Bernard Hau

Notre collègue et ami, Bernard Hau, nous a quittés, le 15 mai 2020, après des semaines de lutte à l’âge de 75 ans.

 Né en mai 1945 d’une mère nordiste et d’un père béarnais, Bernard a grandi entouré de deux frères et une sœur. Il est resté très attaché aux Pyrénées, où il a grandi et où il a longtemps pratiqué ski, escalade et randonnée. Avec une attirance particulière pour le col de Pourtalet et « Jean-Pierre », le nom affectueux donné par les Béarnais au Pic du Midi d’Ossau. Attiré par les sciences, il s’est orienté vers des études d’agronomie. Bernard Hau, Pierre Siband et Michel Benoit-Cattin furent de la même promotion de l'Ensa Montpellier, en 1965. Bernard et Pierre partirent ensuite à l'Esaat de Nogent en 1968. Bernard mettra sa formation en pratique sur plusieurs continents. D’abord en Amérique latine, qu’il découvre en tant que VSN en Colombie. Puis en Afrique, où il rejoint l’IRCT en tant que généticien sur la station de Bébedjia au Tchad, au début des années 70, en compagnie de B. Cateland, Y. Le Meur, J. Fournier, J.M. Dick et M. Vaissayre.

En 1975, Bernard est affecté à la section de génétique de l’Institut des savanes sur la station de Bouaké, en Côte d’Ivoire, en remplacement de P. Kamacher. C’est dans ce pays qu’il rencontre Suzy, avec laquelle il se marie en 1976. En 1981, il soutient une thèse (que Suzy se rappelle avoir dactylographié) sur l’étude de la descendance de lignées d'addition et l'utilisation de l'aneuploïdie pour l'amélioration du cotonnier. Certains se souviennent de sa maîtrise de l’analyse des croisements diallèles, avec la programmation des calculatrices HP par bandes magnétiques. A cette époque, il travaille notamment avec A. Angelini, M. Déat, M. Vaissayre, M. Crétenet, T.-B. Nguyen et ses collègues ivoiriens E. Koto et E. Nguessan. Avec S. Goebel, il s’intéresse aux caractères génétiques d'intérêt agronomique.

Bernard a été à l’origine de la création de plusieurs variétés de cotonnier, notamment ISA 205C, une des premières variétés au monde à fort rendement à l’égrenage et qui a donné sa marque au coton africain, puisque tous les pays de la sous-région en ont bénéficié. Bernard s’est également beaucoup investi dans le développement de variétés « glandless », dont la farine a été utilisée pour la complémentation de l’alimentation infantile. A leur apogée, au milieu des années 90, ces variétés ont couvert plus de 300 000 ha en Côte d'Ivoire, au Mali, au Burkina Faso et au Bénin. Bernard a également contribué à la diffusion de connaissances, à la formation et à l’encadrement de nos partenaires africains. On lui doit notamment les réunions des sélectionneurs coton, qui ont jeté les bases d’un réseau régional de chercheurs coton, et les éditions annuelles du fameux catalogue variétal du cotonnier, en liaison avec le Coraf, qui ont valorisés les travaux de sélection et probablement beaucoup aidé les sociétés cotonnières. Au départ à la retraite de M. Buffet, Bernard le remplace comme directeur de la division de génétique de l’IRCT. Parallèlement, devenu un membre très actif de l'aéroclub de Bouaké, adepte de voltige, il ira même jusqu’à piloter à deux reprises un avion depuis la France vers la Côte d’Ivoire, en compagnie de G. Soubrier.

En 1990, après plus de 15 années ivoiriennes, il quitte ce pays avec sa famille pour une affectation à Montpellier en tant qu'adjoint de M. Jacquot à l'unité de recherche Amélioration des plantes du Cirad-CA. Il participera au recrutement de quelques jeunes chercheurs et chercheuses et aura l’occasion de faire de nombreuses missions en Asie, en Afrique et en Amérique. Successivement adjoint du chef du programme coton puis responsable de l’UR Qualité et productions cotonnières, Bernard a pris sa retraite en octobre 2007.

Pour citer un ancien collègue, « Bernard avait une vraie grande qualité : sa concision. En quelques mots il avait ce don d'exprimer, sans bavardage, une idée complexe ». Derrière ses lunettes, son demi-sourire et son ironie se dissimulait un homme fiable et compétent, humble et discret, cultivé et peintre autodidacte. Fortement handicapé depuis plusieurs années suite à un AVC qui limitait ses déplacements et son autonomie, Bernard était fier d’avoir pu néanmoins, à force de courage et de détermination, aller rendre visite à son fils en Corée. Et malgré son handicap, il n’avait pas perdu son humour pince-sans-rire, qui fît grincer quelques dents, ni son goût pour la peinture. En 2015, il avait même édité un petit recueil de ses toiles, dont l’une, titrée Le champ de coton, était légendée « Au nord du Cameroun, un village au toit de chaume… Le coton est mûr, prêt à être récolté… Les fleurs roses du pied d’éléphant sont écloses ». Après plusieurs séjours à l’hôpital ces derniers mois, il s’est éteint à l’Ehpad de Malbosc à Montpellier. Il a été incinéré dans l’intimité familiale le 19 mai entouré de ses proches. En notre nom collectif, nous adressons nos sincères condoléances et nos amicales pensées à son épouse, ses enfants et petits-enfants.

Nous vous invitons à découvrir Bernard Hau peintre autodidacte, à lire le témoignage de Sylvie Lewicki et à regarder les photos ci-dessous.

 Cliquer sur la photo pour l'agrandir et lire sa légende avec le pointeur

1 départ retraite 10 2007RT 2 départ retraite10 2007RT Bernard Hau 3 dans champ coton 2RT

Hau


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