par Maurice Tardieu

Pierre Bezot, talentueux généticien-sélectionneur, n’a jamais appartenu au Cirad, mais est un ancien du Tchad qui a failli rentrer à l’Irat (Francis Bour aurait bien voulu qu’il en soit ainsi).

Pierre, né le 21 octobre 1928, était plus âgé que moi, de 40 jours ! Lui aussi était Marseillais et nous étions amis…

Nous avons fait quelques classes ensemble au lycée puis à la Faculté des Sciences. Nous avons tous deux hésité à nous engager lors d’une année entière : lui comme pion dans un lycée phocéen, moi comme prof d’histoire dans un collège technique (cela s’appelle l’utilisation des compétences) et accordéoniste le dimanche dans les dancings qui apparaissaient après la Libération.

Puis nous nous sommes engagés dans les services de l’Agriculture Outre-mer. Nous avons partagé la même chambre aux Provinces de France, de la cité universitaire, boulevard Jourdan à Paris. Nous avons suivi le même enseignement et avons aussi relu nos cours dans le métro qui nous amenait de la Porte d’Orléans à la Gare de l’Est, sur la route de Bondy…

Lui allait vendre le journal de gauche le dimanche, tandis que je restais à la cité. À l’époque Lyssenko et Mitchourine étaient ses références scientifiques.

Nous avons aussi pris le même bateau pour aller de Marseille à Abidjan pour faire notre 2e année d’Orsom (cela s’appelait ainsi à l’époque).

Puis la vie nous a séparés : j’ai été affecté au Sénégal, lui au Tchad où il a remplacé Marcel Niqueux au Bä Illi. Pendant plusieurs années il y a conduit d’importants travaux d’amélioration des mils pénicillaires, des sorghos hâtifs et tardifs (photopériodisme, vigueur hybride) et du riz (introductions systématiques et croisements).

J’ai été témoin de son mariage à Lasalle (dans le Gard) où il a rencontré sa future épouse,« une gentille personne » comme on dit à Marseille, née à Madagascar d’un père militaire. J’allais dans un temple protestant pour la première fois de ma vie.

Nous nous sommes retrouvés à Fort-Lamy, lorsque j’ai été affecté au Cameroun. Il a choisi Versailles et l’Inra, est devenu l’adjoint d’André Cauderon. A ce titre, il est allé en mission en Nouvelle-Zélande, où l’Inra tâchait de gagner du temps en faisant effectuer des contre-saisons dans l’hémisphère Sud. Il avait une superbe voiture avec un téléphone qui me semblait à l’époque être un objet merveilleux (j’ai changé d’avis depuis !).

Nous nous sommes revus à Paris, avec nos épouses. Nous venions Marie-Hélène et moi de Nogent, eux de Versailles.

Puis un grand silence et nous ne nous sommes pas vus, par ma faute, pendant une dizaine d’années, peut-être davantage. Par hasard, j’ai su que, à Montpellier, nous habitions à environ 500 mètres l’un de l’autre. Nous avons été heureux de nous retrouver, de reprendre le fil de nos histoires. Hélas, le temps nous était compté. Pierre n’a pu rencontrer René Tourte, Michel Jacquot, Jacques Chantereau et répondre aux nombreuses questions qu’ils avaient à lui poser. Il nous a quittés le 15 janvier 2021.

Adieu Pierre,

Il était un collègue, un copain, un ami, « un frère ». Nous nous connaissions depuis 1945.

Nous sommes de tout cœur avec Françoise, son épouse depuis 66 ans, et leurs deux enfants Danielle et Patrick.

par Maurice Tardieu

Pierre Bezot, talentueux généticien-sélectionneur, n’a jamais appartenu au Cirad, mais est un ancien du Tchad qui a failli rentrer à l’Irat (Francis Bour aurait bien voulu qu’il en soit ainsi).

Tardieu1951 MarseillePierre, né le 21 octobre 1928, était plus âgé que moi, de 40 jours ! Lui aussi était Marseillais et nous étions amis…

Nous avons fait quelques classes ensemble au lycée puis à la Faculté des Sciences. Nous avons tous deux hésité à nous engager lors d’une année entière : lui comme pion dans un lycée phocéen, moi comme prof d’histoire dans un collège technique (cela s’appelle l’utilisation des compétences) et accordéoniste le dimanche dans les dancings qui apparaissaient après la Libération.

Puis nous nous sommes engagés dans les services de l’Agriculture Outre-mer. Nous avons partagé la même chambre aux Provinces de France, de la cité universitaire, boulevard Jourdan à Paris. Nous avons suivi le même enseignement et avons aussi relu nos cours dans le métro qui nous amenait de la Porte d’Orléans à la Gare de l’Est, sur la route de Bondy…

Lui allait vendre le journal de gauche le dimanche, tandis que je restais à la cité. À l’époque Lyssenko et Mitchourine étaient ses références scientifiques.

Nous avons aussi pris le même bateau pour aller de Marseille à Abidjan pour faire notre 2e année d’Orsom (cela s’appelait ainsi à l’époque).

