Jean-Louis Reboul

Jean-Louis Reboul nous a quittés le 10 février 2021. D’origine cévenole, il est né le 19 janvier 1943 au sein d’une fratrie de quatre enfants.

Jean Louis Reboul Orphelin très jeune de son père ingénieur des mines décédé accidentellement dans une mine en Grèce il a suivi sa scolarité au collège jésuite de Saint-François Régis à Montpellier puis au lycée Foch où il obtient le bac mathématiques élémentaires et suit une prépa agri puis une prépa agro à Toulouse. Il intègre l’INA Paris en 1963 dans la même promotion qu’Henri Carsalade, Hubert Manichon et le bien connu Maurice Rossin.

Titulaire du diplôme d’ingénieur agronome avec une spécialisation en machinisme agricole, il part en 1966 en Polynésie française en qualité de volontaire à l’aide technique avec affectation au service de l’agriculture du territoire sous l’autorité de Robert Millaud. Passionné et fortement impliqué dans les problématiques du développement agricole insulaire, Jean-Louis Reboul est recruté pour poursuivre ses activités et devenir plus tard directeur du service d’économie rurale du territoire.

Durant ces 20 années passées en Polynésie, Jean-Louis a fortement contribué au développement agricole de l’archipel très étendu et hétérogène par ses climats ses topographies, ses populations. Il a su intégrer son service dans le réseau du monde scientifique agricole de cette immense région du Pacifique notamment avec des structures de recherche-développement d’Hawaï, de Californie, du Japon, de Taiwan. Bien naturellement il a mobilisé les compétences des instituts du Gerdat en appui au service d’économie rurale et de sa modeste institution de recherche en particulier les chercheurs de l’Irat (affectation de Jacques Larcher), de l’Irfa, de l’IRHO, du CTFT. Cette mobilisation l’a conduit à devenir le représentant du Cirad-Gerdat en Polynésie. De son long séjour polynésien on peut retenir encore sa forte implication dans la création du lycée agricole d’Opunohu sur l’île de Mooréa, ses multiples publications de vulgarisation et d’informations agricoles adaptées aux milieux insulaires tropicaux et enfin sa fine connaissance de la culture et des traditions polynésiennes.

Début 1989, il est affecté par le Cirad à Antananarivo en qualité de directeur régional du Cirad à Madagascar. Dans cette nouvelle fonction de représentation institutionnelle et d’animation des équipes de chercheurs du Cirad affectés dans les structures malgaches de recherche et d’appui au développement, Jean-Louis a su mobiliser les différents opérateurs de la coopération internationale au service du développement agricole malgache notamment dans le secteur de l’agriculture familiale. Il a su avec talent faire adopter par les paysans les systèmes de culture à base de semis direct encadrés par l’ONG « TAFA » (TAny sy FAmpandrosoana = Projet d’appui à la diffusion des techniques agroécologiques à Madagascar) dont il fut l’un des fondateurs. Convaincu par le positionnement original de Madagascar sur quelques niches telles que la vanille, le litchi et autres plantes aromatiques et alimentaires, il s’est impliqué avec le concours de Michel Jahiel dans la réussite de l’ambitieux programme d’appui aux exportations agricoles (PAEA) soutenu par la France et l’Union européenne. Comme en Polynésie, Jean-Louis a publié à Madagascar de nombreux documents de vulgarisation.

En 1999, il est affecté à Yaoundé en qualité de directeur régional du Cirad pour le Cameroun et l’Afrique centrale. Dans cette fonction il a conforté le partenariat du Cirad avec l’Ira et les universités camerounaises. Il a contribué à faire reconnaitre les compétences du Cirad tant dans le domaine des agricultures paysannes que dans celui du projet écorégional de Garoua mais aussi auprès des grands groupes agro-industriels de la banane, du coton, du palmier à huile, du cacao…

Dans ses deux fonctions de représentation, on doit reconnaitre à Jean-Louis Reboul un grand talent de négociateur et d’analyste des problématiques de développement agricole apprécié par les autorités africaines et malgaches.

Il a pris sa retraite en 2007 pour se retirer principalement à Antsirabe où il a repris l’animation de l’ONG « TAFA » et secondairement sur ses terres cévenoles à Saint-Ambroix (Gard) où il repose désormais.

Nos pensées s’adressent à ses deux filles et son épouse Christiane.

Nous vous invitons à relire son autobiographie et revoir quelques-unes de ses compositions. (Accessibles en mode enregistré)


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