Jacques Godefroy

Notre collègue Jacques Godefroy nous a quittés le 27 avril 2021 à l’âge de 91 ans. Il est né le 2 mai 1930 à Rennes, troisième au sein d’une fratrie de cinq frères et sœurs. Son père était général dans l’armée de terre et sa mère au foyer.

JacquesGodefroyAprès un bac série math élem en 1951, suivi d’une classe préparatoire, il intègre l’école supérieure d’agriculture de Tunis dont il sort ingénieur agricole en 1955. Il fait 28 mois de service militaire dans un régiment du train basé en Allemagne avec le grade de sous-lieutenant. Début novembre 1956, il est mobilisé pour commander le groupe de transport 530 basé à Chypre en appui aux troupes franco-anglaises de débarquement en Egypte.

En octobre 1957, il est recruté par l’Institut des fruits et agrumes coloniaux (Ifac) en qualité d’agronome au programme bananier sur la station de Nyombé au Cameroun, dirigée par François Trupin. Pour des raisons d’insécurité, il quitte le Cameroun en 1960 pour rejoindre la station d’Azaguié en Côte d’Ivoire. Ces premières années d’agronome chercheur de terrain ont suscité chez Jacques une curiosité et un intérêt particulier pour la science du sol appliquée aux productions fruitières tropicales. Pour conforter cette appétence scientifique, il obtient un certificat de pédologie à l’université de Louvain et, en 1964, un diplôme de pédologie délivré par l’Orstom. Cette même année il épouse à Paris, Claudie Uriot qui le suivra pendant tout le reste de sa carrière. Enfin pour être plus légitime et reconnu dans la communauté scientifique, en 1974, il consolide ses connaissances par la soutenance d’une thèse d’ingénieur-docteur sous la direction du professeur Duchaufour (diplôme obtenu avec la mention très honorable et félicitations du jury) au CNRS de Nancy.

Dès 1965, l’institut valorise ses nouvelles compétences en le nommant chef du service d’agropédologie. A ce titre, il crée et anime, de 1965 à 1977, le laboratoire d’analyses « sol et eau » sur la station d’Azaguié (Côte d’Ivoire) dirigée par Jean-Marie Charpentier.

En 1977 et 1978 il crée et dirige avec Mme Dormoy un deuxième laboratoire aux mêmes fonctions sur la station de Moutte en Martinique, dirigée par André Lefebvre.

De 1979 jusqu’à son départ en retraite, en 1995, il passe sous statut Inra et exerce plusieurs fonctions et responsabilités à partir de Montpellier : coordinateur des recherches en agropédologie du Cirad-Flhor en liaison avec les chefs de programme filières et en liaison avec la Mission connaissance et amélioration du milieu (Micam) ; directeur de recherches spécifiques en Martinique et en Corse ; missions d’expertise et d’enseignement.

Sur le plan scientifique, l’expertise et l’appui au développement, on doit retenir de la carrière de Jacques Godefroy : son rôle essentiel de pédologue dans les recommandations et le choix des terrains expérimentaux, des terrains dédiés aux unités types de production (UTP), des périmètres des projets de développement des cutures fruitières tropicales et méditerranéennes. Par exemple, on peut rappeler la cartographie très détaillée des sols du domaine de Rivière Lézarde en Martinique ayant permis à Philippe Melin et Yves Bertin de faire des choix appropriés de répartition des espèces fruitières. On peut citer aussi sa forte implication de prospection des sols favorables au plan de relance de l’agrumiculture en Algérie.

Ses résultats de chercheur s’inscrivent sur les thématiques principales suivantes :

  • lixiviation des éléments fertilisants en culture bananière et ananas ;
  • relations entre matière organique, structure et fertilité ;
  • dynamique de l’azote minéral dans les sols tourbeux et les sols à halloysite ;
  • effets de l’enracinement des plantes améliorantes, des rotations culturales sur les caractéristiques chimiques, structurales et microbiologiques des sols sous culture ;
  • système d’avertissement à la fertilisation des bananiers.

Toutes les recherches de Jacques et ses collègues pédologues et agronomes associés ont fait l’objet de plus de 120 publications.

« L’homme aux mille profils pédologiques » avait rédigé en fin de carrière une énorme synthèse de ses travaux de recherche dont la publication n’a malheureusement pas abouti.

Sur un plan plus intime on peut retenir de la personnalité de Jacques Godefroy : l’extrême rigueur et l’organisation de chacun de ses actes professionnels frisant parfois la maniaquerie ; le souci pédagogique de la transmission de ses savoirs auprès des jeunes chercheurs en situation sur les terrains d’outre-mer ; son assiduité pour les activités physiques et sportives (équitation et voile en Afrique, ski alpin toujours à Morzine) ; son exigence redoutable pour l’éducation scolaire de sa fille Sandrine.

Abrité derrière son immense culture, Jacques aimait toutefois faire partager ses vécus burlesques lors de ses missions outre-mer.

Ce collègue attachant, modeste, mordu de pédologie, fait partie de ces pionniers de la recherche agronomique tropicale française qui laisseront une trace dans l’histoire du Cirad et dans nos mémoires.

Nous transmettons à son épouse sa fille et son petit-fils nos sincères condoléances.

