forestières.

 

Chercheur sur la santé des forêts au CTFT en Côte-d'Ivoire 

L’objectif qui m’était assigné était de contribuer à résoudre les problèmes des plantations d’acajou (Khaya spp., dont les bourgeons étaient attaqués par la larve d’un petit papillon), de framiré (Terminalia ivorensis), atteints de phénomènes de dépérissement massifs et de teck (Tectona grandis), attaqués par des champignons de pourridié racinaire. Mais rapidement, il s’était agi de couvrir l’ensemble des problèmes de santé pouvant survenir dans les plantations forestières du pays… Vaste programme pour une « division » de deux chercheurs et moins de dix personnes.

En l’absence de solutions à la fois simples, économiques et écologiques (les essais insecticides et fongicides ayant vite montré leurs limites, malgré les conseils « avisés » des sociétés phytosanitaires…), il s’est vite avéré nécessaire d’essayer de mobiliser des compétences diversifiées, d’interagir avec les collègues sylviculteurs et généticiens, de travailler avec des pédologues et pathologistes de l’Orstom[3]. L’approche a été orientée vers la recherche de solutions intégrées, combinant choix des provenances, modalités de plantation et gestion sylvicole, zones de plantation… La stratégie était d’optimiser les interactions « génotype x environnement » au profit des arbres et aux dépens des parasites et pathogènes, afin de réduire l’impact de ces derniers, pour atteindre un état d’« équilibre écologique » à faible niveau de dégâts et renforcer la « résilience » des plantations.

Après avoir pris la responsabilité du programme « protection des forêts », j’avais été amené à élargir les activités, et en particulier travailler sur la dévitalisation en forêt naturelle des espèces forestières dites « secondaires » (en termes de potentiel commercial de bois) au profit des espèces principales. Travaux très intéressants m’ayant permis – à mon petit niveau - de m’inscrire dans la lignée de tous ces forestiers tropicaux souvent précurseurs (comme la biographie d’Aubréville le montre bien) qui ont travaillé en forêt classée de Yapo pour y tester de multiples méthodes sylvicoles à partir des années 30.

Ces études se sont avérées très opérationnelles en termes de mise en œuvre, mais leur applicabilité à plus grande échelle s’est vite heurtée aux enjeux environnementaux et de conservation de la biodiversité de ces forêts tropicales humides, dans le contexte des orientations internationales ayant abouti aux conventions adoptées à Rio de Janeiro en 1992.

 

Puis directeur du CTFT Côte-d'Ivoire

 En 1987, le directeur du CTFT Côte-d'Ivoire, Kamonon Diabate, premier Ivoirien à avoir été nommé à ce poste, trouve la mort dans un accident de voiture … un grumier arrêté de nuit tous phares éteints dans un tournant … Dans ces bien tristes circonstances, je me rendis dans son village natal en région Sénoufo[4] et y assistai, seul étranger, à la sortie de nuit des masques en recherche d’un coupable, avant que mon collègue ne soit enterré.

Quelques jours après, j’étais contacté par le ministre de la Recherche ivoirien, me demandant de prendre la responsabilité de directeur scientifique et administratif du CTFT Côte-d'Ivoire. Décision difficile, car après 10 années en Côte-d'Ivoire, j’aspirais avec ma famille à d’autres évolutions tandis que mes tutelles françaises n’étaient guère favorables à un tel « retour » à une gestion d’une structure ivoirienne par un agent du Cirad. Mais face à la situation complexe dans laquelle se trouvait le centre de Côte-d'Ivoire, se dérober n’était pas une solution honorable.

Il me fallut durant trois ans composer en permanence, interagir en lien étroit avec les chercheurs ivoiriens et français, pour poursuivre les projets initiés, en engager de nouveaux, en vue de « consolider » les composantes humaines, scientifiques et économiques de l’établissement dont on m’avait confié la gestion.

