traverseNé en 1931, Serge Traverse s’est éteint le 27 juin 2026 à Vertheuil (Gironde), à l’âge de 95 ans.

À la fin des années 1960, il est recruté par l’Irat (Institut de recherches agronomiques tropicales et des cultures vivrières). Il est affecté au Sénégal, où il exerce jusqu’en 1974, date à laquelle il quitte l’institut. Au contact des paysans sénégalais, il participe au développement des cultures vivrières et découvre une Afrique rurale qui marquera profondément toute son existence. 

Son activité ne se limite pas à l’agronomie. Il partage le quotidien des habitants, s’imprègne de leurs traditions et de leurs modes de vie, et participe parfois à la protection des villages contre les animaux dangereux.

Refusant d’être un simple fonctionnaire, il revendique tout au long de sa carrière une grande liberté d’esprit et une forte autonomie dans son travail.

En Afrique, les habitants lui attribuent le surnom de « Bamara », « le lion », en reconnaissance de son courage et de la confiance qu’il inspire. Ce surnom deviendra le titre de son ouvrage autobiographique BAMARA, le lion, qu'il publie en 2012.

C'est un ouvrage captivant, dans la veine des grands récits d’aventure d’Henri de Monfreid. Il retrace une vie d’expériences authentiques : missions agricoles, expéditions en brousse, rencontres humaines, mais aussi épisodes de chasse — aux canards dans les marais de Casamance, ainsi qu’au crocodile, au buffle, à la panthère et à d’autres animaux susceptibles de menacer les villages. À la fois récit d’aventure et témoignage d’époque, l’ouvrage restitue le quotidien des coopérants français dans les pays nouvellement indépendants.

Serge Traverse appartient ainsi à cette génération de « baroudeurs » des années 1950 à 1980, qui ont connu une Afrique aujourd’hui largement disparue.


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