Hommage à Jacques Godefroy

 

Notre collègue Jacques Godefroy nous a quittés le 27 avril 2021 à l’âge de 91 ans. Il est né le 2 mai 1930 à Rennes, troisième au sein d’une fratrie de cinq frères et sœurs. Son père était général dans l’armée de terre et sa mère au foyer.

Après un bac série math élem en 1951, suivi d’une classe préparatoire, il intègre l’école supérieure d’agriculture de Tunis dont il sort ingénieur agricole en 1955. Il fait 28 mois de service militaire dans un régiment du train basé en Allemagne avec le grade de sous-lieutenant. Début novembre 1956, il est mobilisé pour commander le groupe de transport 530 basé à Chypre en appui aux troupes franco-anglaises de débarquement en Egypte.

En octobre 1957, il est recruté par l’Institut des fruits et agrumes coloniaux (Ifac) en qualité d’agronome au programme bananier sur la station de Nyombé au Cameroun, dirigée par François Trupin. Pour des raisons d’insécurité, il quitte le Cameroun en 1960 pour rejoindre la station d’Azaguié en Côte d’Ivoire. Ces premières années d’agronome chercheur de terrain ont suscité chez Jacques une curiosité et un intérêt particulier pour la science du sol appliquée aux productions fruitières tropicales. Pour conforter cette appétence scientifique, il obtient un certificat de pédologie à l’université de Louvain et, en 1964, un diplôme de pédologie délivré par l’Orstom. Cette même année il épouse à Paris, Claudie Uriot qui le suivra pendant tout le reste de sa carrière. Enfin pour être plus légitime et reconnu dans la communauté scientifique, en 1974, il consolide ses connaissances par la soutenance d’une thèse d’ingénieur-docteur sous la direction du professeur Duchaufour (diplôme obtenu avec la mention très honorable et félicitations du jury) au CNRS de Nancy.

Dès 1965, l’institut valorise ses nouvelles compétences en le nommant chef du service d’agropédologie. A ce titre, il crée et anime, de 1965 à 1977, le laboratoire d’analyses « sol et eau » sur la station d’Azaguié (Côte d’Ivoire) dirigée par Jean-Marie Charpentier.

En 1977 et 1978 il crée et dirige avec Mme Dormoy un deuxième laboratoire aux mêmes fonctions sur la station de Moutte en Martinique, dirigée par André Lefebvre.

De 1979 jusqu’à son départ en retraite, en 1995, il passe sous statut Inra et exerce plusieurs fonctions et responsabilités à partir de Montpellier : coordinateur des recherches en agropédologie du Cirad-Flhor en liaison avec les chefs de programme filières et en liaison avec la Mission connaissance et amélioration du milieu (Micam) ; directeur de recherches spécifiques en Martinique et en Corse ; missions d’expertise et d’enseignement.

Sur le plan scientifique, l’expertise et l’appui au développement, on doit retenir de la carrière de Jacques Godefroy : son rôle essentiel de pédologue dans les recommandations et le choix des terrains expérimentaux, des terrains dédiés aux unités types de production (UTP), des périmètres des projets de développement des cutures fruitières tropicales et méditerranéennes. Par exemple, on peut rappeler la cartographie très détaillée des sols du domaine de Rivière Lézarde en Martinique ayant permis à Philippe Melin et Yves Bertin de faire des choix appropriés de répartition des espèces fruitières. On peut citer aussi sa forte implication de prospection des sols favorables au plan de relance de l’agrumiculture en Algérie.

Ses résultats de chercheur s’inscrivent sur les thématiques principales suivantes :

  • lixiviation des éléments fertilisants en culture bananière et ananas ;
  • relations entre matière organique, structure et fertilité ;
  • dynamique de l’azote minéral dans les sols tourbeux et les sols à halloysite ;
  • effets de l’enracinement des plantes améliorantes, des rotations culturales sur les caractéristiques chimiques, structurales et microbiologiques des sols sous culture ;
  • système d’avertissement à la fertilisation des bananiers.

Toutes les recherches de Jacques et ses collègues pédologues et agronomes associés ont fait l’objet de plus de 120 publications.

« L’homme aux mille profils pédologiques » avait rédigé en fin de carrière une énorme synthèse de ses travaux de recherche dont la publication n’a malheureusement pas abouti.

Sur un plan plus intime on peut retenir de la personnalité de Jacques Godefroy : l’extrême rigueur et l’organisation de chacun de ses actes professionnels frisant parfois la maniaquerie ; le souci pédagogique de la transmission de ses savoirs auprès des jeunes chercheurs en situation sur les terrains d’outre-mer ; son assiduité pour les activités physiques et sportives (équitation et voile en Afrique, ski alpin toujours à Morzine) ; son exigence redoutable pour l’éducation scolaire de sa fille Sandrine.

Abrité derrière son immense culture, Jacques aimait toutefois faire partager ses vécus burlesques lors de ses missions outre-mer.

Ce collègue attachant, modeste, mordu de pédologie, fait partie de ces pionniers de la recherche agronomique tropicale française qui laisseront une trace dans l’histoire du Cirad et dans nos mémoires.

Nous transmettons à son épouse sa fille et son petit-fils nos sincères condoléances.