Puis la vie nous a séparés : j’ai été affecté au Sénégal, lui au Tchad où il a remplacé Marcel Niqueux au Bä Illi. Pendant plusieurs années il y a conduit d’importants travaux d’amélioration des mils pénicillaires, des sorghos hâtifs et tardifs (photopériodisme, vigueur hybride) et du riz (introductions systématiques et croisements).

J’ai été témoin de son mariage à Lasalle (dans le Gard) où il a rencontré sa future épouse,« une gentille personne » comme on dit à Marseille, née à Madagascar d’un père militaire. J’allais dans un temple protestant pour la première fois de ma vie.

Nous nous sommes retrouvés à Fort-Lamy, lorsque j’ai été affecté au Cameroun. Il a choisi Versailles et l’Inra, est devenu l’adjoint d’André Cauderon. A ce titre, il est allé en mission en Nouvelle-Zélande, où l’Inra tâchait de gagner du temps en faisant effectuer des contre-saisons dans l’hémisphère Sud. Il avait une superbe voiture avec un téléphone qui me semblait à l’époque être un objet merveilleux (j’ai changé d’avis depuis !).

Nous nous sommes revus à Paris, avec nos épouses. Nous venions Marie-Hélène et moi de Nogent, eux de Versailles.

Puis un grand silence et nous ne nous sommes pas vus, par ma faute, pendant une dizaine d’années, peut-être davantage. Par hasard, j’ai su que, à Montpellier, nous habitions à environ 500 mètres l’un de l’autre. Nous avons été heureux de nous retrouver, de reprendre le fil de nos histoires. Hélas, le temps nous était compté. Pierre n’a pu rencontrer René Tourte, Michel Jacquot, Jacques Chantereau et répondre aux nombreuses questions qu’ils avaient à lui poser. Il nous a quittés le 15 janvier 2021.

Adieu Pierre,

Il était un collègue, un copain, un ami, « un frère ». Nous nous connaissions depuis 1945.

Nous sommes de tout cœur avec Françoise, son épouse depuis 66 ans, et leurs deux enfants Danielle et Patrick.

Certains « écologistes » rêvent de remplacer la motorisation par un retour à la traction animale. Mais gare aux effets pervers dont Fontainebleau est un bon exemple ! L'écologie doit rester une science et non une éthique qui lui enlève toute objectivité.
                                                                                                                                                                     P. Bruneau de Miré
 

Cliquer sur l'image (l'ouverture du diaporama est assez longue)

lecrottin

Marguerite-Marie Richard de Vesvrotte, Sœur Marie Chantal en religion, est décédée le 30 novembre 2015 dans sa 99ème année, dont 74 années de vie religieuse. Dévouée totalement à l'Afrique, elle vit 46 ans en terre africaine puis les 8 dernières années de sa vie en France, d'où elle continue de diriger son association.

Voici le récit de sa vie.

Que nous soyons agnostiques, catholiques ou d'une autre religion, les curés de nos paroisses en Afrique ont toujours participé de près ou de loin, à notre vie sociale. Nous leur sommes redevables de nos baptêmes, communions, mariages, voire obsèques ! Les religieuses aussi nous furent – ou nous sont encore – proches, toutes dévouées à leur vocation sociale pour l'école et la santé, ou simplement recherchées pour leur connaissance du milieu local. Il est juste de se souvenir d'elles et d'eux, d'honorer leur mémoire, ou de rappeler qu’ils ou qu’elles sont peut-être toujours à l’œuvre. Nous l'avons déjà fait pour soeur Chantal au Sénégal, pour sœur Thérèse au Cameroun. Nous continuons ici avec le Père Durand qui a œuvré parmi l’ethnie sérère au Sénégal.

tourteEtsonlivre

La publication récente de l’ouvrage de René Tourte Histoire de la Recherche agricole en Afrique tropicale francophone et de son Agriculture, de la Préhistoire aux Temps modernespar les éditions L’Harmattan est l’aboutissement d’une longue histoire qui mérite d’être contée. (Pour accèder à cette nouvelle édition, veuillez cliquer sur le titre de l'ouvrage).

Elle fait valoir la ténacité de l’auteur qui a surmonté bien des phases de découragement grâce au soutien continu de son épouse Christiane, de son ami Maurice Tardieu et à l’implication généreuse et collective de collègues, d’amis, de personnalités convaincus qu’une telle œuvre ne pouvait être pleinement valorisée qu’avec une édition papier.

Tout commença en 2005 quand la FAO, commanditaire de l’ouvrage auprès de René, après en avoir édité le volume I, fit savoir qu’elle ne publierait pas les volumes suivants, et ce malgré les interventions de Henri Carsalade, Gora Bèye et Jacques Eckebil. En 2012, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, appuyé par le Président Abdou Diouf, alors Secrétaire général de la francophonie, s’engageait néanmoins à faire publier électroniquement les volumes II à VI (sortie effective le 28 février 2012). De plus, en mai 2012, grâce au Dr Modibo Traoré, ancien ministre malien, alors sous-directeur général du département de l’agriculture et de la protection des consommateurs, sensibilisé par Djibril Aw, cadre de la Banque mondiale, ancien directeur de l’Office du Niger, et à la contribution de Madame Bérengère Quincy, ambassadrice française auprès de la FAO, le livre parut dans son intégralité sous forme d’un CD-Rom.