Jacques est décédé le 30 avril 2022 à Castelnau-le-Lez à l’âge de 80 ans.

Il est né le 12 février 1942 à Etterbeek commune bilingue proche de Bruxelles célèbre pour son Musée royal de l’armée et de l’histoire militaire. Son père était pharmacien et sa mère artiste peintre. Il avait une sœur disparue accidentellement dans sa jeunesse.

Il a fait ses études supérieures à la faculté des sciences agronomiques de Gembloux dont il est sorti avec le diplôme d’ingénieur agronome en 1965, complété en 1966 à Gembloux par un certificat d’études spéciales en phytopharmacie et phytiatrie, puis en 1967 à l’Institut Pasteur à Paris par un certificat de microbiologie des sols.

Il s’est marié avec Nicole à Bruges le 11 novembre 1968.

En 1967, il est recruté par l’Irat en qualité de chercheur en phytopharmacie et affecté à Nogent-sur-Marne dans le laboratoire de la division défense des cultures dirigée par J. Brenière.

En 1969-1970, il est affecté en Haïti sur un projet « défenses des cultures » de la FAO.

En 1971-1972, il est nommé chef du laboratoire des pesticides à l’institut de technologie alimentaire de Dakar.

En 1973-1976, il est nommé chef de la division malherbologie et stockage des produits agricoles au CNRA de Bambey au Sénégal.

En 1977-1984, il est chef du service de phytopharmacie de l’Irat sur le campus du Gerdat à Montpellier. Par ailleurs, il est secrétaire du « Group for assistance on systems relating to grain after harvest » (GASGA).

En 1985-1990, il est détaché à mi-temps par le Cirad-CA en qualité de conseiller scientifique auprès de la société Rhône-Poulenc à Lyon.

De 1991 à 2007, au Cirad-CA puis au Cirad-Amis, il intervient d’une part en appui aux programmes et unités de recherche des autres départements du Cirad dans les domaines de la phytopharmacie, la phytiatrie, la malherbologie, la protection des stocks, la législation sur les pesticides, et d’autre part dans les mèmes domaines en qualité d’expert et de formateur auprès de la commission européenne, de la FAO, du PNUD, du ministère français de la Coopération et en qualité de conseiller scientifique auprès de grandes firmes de produits phytosanitaires. La majorité de ses interventions se déroule dans les pays du Sud, notamment en Afrique et en Asie.

Il part en retraite fin 2007.

De la carrière de Jacques Deuse, on doit retenir plusieurs aspects qui caractérisent sa singularité.

  • Il a toujours manifesté un attachement à l’applicabilité des résultats de la recherche dans la protection des cultures par les paysans du Sud ; à cet égard, il était souvent un lien averti et pragmatique entre les firmes phytosanitaires et les sociétés de développement ou les organisations paysannes.
  • Il a été un pionnier de la protection des stocks, considérant que les pertes post-récolte étaient une calamité dans la plupart des pays tropicaux. Dans ce domaine, il avait acquis au Sénégal des connaissances et un savoir-faire précieux sur la conservation post-récolte des céréales et des protéagineux.
  • Il a toujours, dans ses conseils d’utilisation des pesticides, prôné leur utilisation raisonnée avec un quadruple enjeu : l’efficacité, la santé des utilisateurs, la protection de l’environnement, la modification des pratiques culturales.
  • Il avait le souci permanent de la formation et du transfert des savoirs. Il a été enseignant dans un DEA d’agrochimie et de phytopharmacie à l’université de Perpignan et est souvent intervenu en Afrique dans des séminaires de formation en phytopharmacie et toxicologie de jeunes chercheurs et agents de développement soutenus par le ministère de la Coopération ou la Commission européenne. Cette transmission des connaissances s’est traduite par une participation assidue aux congrès du Comité de lutte contre les mauvaises herbes (COLUMA) et surtout par une production très abondante de publications scientifiques et techniques (une centaine), d’ouvrages remarquables (12), de documents techniques approfondis (20), de communications avec actes à des congrès internationaux, de rapports d’expertises etc. ; parmi les principaux ouvrages, on doit citer Le désherbage des cultures sous les tropiques (Maisonneuve et Larose) ; Les ravageurs des cultures vivrières et maraichères avec J. Appert ( 2 tomes, Maisonneuve et Larose) ; Le désherbage du maïs en Afrique de l’Ouest (Maisonneuve et Larose) ; L’index phytosanitaire de l’ACTA ; Le Regional agro-pesticide index Asia and Pacific (ARSAP).

Parmi les collègues du Cirad avec lesquels Jacques a souvent travaillé, on peut citer Jean Brenière, Jean Appert, Jean-loup Notteghem, Emile Lavabre, Serge Hernandez, Bernard Vercambre, Francis Troude, Rachid Tahar, Pascal Marnotte, Michel Déat.

En plus de son parcours de chercheur au Cirad, on se doit de rappeler son engagement social et syndical par sa participation au comité d’entreprise au titre du SN AGREX syndicat affilié à la CGC devenu Unared dont il a assuré la présidence durant de nombreuses années.

Enfin, dans sa vie privée, rappelons que Jacques, Belge de naissance, a acquis la nationalité française en 1981 et que nouveau patriote engagé, il avait envisagé de présenter sa candidature à la députation dans une circonscription de l’Hérault. Jacques prolixe au Cirad et auprès de ses partenaires du Sud, actif dans l’animation de son syndicat et en politique, était en famille très réservé voire secret à l’exception des événements familiaux ou amicaux à caractère festif.

Sa retraite à Castelnau-le-Lez auprès de son épouse Nicole s’annonçait paisible avec de l’écriture, des rencontres familiales, des randonnées, du jardinage, quelques voyages mais ce chemin tranquille fut brutalement interrompu en 2010 par un AVC source de dommages cérébraux qui se sont révélés irréversibles. Jacques ayant totalement perdu l’usage de la parole ne pouvait s’exprimer que par des signes du visage. Malgré ce mur du silence, il essayait avec ses yeux d’exprimer sa reconnaissance à celles et ceux qui l’entouraient dans cette épreuve, laquelle s’est aggravée par la perte de son épouse et par la lente détérioration de son autonomie.

Son parcours de chercheur et de citoyen fut reconnu en 2006 par la remise de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite.

La disparition de Jacques Deuse est une partie de la mémoire des instituts et du Cirad qui s’efface. Son attachement à la culture originelle du Cirad et à son mandat et son bilan de carrière méritent notre respect et notre devoir de le faire savoir. Il repose désormais à Castelnau-le-Lez.

Que ses enfants Jean-Philippe et Ariane, ses petits-enfants Marie, Charles, Guillaume, Romane et Maxime soient, en hommage à leur père et grand-père, assurés de notre gratitude et amicale sympathie.

 

 Hommage de l’Unared à Jacques DEUSE (cliquer sur le lien)

 

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