Présentation d’ouvrage par Robert Schilling

 

Manioc vernier OK pour site

 Le manioc,
entre culture alimentaire et filière
agro-industrielle

 

Philippe Vernier, Boni N’Zué, Nadine Zakhia-Rozis 

 

Editions Quae, CTA,
Presses agronomiques de Gembloux

 

Février 2018, 232 p.

 

Ce livre présente, sous une forme synthétique et pratique, l’ensemble des connaissances actuelles sur la filière manioc, depuis la plante, les techniques culturales et les utilisations et transformations du produit, jusqu’aux divers débouchés tant dans les pays producteurs que sur les marchés internationaux.

Le manioc, originaire du Brésil, est un aliment de base pour plus de 800 millions de personnes dans les zones tropicales, dont 500 millions en Afrique où le manioc reste une culture stratégique pour la sécurité alimentaire car aisément cultivable et peu exigeante en intrants. Sa récolte s’étale sur une longue période, facilitant ainsi l’accès au produit à mesure des besoins. A côté des systèmes traditionnels, on assiste, notamment en Asie du Sud-Est –qui assure 95% des exportations mondiales – au développement de méthodes de production plus intensives orientées vers les industries de transformation (aliments du bétail, amidon, glucose, bioplastiques) des pays importateurs, dont la Chine – de loin le principal –, le Japon et la Corée du Sud.
La plante (botanique, diversité génétique, morphologie et croissance, amélioration variétale), les contraintes du milieu (climat, besoins en eau, conditions édaphiques, nutrition minérale) et les problèmes phytosanitaires (viroses, affections bactériennes, nématodes, insectes et acariens) sont décrits en termes clairs, à l’attention tant du producteur que de l’agronome. L’agriculture du manioc est caractérisée par une propagation végétative dominante. Le bouturage, le calendrier cultural, la gestion de l’enherbement, la fertilisation – encore peu pratiquée –, la récolte, le transport et le stockage d’un produit pondéreux et fragile, sont très variés. Les auteurs ont illustré cette diversité en présentant quelques exemples caractéristiques, depuis la culture itinérante en zone forestière, puis les systèmes d’intensification croissante rencontrés au Bénin, en Nigeria et au Vietnam, caractérisés par le raccourcissement progressif et la disparition des jachères, et jusqu’aux systèmes de culture industrielle à grande échelle, en voie d’extension, au Brésil notamment. Les utilisations du manioc sont commandées par deux principales contraintes : la teneur élevée en eau de la partie comestible (70 % de la chair de la racine épluchée), d’une part, et la présence de composants antinutritionnels et toxiques, d’autre part. Ces facteurs sont maîtrisés par la mise en œuvre de toute une gamme de méthodes préventives et curatives, traditionnelles ou industrielles, intégrées dans des « chaînes de valeur » du manioc qui conduisent aux diverses préparations proposées à la consommation. L’appui de la recherche est sollicité pour apporter des solutions aux problèmes rencontrés par la filière.