Né le 19 octobre 1930 à Cousances-aux-Forges (Meuse)
- 1930-1946 : scolarité au Puy en Velay (Haute-Loire)
Mon père, médecin, occupe un poste dans la fonction publique. Un seul frère, en poste à l’étranger. Je suis la filière « littéraire » de l’époque. Termine les études secondaires à Dole (Jura) par le bac de philo-lettres.
- Etudes universitaires à Nancy et intégration à l’Ecole d’agriculture Parallèlement à l’enseignement proprement agricole dispensé par l’école, les élèves, conformément au nouveau régime, doivent obtenir une licence de sciences naturelles (botanique, zoologie...) ce qui représente quatre années au total pour l’obtention du diplôme délivré par l’école rebaptisée Ensan (Ecole nationale supérieure d’agronomie de Nancy). Plusieurs collègues de l’Ifac m’avaient précédé dans cet établissement dont l’enseignement était marqué par une certaine orientation vers les pays tropicaux. La licence obtenue comportait un des premiers certificats de pédologie
- Option pour le service militaire, l’Algérie à Maison Carrée, au 5e RCA (chasseurs d’Afrique-régiment de chars) de novembre 1953 au début de 1955. Au cours de cette période, à la suite de diverses demandes écrites que j’avais déposées auprès d’organismes de recherches agronomiques, tous à « vocation » tropicale ! Je pus rencontrer, à Alger même, divers dirigeants de passage dans cette ville dont Richard Guillerme, directeur de l’Ifac. Un pré-engagement en quelque sorte a été pris lors de cet entretien, à confirmer une fois terminé mon service d’ici quelques mois donc. Libération mars 1955 malgré les premiers « soubresauts » de la guerre d’Algérie à partir de novembre 1954.
- Mai 1955, signature du contrat et première affectation en Guinée française sur la Station centrale de l’Ifac à Kindia pour être rattaché sous la direction de Claude Py à la section Ananas pour ma formation d’agronome sur cette culture. Affectation d’assez courte durée puisque, moins de deux ans plus tard, mon orientation devait changer très sensiblement :il m’était demandé d’aller occuper un poste en Amérique du Sud, en Equateur, pour seconder un collègue en poste là-bas qui entamait une vaste opération de coopération entre l’Ifac et l’Association bananière locale, l’ANBE.
Changement donc de continent, de plante (il s’agissait dorénavant uniquement du bananier) mais aussi, nécessité d’une familiarisation accélérée d’une langue pour moi nouvelle. Avant de rejoindre mon nouveau poste un séjour préalable, deux mois environ, sur les stations de l’Ifac de Guadeloupe et de Martinique destiné à me permettre de prendre au mieux cette inflexion dans ma jeune carrière…
- Fin 1958 à 1965 : séjour en Equateur où je prends, plus rapidement que prévu, la responsabilité de l’opération de coopération mise en œuvre par Francois d’Escayrac mais qui ne devait pas revenir à l’issue de son congé. Le programme technique était mis au point sous le contrôle scientifique de Jean Champion et partenariale avec le soutien de la direction Irfa aux Antilles dirigée par Hubert Guyot. Le concours de l’Ifac était sollicité par les Equatoriens, avant tout pour bénéficier des succès remportés par notre institut dans la lutte par voie aérienne, à base de traitements huileux, contre une très grave maladie : la maladie de Sigatoka, cercosporiose du bananier). Ce champignon touchait les bananeraies de nombreux pays producteurs importants entre autres ceux d’Amérique du Sud et centrale. L’Equateur était le premier exportateur mondial de ce fruit. La zone bananière a rapidement été couverte d’un réseau de stations météorologiques d’avertissement pour cette maladie, réseau mis en place par l’Ifac et des ingénieurs équatoriens que nous formions dans ce but.
Au cours de ces années la collaboration avec l’Association équatorienne s’est étendue à d’autres aspects de la conduite de cette plante et a été concrétisée par la l’installation d’une station expérimentale dans la zone bananière, la mise en place d’essais agronomiques divers avec le concours de Jean-Claude Tourneur, l’édification de locaux d’habitations pour des ingénieurs locaux et français, de labo, de campagne et la formation de personnel plus spécialisé (pédologie, entomologie). Est alors créé l’Institut de recherches agronomiques franco-équatorien, (IFEIA) dont j’assure la direction. Une maîtrise suffisante de la langue et la connaissance du contexte professionnel local m’ont permis d’assumer cette fonction technico-administrative de façon satisfaisante et d’assurer la poursuite de la coopération entreprise entre l’Equateur et la France. Remplacé par Pierre Munier, retour en France en 1965 après un séjour de sept années (celui-ci, dans ses premières années, peu compatible avec une vie facile de jeune couple !)
- 1965-1967 : installation, en collaboration avec l’association bananière colombienne, de la région de Santa Marta (Colombie, côte atlantique) d’une structure expérimentale légère permettant la réalisation d’essais agronomiques et phytosanitaires, la formation d’un ingénieur colombien ainsi que la préparation à l’introduction dans la zone d’une variété de banane résistante destinée à remplacer progressivement la variété en place atteinte par la « maladie de Panama » (une fusariose du bananier) pour combattre laquelle n’existait aucun moyen de lutte ce qui compromettait l’avenir de la production et de l’exportation de cette zone de Colombie. Retour en France, fin 1967, après une courte mission dans une région caféicole du pays pour envisager un programme de diversification fruitière.