J’étais passé « de l’autre côté » de la recherche, dans le camp de sa gestion, veillant à resserrer les liens au sein des équipes, à conforter, avec l’appui du Cirad, notre implication dans des projets à l’international, à être à l’écoute des tutelles et des partenaires ivoiriens. Ce dernier volet s’est avéré un des plus intéressants, car il fallait concilier les attentes diverses de la Sodefor, des ministères (recherche, agriculture, forêts), des exploitants forestiers et producteurs de charbon de bois, des associations professionnelles du secteur bois… Il fallait aussi, et de plus en plus dans une Côte-d'Ivoire transformant ses forêts en espaces agricoles, prendre en compte les enjeux du développement agricole, les besoins des agriculteurs et des producteurs de café et de cacao, de vivriers, et transformer ces attentes en question de recherche (de préférence « bancable » …). Il fallait enfin poursuivre la mobilisation des bailleurs de la Recherche et Développement (Fond européen de Développement, Caisse Centrale de Coopération Economique, Banque Mondiale, …), en prenant en compte leurs propres stratégies, sans omettre d’intégrer aussi les exigences des deux « tutelles », l’une ivoirienne (Ministère de la recherche) et l’autre française (Cirad). Ces trois années furent très riches d’expériences humaines et professionnelles, dans un contexte de négociations continues et parfois usantes. Je fus même amené à négocier avec les représentants syndicaux l’intervention de sorciers pour ramener la quiétude dans les stations suite à plusieurs problèmes graves.

Ce fut le moment où me fut faite la proposition d’un poste d’Expert national Détaché (END) à Bruxelles : « Il me faut une réponse demain... » Un collègue ivoirien, Ernest Balle Pity, put être nommé à la direction du CTFT Côte-d'Ivoire (renommé par la suite Idefor : Institut des Forêts) dans les mois qui suivirent.

Le jour même où je quittai la Côte-d'Ivoire avec ma famille, en février 1991, il y eut au journal télévisé ivoirien deux reportages présentés à la suite l’un de l’autre, dans un raccourci surprenant : le premier concernait le lancement de l’attaque américaine en Irak et des bombardements sur Bagdad, et le deuxième tourné la veille au CTFT à Cocody montrait ma remise de décoration à l’Ordre national de Côte-d'Ivoire…

Je suis retourné plusieurs fois en Côte-d'Ivoire, et j’ai pu y constater de visu la dégradation du pays. Ce qui m’a le plus marqué et attristé a été, au-delà de la disparition de la forêt ivoirienne, la déchirure progressive des relations entre anciens collègues et amis ivoiriens, dans le contexte national de divisions internes au sein du pays. Les évolutions récentes du pays ouvrent de nouveaux espoirs.

 

Bruxelles, END à la DG Environnement de la Commission européenne                                                                                                                        

Fin février 1991, nous rentrions à Paris. Claire, mon épouse, terminait en France l’année scolaire avec les enfants, pendant que je prenais mon poste à Bruxelles et m’installais dans une maison vide en attendant l’arrivée de notre déménagement.

La Direction générale de l’Environnement (la « DG 11 ») de la Commission européenne attendait un spécialiste de l’Amazonie … et on lui envoyait un forestier d’Afrique. Mais, grâce à l’intelligence du responsable de l’unité « Environnement global » à laquelle j’avais été affecté, et à l’arrivée d’un collègue portugais spécialiste de l’Amazonie, je me retrouvais rapidement chargé des différents dossiers relatifs aux forêts tropicales. 

Ma première mission fut en Guyane, pour analyser l’impact des financements européens, et indirectement apporter des informations sur la gestion forestière dans cette région française. J’en tirais un document d’une trentaine de pages, que mon chef d’unité lut avec application :

« C’est parfait ! me dit-il, mais la prochaine fois un aide-mémoire de deux pages suffira, nous n’avons pas le temps de lire plus » … ce que je mis rapidement en pratique par la suite.

