Philippe GAUDEFROY DEMOMBYNES

Né en 1926 d’un père linguiste traducteur de « Mein Kampf », j’hésite longtemps à m’orienter vers les langues ou vers la biologie. Après un épisode militaire au cours duquel, sous l’ordre du colonel Bourgoin, je suis artilleur-artificier-parachutiste (brevet N°8900), j’entre à l’Ensa (Ecole nationale supérieure agronomique) Grignon en 1947, puis à l’ESAAT (École supérieure d'application d'agriculture tropicale) par vocation.

Bien que polyvalent, je suis affecté au centre de recherches agronomiques de Bambey (Sénégal) ou, de 1951 à 1960, je suis le second de René Tourte à la division d’agronomie, en charge des techniques culturales et de la mécanisation à traction animale prioritairement. Je m’y adonne avec passion. Hélas, de sérieux ennuis de santé de mon premier enfant m’obligent à rentrer en métropole et à m’y reconvertir. Néanmoins, à la demande instante de Francis Bour (Irat - Institut de recherches agronomiques tropicales et des cultures vivrières) qui souhaite me retenir, j’effectue outre-mer deux longues missions : « Programme de recherches agronomiques Antilles-Guyane » puis un peu plus tard « Plan de développement rural du Gabon » avec deux collègues du BDPA (Bureau du développement de la production agricole) et de l’Iram (Institut de recherches agronomiques à Madagascar).

Après deux ans de « services agricoles » corréziens entrecoupés de ces missions, je suis détaché du ministère pour fonder et diriger la SAFER d’Auvergne sous la présidence de Michel Debatisse. Mon domaine d’intervention privilégié, outre le remembrement et l’agrandissement des exploitations ou l’installation des jeunes, c’est l’aménagement et la mise en valeur des pâturages d’estive, ces belles montagnes à vaches du massif volcanique central. Je m’y promène avec un immense plaisir et y acquiert une dizaine de milliers d’hectares, à un prix alors dérisoire de 150/200 € l’hectare ; je les regroupe, les équipe, les confie à une coopérative de transhumance ; elles valent aujourd’hui 7000/8000 €/ha ! Je suis ensuite, en 1971, appelé rue de Varenne, mais je ne m’y plais point. Préférant le terrain au bureau, je rejoins la DDA de la Corrèze, département où mon épouse exploite une importante ferme familiale de polyculture-élevage. Durant quinze ans, je m’y applique à développer les éléments durablement structurants des productions animales, végétales, forestières : coopératives d’aménagement rural, d’assainissement-drainage, d’équipements forestiers, groupements de producteurs, stations fruitières de stockage-conditionnement, abattoirs, et surtout industries agro-alimentaires, toutes entités que je crée, conforte ou modernise. Au lendemain de ma retraite, je suis nommé juge de l’aménagement foncier et juge de l’aide sociale, fonctions que j’assume bénévolement durant vingt ans tout en aidant mon épouse. Bien qu’aspirant à une réelle retraite, j’estime que le travail conserve…


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