Claude Foury

Claude Foury nous a quittés le 6 août 2020 à Vedène, près d’Avignon. Il était né le 9 janvier 1931 à Saint-Laurent-du-Pape. Il était issu du milieu agricole, son père étant régisseur d’une exploitation agricole à Avignon sur l’île de la Barthelasse.

Ingénieur horticole de la promotion Versailles 1949 et diplômé en juillet 1952, Claude Foury a commencé sa carrière à Madagascar. Il a essayé d’intégrer ensuite l’Ecole d’agronomie tropicale de Nogent, mais il n’y avait pas de poste disponible correspondant à ses souhaits.

Il s’est marié en décembre 1952 à Tananarive et a occupé un poste de jardinier chef du Jardin botanique de Tsimbazaza à Antananarivo (Madagascar), de 1952 à 1953.

Il a renoncé à son sursis pour partir à l’armée dans l’infanterie coloniale au 4e régiment à Toulon le 3 novembre 1953. Au début de la guerre d’Algérie, en novembre 1954, C. Foury est affecté dans ce département bien qu’inapte à servir outre-mer – l’Algérie n’était pas considérée comme outre-mer ! Le 1er mai1955, il est démobilisé car père de famille depuis février 1954. Son épouse lui permet alors d’obtenir un poste de conducteur agricole dans les services coloniaux à Madagascar. De 1955 à avril 1958, il est affecté dans la circonscription agricole d’Itasy, au centre de l’île non loin d’Antanarivo, et relève alors du centre administratif de Miarinarivo. Puis il s’est occupé d’élevage et de vulgarisation à Mianinarivo, zone plutôt d’élevage. Cela a été le début de sa carrière tropicale d’expérimentateur puis de chercheur, carrière très éclectique au départ : la fertilisation des rizières, la production de semences de riz. Il a constitué de nombreux dossiers comme celui sur la culture de l’aleurite, plante oléagineuse tropicale. Il s’est aussi occupé de sériciculture qui était très importante à Madagascar avec l’élevage du landybe, le ver à soie malgache.

Puis, de décembre 1958 à septembre 1963, il a été affecté à la station polyvalente d’Ilaka-Vatomandry, au sud de Tamatave, où il a travaillé sur la sélection du caféier. Au début de son affectation, la station était en cours de création sous la direction de M. Maurice Kuehn. A cette époque, il y avait des divergences de vue entre les agronomes au sujet de la mise en place des centres d’essais : les partisans des jardins d’essais dans le prolongement de Gallieni, et ceux partisans d’une spécialisation comme le souhaitait Jean Celton. L’administration avait créé l’IRAM (Institut de recherche agronomique malgache) en 1949. Cette station, rattachée à l’IRAM, était destinée à travailler principalement sur le caféier de basse altitude à Madagascar. Le projet de Maurice Kuehn était plutôt de mettre en place des fermes modèles. La station d’Ilaka avait une superficie de 600 ha. Si Claude Foury s’est occupé d’élevage au début, il est surtout devenu spécialiste du café. Il était le chef de la sélection du caféier robusta (Coffea canephora) à Ilaka. Il a suivi des expérimentations à Ivoloina, Kianjavato à partir de fin 1958. Claude Foury a été détaché à l’IFCC dirigé à cette époque par René Coste. Il a développé une bonne collaboration avec Pierre Montagnac, agronome.

En 1963, il est rentré en France et a sollicité un poste à l’INRA à Avignon. Reçu par Pierre Pécaut, directeur de la station de Montfavet, ce dernier lui a proposé de travailler sur l’artichaut avec Rémi Pochard. Ils ont créé ainsi des variétés d’artichaut dont plusieurs ont été inscrites au catalogue français. Il a promu la culture d’artichaut à partir de graines. Ils ont acquis une notoriété internationale sur cette espèce, connue et exploitée dans la région méditerranéenne au moins depuis l’époque de l’empire romain.

Claude Foury a ensuite cherché un poste d’enseignant. On lui a proposé un poste en Tunisie, à Sousse, mais il a postulé à un poste de maître de conférences à l’Ecole nationale supérieure d’horticulture de Versailles. Le 1er mai 1977, il a pris la succession d’Albert Bry sur l’enseignement des productions légumières. Il y est resté jusqu’en 1991 au moment de son départ en retraite. Plusieurs chercheurs du Cirad l’ont eu comme professeur en productions légumières et dans la spécialisation « Sélection et multiplication des semences légumières ». L’enseignement était organisé par culture mais avec un esprit filière, c’est-à-dire qu’il expliquait comment la filière fonctionnait en France. Il avait de très bonnes relations avec le milieu professionnel, ce qui lui permettait d’organiser des voyages d’études variés et d’aider les étudiants à trouver des stages pour faire leur mémoire de fin d’études. D’un autre côté, il avait une très forte volonté de transmettre son expérience de chercheur. Sa passion sur l’amélioration de l’artichaut était intacte et apparaissait fréquemment dans son enseignement. Il donnait aux étudiants une formation large, donc la capacité de rebondir ensuite dans leurs carrières d’ingénieurs si c’était nécessaire. Il a reçu la médaille d’or de l’Académie d’agriculture de France en 2008, pour sa contribution au progrès des technologies légumières, son rôle d’enseignant et son engagement culturel auprès du monde horticole.

Claude Foury était un travailleur acharné allant toujours au fond des choses avec une connaissance encyclopédique des cultures horticoles. Il a été ainsi plusieurs fois le relecteur de l’ouvrage Le Bon Jardinier. Il a écrit avec Claude Chaux l’ouvrage Les productions légumières, en trois tomes, paru en 1994, une compilation technique de référence, et, avec Michel Pitrat Histoires de légumes, paru en 2015 chez Quae, ouvrage indispensable pour tout amateur et spécialiste des légumes. Il a poursuivi ses travaux d’écriture et d’éditeur jusqu’à la fin de ses jours. Enfin, il s’était attelé à une tâche énorme, écrire une histoire des ingénieurs horticoles Versaillais ayant eu une expérience tropicale dont beaucoup ont fait carrière dans les instituts fondateurs du Cirad et au Cirad, jusqu’à la promotion 1992.

 

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