 

Forestier tropical à Bruxelles, une nouvelle vision du monde 

Seul « vrai » forestier tropicalisé de la direction générale de l’environnement, je fus rapidement happé par le fonctionnement de cette organisation, par les interactions multiples avec des collègues de toutes nationalités (nous avions dans notre unité des collègues grecs, anglais, néerlandais, allemands, portugais, italiens, belges … et seul le directeur et moi étions français), par cette sensation de maelström et d’urgence permanente :

« Le président Delors a reçu une question d’un parlementaire néerlandais sur l’exploitation du kaori en Nouvelle-Calédonie, il lui faut une réponse pour cet après-midi, c’est toi le spécialiste !»

Alors que vous ignoriez jusqu’à l’existence du kaori cinq minutes auparavant … 

Grâce à cette compétence globale que m’accordaient mes collègues, je fus amené à effectuer des missions diversifiées d'appui institutionnel, d'accompagnement de négociations, d'expertise technique dans divers pays d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique, et retournai même en Côte-d'Ivoire ! Je découvris aussi le fonctionnement des institutions européennes, et en particulier du Parlement européen, car il y avait des députés verts (Néerlandais, Allemands et Anglais) très branchés sur les enjeux des forêts tropicales, et avec l’appui desquels put être créée une ligne budgétaire spécifique sur les forêts tropicales, dont le Cirad fut par la suite un bénéficiaire notable.

Nous avions créé un groupe informel de forestiers « inter DG » (DGs Environnement, Développement, Relations internationales, Recherche, Agriculture, …) et nous nous réunissions régulièrement pour échanger nos informations, nos expériences, et essayer de décloisonner en douceur le fonctionnement de l’institution en mettant de la transversalité sur les questions forestières. Je participais aux réunions de l’OIBT (Organisation Internationale des Bois Tropicaux, ITTO en anglais), du Comité des forêts (réunissant les responsables des Administrations forestières des pays membres) et de l'évaluation des ressources forestières (FRA en anglais) de la FAO, aux activités du Réseau européen de Recherche sur les forêts tropicales (ETFRN en anglais) et à de multiples réunions avec les structures européennes. J’eus également à me frotter à certains groupes écologistes (Greenpeace, Amis de la Terre, WWF, France Nature Environnement, …) dont je découvris les méthodes d’action parfois « sportives » et le langage à « géométrie variable ». 

Cette compréhension de l’écosystème institutionnel était passionnante, parfois grisante, avec cette sensation d’être dans le chaudron où les « grandes stratégies » s’élaboraient. Mais je restais conscient, de par mon passé africain « de forestier de terrain » du fossé parfois énorme entre ces réflexions stratégiques et la réalité, entre ces diplomates et technocrates et les petits paysans défrichant la forêt pour planter du cacao, produire du manioc et vendre du charbon de bois en bord de route …

L’époque des négociations environnementales

J’étais arrivé à Bruxelles en pleine période de préparation des négociations sur les grandes conventions internationales, qui étaient pilotées par la DG Environnement. Un des enjeux qui nous (DG Environnement et DG Relations internationales) était assigné était de pousser à une convention internationale sur les forêts (au départ seules les forêts tropicales étaient concernées, par la suite l'ensemble des forêts du monde fut pris en compte), ou a minima d’intégrer les enjeux des forêts tropicales dans les trois autres conventions en négociation (Changements climatiques, Biodiversité, lutte contre la désertification), et mon apport de petit « sherpa » était d’apporter des arguments aux équipes de la Commission européenne qui seraient amenées à négocier à Rio en 1992.

La pression efficace de grands pays forestiers du « Sud », comme le Brésil, l'Inde et la Malaisie, qui ne souhaitaient pas que des accords internationaux s’imposent à eux et chez eux, ne permit d'aboutir qu’à une « déclaration de principes, non juridiquement contraignante ». J’ignorais que je serais amené 15 années après à contribuer de près à la préparation de l’accord franco-brésilien sur le développement durable du biome amazonien, et que je serais affecté au Brésil comme directeur régional du Cirad où je participerais en 2012 à la Conférence internationale « RIO + 20 » !

