Dans cette page dédiée à notre ami et collègue, nous présentons un texte de René Tourte relatant sa carrière et sa vie, un petit mot de Philippe Demombynes et deux liens internet qui renvoient l’un à un film de Francis Ganry sur la Dordogne et l’autre à un diaporama de Robert Oliver sur Arcachon, qu’avec son épouse ils nous firent découvrir en 2009 et 2013, nous les anciens de Bambey.

L'épouse de Jean Appert, Thérèse, avait écrit un très beau livre « La Tornade sèche », relatant ses souvenirs de Bambey où elle et son mari avaient été affectés dans les années 50. Le livre est accessible sur le site de l'Adac.

Biographie et hommage (René Tourte)

Jean Appert, entomologiste de réputation internationale, ancien de l’Orstom-Irat nous a quittés le 28 avril au seuil de sa 99e année. Il était né à Bourges le 7 juillet 1923. Après une enfance, une adolescence, une scolarité assez chaotique au gré des affectations de son père, ingénieur d’agriculture ayant servi en Afrique, en Guyane et en France, et une préparation de l’Agro à Nancy, Jean intègre et suit le cursus de l’École supérieure d’agriculture de Rennes de 1945 à 1947.

AppertArcachonEn 1948, Jean, confirmant une vocation tropicale, sans doute quasi-innée, rejoint l’École supérieure d’agriculture tropicale de Nogent sur Marne, et se spécialise, en deuxième année, en entomologie à l’Office de la Recherche scientifique coloniale, futur Orstom-IRD, auquel il restera rattaché administrativement.

Le 7 novembre 1949, Jean épouse Thérèse, l’amour de sa vie. Les jeunes mariés rejoignent, le 10 mars 1950, la première affectation de Jean : le Centre de recherches agronomiques de Bambey (Sénégal) alors à vocation régionale sahélo-soudanienne. Jean y dirige le laboratoire créé en 1938 par le grand entomologiste Jean Risbec. Jusqu’en 1957, Jean identifie et étudie les insectes parasites des cultures et des stocks et publie un remarquable ouvrage : Les parasites animaux des plantes cultivées au Sénégal et au Soudan français.

Après une interruption métropolitaine, en secteur privé, puis au Jardin colonial de Nogent, Jean accepte en 1964-1965 un contrat FAO en Syrie, pour finalement rejoindre l’IRAM à Madagascar en 1966, en remplacement à Antananarivo de Jean-Louis Brenière. Sur la Grande Île, avec ses collègues entomologistes, Jean développe des techniques de lutte contre les parasites des cultures vivrières (riz, maïs, manioc), maraîchères et industrielles (canne à sucre, vanille, girofle). Il met un particulier l’accent sur la recherche d’ennemis naturels des espèces nuisibles, développant ainsi « La lutte intégrée ». Ses travaux sur la canne à sucre lui permettent de participer à de nombreux colloques internationaux et de découvrir ou redécouvrir nombre de pays africains anglophones et autres, où il acquière une grande notoriété internationale. Il doit malheureusement quitter Madagascar avec sa famille en juin 1973.

Affecté à Dakar par l’Orstom en 1975, mais insatisfait de ses conditions de travail, Jean Appert préfère prendre sa retraite anticipée en 1977. Cette rupture ne l’empêche cependant pas de publier, en 1982, avec son confrère Jacques Deuse un remarquable ouvrage de près de 400 pages : Les ravageurs des cultures vivrières et maraîchères sous les tropiques. Jean est officier du Mérite agricole.

C’est alors la retraite richement méritée, prise d’abord en Normandie, puis, en 1983, dans un petit village viticole girondin où, avec son épouse, ils font d’une ancienne bergerie un très agréable et vaste domaine avec parc et verger. Thérèse et Jean vont y recevoir de nombreux amis, tout en s’offrant plusieurs escapades touristiques en différentes régions d’Europe. Les contraintes de l’entretien de leur beau domaine, mais surtout de sérieuses raisons médicales font que nos retraités choisiront de s’installer en 2012 dans un bel appartement en Arcachon. Thérèse s’éteint malheureusement le 1er août 2018. Jean survivra péniblement, seul et handicapé, à cette disparition, puis, hélas, à celles de ses deux filles.

Nos vives condoléances vont à son fils Bruno, à son épouse, ses petits-enfants et tous ses proches.

Merci Jean pour tout ce que tu as apporté à la science agronomique et à tous ceux qui ont eu le privilège de te connaître.

  

Extrait d'un petit mot de Philippe Demombynes :

A leur retour en France, Thérèse étant d'origine haut normande, ils avaient acquis un manoir à colombages de toute beauté, en bordure de forêt, près de l'aéroport de Rouen. Ils l'ont revendu, à Laurent Fabius, je crois, pour se rapprocher de leur fille handicapée dans un centre en Lot et Garonne.

Près de Montpensier, ils eurent une vaste maison de plain-pied entourée d'un immense jardin. Céline et moi leur y avons maintes fois rendu visite.

L'entretien du parc devenu difficile, ils ont migré à Arcachon. Ils y ont accueilli les amis de Bambey en 2014, notre dernière réunion amicale. Pour les remercier, nous leur avons offert un ordinateur et l'aimable Francis leur a enseigné l'ABC du PC. Mais, comme Marie Hélène, Thérèse préférait le contact, le téléphone, et Jean l'écriture qu'il avait parfaite.

Dès 1981, avec les Faure, les Appert réunissaient les Bambeysiens en Normandie, puis en 1984 à Fongalop en Dordogne, avec les Ginouves. En 1996, ils nous emmènent à Belle Ile, en 2000 dans le Jura, en 2009 de nouveau en Périgord ou nous avons retrouvé Renée Sauger. Bref, ils furent les champions de nos retrouvailles.

Thérèse était très communicative et fine psy, et Jean, pince sans rire, aimait l'humour et les bons mots, comme René.

Bruno est orphelin. Au début des années 50, il était un magnifique petit enfant, brun autant que son prénom. Ils avaient un gros chien « bou niou » qui attrappa la rage. Ils me demandèrent de l’abattre. Entretemps, il avait contaminé d'autres collègues. René doit se souvenir des vaccins antirabiques !! en pleine tournée !

 

http://www.amicaledesanciensducirad.fr/index.php/anciens-de-bambey/en-dordogne

http://www.amicaledesanciensducirad.fr/index.php/anciens-de-bambey/a-arcachon