eckebilLe Dr Jacques Paul Eckebil est décédé fin 2025. Il était né le 16 mai 1940 à Ndoungué, dans la région du Littoral, au Cameroun.

Jacques Paul Eckebil était très apprécié au Cirad et en particulier de Maurice Tardieu † avec qui il avait travaillé dans le début des années 70 à l'Irat au Cameroun et avec lequel il était toujours resté en contact. Un aspect très oŕiginal de son travail de chercheur a été de s'intéresser aux variétés de sorghos repiqués par les paysans en terres de décrues du bassin du lac Tchad.

 Cursus scolaire et universitaire :

- il passe son baccalauréat en 1960, au Lycée Leclerc de Yaoundé ;

- de 1960 à 1964, il intègre l'Ensat (Toulouse) où il obtient le diplôme d'ingénieur agronome (section Génétique et Physiologie végétale) ;

- en 1965, il enrichit son parcours d’une Licence ès Sciences à l’Université Paul Sabatier de Toulouse ;

- en 1971, il part aux États-Unis avec une bourse USAID pour un doctorat à University of Nebraska–Lincoln. Mai 1974 : soutenance du PhD Evaluation of Sorghum Random Mating Populations through S1 Progeny Testing.

Au Cameroun, il a eu un double rôle scientifique et institutionnel :

- il fut un spécialiste du sorgho, en particulier le muskwari (sorgho repiqué), stratégique pour la sécurité alimentaire du Nord-Cameroun. Il a sélectionné dans les écotypes locaux camerounais la variété à grain rouge Irat 55 qui a bien diffusé en milieu paysan en raison de son aptitude à faire de la bière 

- il dirigea l’Ira (Institut de recherche agronomique) puis joua un rôle central dans la création de l’Irad (Institut de recherche agronomique pour le développement).

Dans sa dimension internationale, il fait partie de cette génération de partenaires africains du Cirad qui ont contribué à faire de Montpellier un pôle mondial de recherche agronomique tropicale. En raison de son rôle de partenaire du Cirad et membre du conseil scientifique du Cirad de 1990 à 1993, il fit le lien avec la recherche camerounaise (Ira/Irad) et les réseaux CGIAR / FAO.

A la FAO, il connut sa période probablement la plus influente internationalement. Après le Ghana (1995-1998), à Rome en 1998, il y remplaça le Dr Gora Beye à la tête du SDRR (Research and Technology Development Service) et aida, entre autres, à l'édition et la diffusion de l'ouvrage encyclopédique de René Tourte Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone.

 


Commentaires

Pichot Jean
3 semaines ya
Lors d'une mission au Niger j'ai appris que ce sorgho rouge, venu on ne sait comment du nord Cameroun, était répute pour la qualité de la bière que les femmes en obtenaient dans la région de Maradi….
Nos critères d'évaluation ne sont pas toujours les plus pertinents.
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claude robledo
2 semaines ya
Dans les années 70 Jacques Eckebil m'avait conseillé d'utiliser les sorgho Muskwari dans mon programme de sélection. J'ai pu ainsi obtenir des lignées à tige plus courte et et panicule plus compacte que celles des variétés voltaiques. J'ai gardé le souvenir de quelqu'un de très sympathique.
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