 

Une grande liberté d’action pour essayer de faire avancer la réflexion

Ayant été chargé d’utiliser une ligne budgétaire « sous-utilisée » au sein de la DG, nous avions, avec mes collègues, identifié plusieurs thématiques insuffisamment prises en compte, sur lesquelles l’unité donna son accord pour que je lance des études en vue de faire avancer la réflexion et orienter les actions futures de la Commission en matière de forêts tropicales.

C’est ainsi que fut réalisée avec l’appui d’un collectif d’anthropologues passionnants une étude sur les populations indigènes des forêts tropicales, qui contribua à l’élaboration du grand programme APFT (Avenir des peuples des forêts tropicales). Une autre étude fut conduite par un collectif, piloté par le Cirad, sur les pratiques d’exploitation à faible impact et de gestion durable des forêts tropicales humides, qui permit de montrer que la mise en conservation intégrale n’était pas forcément la meilleure solution pour protéger à long terme ces écosystèmes. Une troisième étude fut réalisée sur les possibilités de certification de la « bonne » gestion forestière, qui contribua à la reconnaissance de systèmes de certification comme le FSC (Forest Stewarship Council).

En complément à de telles études, une cinquantaine de petits projets « pilotes » ou « innovants » ayant trait aux enjeux globaux des forêts tropicales (biodiversité, carbone, populations …) furent ainsi financés. Évidemment, je prenais soin de respecter, malgré les différentes pressions, un certain équilibre entre pays d’origine des organismes bénéficiaires et entre les différentes catégories de ceux-ci.

 

Après Bruxelles  

Le séjour à Bruxelles nous sembla trop court, ma famille s’étant bien adaptée à cette ville sympathique, en particulier grâce à l’école européenne et à la proximité du « Bois de la Cambre » et de la superbe forêt de hêtres de Soignes (la Belgique étant le seul pays européen à avoir deux représentants au Comité des forêts, du fait de deux approches forestières très différentes entre les deux régions wallonne et flamande…). Mais les postes d’END n’ont qu’un temps et je fus amené à rejoindre le siège du département forestier du Cirad à Nogent-sur-Marne, pour une nouvelle affectation comme chef du programme Agroforesterie, thématique sur laquelle le Cirad aura été précurseur.

Ma carrière s’est poursuivie à Montpellier comme chef du programme Arbres et plantations, puis Directeur du Cirad Forêt, comme Directeur adjoint du département Environnement et Sociétés, et enfin en 2010 en tant que Directeur régional du Cirad au Brésil, toujours en gardant un œil à la fois intéressé et attentionné sur les enjeux forestiers ; mais cela est une autre histoire ...

J'ai pris ma retraite en 2021 mais continue d'animer aux côtés d'autres collègue l'association l' .

Ces passages de la recherche vers la gestion, des écosystèmes forestiers vers les écosystèmes institutionnels, du Sud vers le Nord, du technique vers le politique, du local au mondial, ont constitué un véritable enrichissement professionnel et personnel. Ces évolutions m’ont aussi permis d’aborder les enjeux des forêts sous des angles multiples et complémentaires et via la relation avec des acteurs d’une grande diversité, chacun ayant sa part dans les dynamiques de ces forêts. Qu’est-il resté de ces actions, et quel a été leur impact ? Difficile à évaluer, mais je pense que chacune de nos contributions est une pierre apportée à un édifice qui se construit collectivement.

Tracer un layon en forêt n’est pas toujours facile, mais ces opportunités m’ont offert un « itinéraire de forestier » parfois sinueux, mais ô combien intéressant.

[1] Volontaire au Service national, on parle aussi de VSNA, pour désigner ce service actif

[2] Sodefor : Société pour le Développement forestier

[3]  Orstom : Initialement Office de Recherche Scientifique et Technique d’Outre Mer, puis Institut de recherche scientifique et technique pour le développement en coopération et aujourd’hui l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

[4] Les Sénoufos occupent une région située au nord de Korhogo.


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