Nouvelle affectation : Madagascar, en juillet 1968,en remplacement de Francois Trupin pour prendre la Direction des diverses opérations (tous fruits) menées par l’Irfa dans la Grande Île (agrumes, banane, litchi, anacarde...) avec Jacques Robin, Michel Beugnon ,Claude Moreuil. Nouvelle fonction avec moins de présence sur le terrain, mais avec une plus large part occupée par les nécessaires contacts avec les organismes gouvernementaux malgaches spécialisés ainsi qu’avec d’autres instituts français de recherches présents avec lesquels étaient poursuivies des actions ponctuelles communes. En 1975 la brusque malgachisation des institutions (enseignement, recherche) entraîne les départs progressifs des instituts de recherche français présents, sans qu’à l’évidence une relève soit réellement prête et ce, en dépit de la présence d’ingénieurs malgaches formés en France.
- 1974 : nommé au grade de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.
- Nouvelle affectation en 1976 : sous la direction de Jean Letorey à l’île de la Réunion comme agronome fruitiers tropicaux sur la station de l’Irfa de Bassin-Martin (sud de l’île) et chargé de l’installation de l’UTP (Unité technique de production) à Bassin Plat ; par la suite cette implantation nouvelle hébergera l’activité pépinière.de l’Irfa.
- En 1980, nommé directeur de l’Irfa pour la Réunion couvrant toutes les activités et domaines d’intervention de notre institut en divers points de l’île concernant fruits tropicaux et fruits tempérés avec le concours de mes collègues Jean Lichou, Patrick Fournier, Yves Bertin, Claude Vuillaume, Rémy Hugon, Bernard Aubert, Alain Sizaret Point de départ de plusieurs missions dans l’océan Indien proche : Seychelles, Mayotte, Swaziland.
- En 1985 remplacé par Yves Bertin, départ pour rejoindre le siège de l’Irfa à Paris dirigé par Jean Marie Charpentier, pour 18 mois environ, et se voir confié la Direction du service de documentation et des publications de l’institut, inflexion notable par rapport à la trajectoire jusqu’ici suivie. Point important de la nouvelle mission : préparer le transfert du service, dans les meilleures conditions, sur le centre Gerdat déjà en place à Montpellier tout en conservant la nécessaire continuité technique avec le siège justifiée par la position « en pointe » occupée alors par l’Irfa en matière de documentation (base de données Fairec) ainsi que de publications par la revue Fruits mensuelle revisitée par Chantal Loison. Préparation impliquant des tris « raisonnés » dans les archives du siège pour déterminer celles à faire parvenir utilement au centre Gerdat.
- 1987 : Installation définitive au centre de Montpellier rejoignant ainsi les autres services de l’Irfa progressivement déjà mis en place. Intégration de notre service de documentation dans le bâtiment nouveau regroupant services de documentation, et publications de tous les instituts de recherche ainsi que leurs archives. Une large espace était occupée par la bibliothèque. La juxtaposition des services dans un seul immeuble facilitait communications et échanges entres documentalistes et bibliothécaires travaillant sur des plantes différentes préparant ainsi, comme prévu sur la création du pôle commun du Cirad en matière de documentation.
- Départ à la retraite en mars 1992.
Remarques personnelles
Une diversité géographique notable dans mes affectations successives, des changements d’espèces fruitières, objets de mes programmes de travail (même si le bananier y a occupé une très large part) mais également l’octroi de responsabilités de direction à différents niveaux ont marqué ma carrière.
Le fait d’avoir eu à suivre des programmes relevant de plusieurs disciplines (agronomie, protection de la plante), dans des contextes géographiquement et humainement assez différents, me mettait en contact avec la plupart des collègues de l’Irfa, mais aussi avec ceux d’autres organismes de recherches, soit sur le terrain, soit au cours de leurs missions soit enfin, au siège (biométrie, documentation, publication). La responsabilité assumée dans le fonctionnement de la revue Fruits, en vue de la préparation des articles à paraître provoquait les contacts avec les auteurs, collègues de l’Irfa ou autres.
Plus inattendue peut-être, dans ce parcours, ma « destination finale », celle de me voir confié le Service de la documentation, domaine d’activité d’une façon générale très largement et naturellement animée par du personnel féminin. Celui de l’Irfa au moment où j’en ai pris la direction était très structuré, performant et fonctionnant parfaitement et selon les avancées de l’époque.
Malgré tout, il n’était peut-être pas tout à fait incohérent, inutile, d’introduire dans le circuit un élément « étranger » venu de l’extérieur, le terrain, bénéficiant d’une certaine « polyculture » cette dernière exercée dans des pays francophones ou non (Amérique latine) géographiquement très éloignés.
Je réalisais que ces services, dont le personnel n’avait pas souvent l’occasion de voyager, travaillant essentiellement à partir de revues en langues diverses à exploiter, constituait un peu, l’armée « de l’ombre » (!) si utile pourtant au chercheur !
Une trentaine de mes publications, en majorité dans la revue Fruits, sont citées dans la base Agritrop du Cirad.
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