Né le 14 novembre 1935 en Belgique.
Ingénieur agronome (1960) de l'Université catholique de Louvain.
Recruté en 1963 par l'Institut Français de Café et du Cacao pour occuper le poste d'agro-pédologue à la station de recherche de Bingerville (Côte d'Ivoire) avec la gestion d'un laboratoire d'analyses de sol. Ce départ a été précédé d'une formation au laboratoire des sols de l'ORSTOM (Bondy).
Le hasard a voulu que je travaille sur la relation « sol — cacaoyer » en vue d'établir une formule d'engrais. Des analyses d'échantillons de terre prélevés dans diverses plantations de Côte d'Ivoire ont laissé apparaître, en fonction de leur apparence, l'importance du phosphore par rapport à l'azote et de l'équilibre K-Ca-Mg. En s'inspirant de cette appréciation, on a procédé à un épandage d'engrais sur la moitié d'une parcelle de démonstration réalisée par l'IRCC. Vu le résultat spectaculaire de cette fertilisation, le chef de service d'agronomie de l'IRCC (J. Snoeck) m'a demandé d'installer cinq parcelles dans la zone forestière de Côte d'Ivoire pour comparer deux traitements (avec, sans engrais) répétés six fois. La formule « P-K » sans engrais azoté a augmenté significativement la production des cacaoyers, augmentation liée à une floraison plus importante des coussinets floraux. Ainsi naissait le diagnostic « sol ». En utilisant ce diagnostic et les analyses de terre venant du Togo et de Sao Tome, j'ai proposé les engrais pour les cacaoyères de ces deux pays.
Pour préconiser une formule d'engrais aussi proche que possible des optima et pour compenser les exportations, on a créé un programme de calcul. (J. Snoeck).
La direction de l'IRCC m'a autorisé à suivre une formation organisée par le service de radio-agronomie de Cadarache. De ce séjour, j'ai retenu l'intérêt de la méthode des cinétiques de dilution isotopique pour affiner les besoins d'engrais phosphaté des cacaoyers. Les cinétiques réalisées au laboratoire de Radio-agronomie de Cadarache (J.C. Fardeau) sur des échantillons provenant de pays très différents ont montré que tous les engrais phosphatés n'enrichissaient pas le sol en phosphore assimilable. Ce résultat s'est vérifié dans un essai en vases de végétation. Pour le cacaoyer, j'ai retenu le superphosphate triple, un phosphate naturel qui sera recommandé pour des sols acides (Gabon). Ne pouvant pas utiliser la méthode des cinétiques comme une analyse courante, on a retenu, pour doser le phosphore assimilable la méthode « Olsen modifié Dabin », la mieux corrélée avec la cinétique.
J'ai obtenu en 1983 la nationalité française.
En 1984, j'ai dû quitter la Côte d'Ivoire. J'ai été affecté au « Gerdat — Cirad » à Montpellier. J'ai effectué quelques missions orientées sur le caféier : Cuba, Amérique Centrale, Burundi. Au Burundi, j'ai participé à l'expérimentation entreprise par D. Snoeck sur le transfert au caféier de l'azote fixée par une légumineuse.
En 1993, sous la pression de la direction scientifique du Cirad, j'ai été affecté à la station de Poto (Sao Tome) pour trois ans en qualité de directeur scientifique.
Connaissant les caractéristiques chimiques des sols (voir mission de 1988), j'ai recherché les productions des cacaoyères dans deux entreprises (Uba Budo, Santa Margarida) chargées de la replantation. Dans des carrés de grandeur variable, on a compté sur 25 cacaoyers replantés, pris au hasard, le nombre de cabosses saines et leur poids. A partir de ces données on pouvait estimer les productions en cacao marchand. On a également compté les cabosses perdues, en particulier celles qui présentaient un jaunissement précoce (stade « cherelle ») provoqué par une punaise : le Bathycoelia. En perçant la coque du jeune fruit, cette punaise engendre des fèves « gélatineuses ». Cette altération, confirmée par des observations en milieu contrôlé, est bien différente d'une carence en bore « durcissement du mucilage.
Au cours de mon séjour à Sao Tome, le chef de la Mission française m'a remis un courrier du ministère de l'Agriculture et de la Pêche m'informant que le ministre me conférait le grade de chevalier dans l'ordre du Mérite agricole. La médaille m'a été remise le jour de mon départ à la retraite, au mois de décembre 2005.
Un ancien de l'IRCC.
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