Gerrit Uilenberg

Gerrit Uilenberg est décédé le 2 avril 2020. Né le 14 mars 1929 dans un petit village à l’est des Pays-Bas, son père était directeur d’école primaire. Il obtient son baccalauréat juste après la fin de la guerre puis poursuit des études vétérinaires à Utrecht. 

Gerrit Uilenberg

Il part ensuite pendant 5 ans au Soudan où il rencontre Harry Hoogstraal, « pape » des tiques, qui influencera probablement son orientation scientifique. Il retourne ensuite aux Pays-Bas où il pratiquera quelques mois la clientèle. En 1961, il est recruté à l’IEMVPT par son directeur René Sauvel qui l’affecte à Madagascar pour y développer des recherches sur les tiques. Il y restera 8 ans et y rencontrera sa femme Lucienne avec qui il aura 3 filles.

Il effectue ensuite, en 1969, en RCA un séjour écourté en raison de la situation politique. Entre 1970 et 1972 il collabore à Maisons-Alfort avec Jacques Itard à des travaux de recherche sur les glossines. Il soutient à Utrecht, en 1972, un PhD sur les tiques et les maladies transmises à Madagascar. Il en tirera quelques années plus tard un ouvrage, qui fait encore autorité.

L’Afrique et le terrain lui manquent trop et il part 4 ans pour la FAO dans un projet sur le contrôle des tiques en Ouganda puis en Tanzanie. Puis il rentre pendant 12 ans à Utrecht comme professeur à la Faculté vétérinaire. En 1988, c’est le retour à sa « famille » (son expression) à Maisons-Alfort et à l’IEMVT (qui devient le Cirad-Emvt) en tant que directeur scientifique pour la santé animale, aux côtés de Gérard Matheron, alors directeur scientifique pour les productions animales. Avec Pierre-Charles Lefèvre, il donne alors une impulsion considérable à la santé animale au Cirad en lui ouvrant de nombreuses portes aux niveaux européen et international. Avec Emmanuel Camus et Nicolas Barré, il appuie les travaux démarrant en Guadeloupe et aux Antilles sur la cowdriose et ses vecteurs en collaboration avec les universités d’Utrecht et de Floride. Il prend sa retraite en 1995 en Corse à Cargèse où Lucienne retrouve ses racines familiales.

Gerrit Uilenberg a connu une vie professionnelle particulièrement riche, avec une reconnaissance internationale pour ses recherches et ses très nombreuses publications (244) sur les tiques et les maladies transmises par les tiques ainsi que sa participation à de nombreux ouvrages scientifiques.

Il était membre de comités de lecture pour des revues internationales, il a réalisé de nombreuses expertises en Afrique – comme à Madagascar au début des années 2000, à la recherche des tiques vectrices de la peste porcine africaine qui venait d’être introduite dans l’île. Il a enseigné aux Pays-Bas et en France et, jusqu’à la fin de sa vie, a contribué à des publications et encadré des thèses avec enthousiasme et bienveillance. Pendant douze ans lors de sa retraite il a animé une Newsletter sur les tiques et les maladies qu’elles transmettent (ICCTD) diffusée dans le monde entier et qui informait bien sûr mais surtout maintenait un lien très fort entre tous les membres de cette communauté. Il a aussi mis à profit sa retraite pour publier de nombreuses synthèses.

Il faisait partie de cette génération presque disparue de naturalistes connaissant aussi bien les maladies et leurs vecteurs que leur environnement et avant tout passionnés par l’Afrique. Il illustrait aussi à la perfection ces chercheurs complets alliant recherche de qualité, publications nombreuses, goût du terrain et du concret au travers d’expertises, transmission du savoir, empathie avec tous ses interlocuteurs.

Homme convivial, ouvert, chaleureux et souriant, heureux et désireux de partager son bonheur, toujours accueillant avec Lucienne comme peuvent en témoigner les nombreux amis et collègues qui venaient leur rendre visite à Utrecht, à Maisons-Alfort ou à Cargèse. Gerrit a été accompagné avec dévouement et courage par Lucienne qui s’est adaptée à toutes ces affectations, voyages, changement de pays, de modes de vie et de langues. Gerrit est décédé dans la nuit du 1er au 2 avril dans leur maison de Cargèse.

 




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