Frédéric Descroix

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre collègue et ami Frédéric Descroix, survenu dans sa 72e année el 20 août 2021.

Né le 15 juillet 1950 à Saint-Thibault, ses parents étaient agriculteurs et avaient cinq enfants. Après un Bac Pro, un Bac Techno et un BT, Frédéric fit un stage de deux semaines au Cirad-Ceemat en 1971, puis une formation de cinq mois en gestion financière et comptable des exploitations agricoles au Centre de gestion agricole de Haute Normandie. Il obtint enfin deux diplômes supérieurs d’ingénieur : le diplôme de l’Institut supérieur des techniques d’outre-mer (ISTOM) au Havre et le diplôme d’études supérieures des techniques d’outre-mer (DESTOM en agroéconomie tropicale).

En janvier 1973, Frédéric est recruté par l’IRCC en République de Côte d’Ivoire, à la base de multiplication et de vulgarisation (BMV) de Zagné : il est chargé d’expérimentations en agronomie, phytotechnie, sélection et multiplication végétative sur le caféier et le cacaoyer pour la Satmaci (Société d'assistance technique pour la modernisation de l'agriculture en Côte d'lvoire).

De 1975 à 1979,  il est affecté par le Cirad-IRCC en République centrafricaine comme responsable de l’expérimentation et de la multiplication pour : la création et le management de deux centres de multiplication caféière, la conduite d’un programme d’expérimentation café en agronomie, phytotechnie et sélection ; il est chargé de la formation des agents de vulgarisation agricole du projet de développement café de l’Adecaf (Agence pour le développement de la caféiculture) et il participe aussi à la formation en agriculture spéciale des élèves de l’IUTA (Institut universitaire de technologie agricole) de Mbaïki.

De 1979 à 1984, au Togo, Frédéric a poursuivi dans ce domaine comme responsable des services de production et vulgarisation à la Société nationale pour la rénovation du café et du cacao, un projet sur financement Banque mondiale/CCCE/FAC à Kpalimé, puis directeur des opérations agricoles de 1985 à 1987, œuvrant avec toute son énergie à la relance des filières café et cacao de ce pays.

Pendant 7 ans (1988-1994), il a dirigé le projet Mumirwa pour le compte du Ministère de l’agriculture du Burundi et en collaboration avec l’OCIBU (Office du café du Burundi) travaillant infatigablement au développement de la filière café du pays, à la production des cultures alimentaires, l’amélioration de l’élevage et l’aménagement des versants des collines, jusqu'à son départ précipité lié aux évènements que le pays a connu en 1994.

De 1995 à 2002, Frédéric a été affecté à Montpellier, au département des cultures pérennes, au sein du programme café : chargé de recherches en appui au développement et à la recherche en milieu réel, effectuant des missions de consultation dans de nombreux pays producteurs de café et de cacao (Afrique et Caraïbes, Nouvelle-Guinée, Vietnam, Guinée, Burundi), pour apporter son expertise en matière de cultures pérennes et en appui aux structures nationales de recherche et développement agricole.

De 2002 à 2007, il est affecté à La Réunion au sein de l’UMR Qualisud (département Persyst) coordonnateur du projet café Bourbon pointu à La Réunion, responsable du programme de recherches (Cirad-IRD) sur le caféier Bourbon pointu. Pendant cette période, il a participé aux projets « Références » sur la filière café, à La Réunion et en Haïti.

De 2007 à 2016, Frédéric a continué sa carrière à l’île de La Réunion comme coordonnateur du projet de recherches sur les filières cultures pérennes de diversification à haute valeur ajoutée (café, cacao, poivre) et en tant que directeur de la Société coopérative agricole Bourbon Pointu : il a ainsi accompli un formidable travail pour « ressusciter » le café Bourbon Pointu dans l’île en visitant un grand nombre de fermes pour retrouver et sélectionner des pieds-mères à très hautes performances quantitatives et qualitatives, et en travaillant avec un groupement de paysans et paysannes réunionnais afin de sélectionner les meilleurs terroirs pour sa culture. Il a travaillé à la mise au point d'un procédé de transformation qui exprime au mieux les caractéristiques qualitatives du Bourbon Pointu. Frédéric a fortement contribué à faire reconnaitre internationalement ce café, l'un des plus chers au monde en raison de ses qualités exceptionnelles à la tasse. Il rédigea 140 publications, consultables dans la base Agritrop.

Rappelons enfin que Frédéric est resté impliqué pendant 10 ans comme bénévole auprès de l'association des cacaoculteurs de La Réunion (les criolloculteurs comme ils se désignent !): ils lui ont rendu un bel hommage pour la réussite de leur aventure commune, celle d’avoir réalisé à La Réunion un cacao d’excellence par la relance de la variété Criollo. Selon sa philosophie, c’était un projet fait par et pour des agriculteurs afin qu’ils en tirent les bénéfices.

Frédéric était un homme énergique et passionné par le monde paysan, monde dont il venait. Une fois à la retraite, à partir de fin 2016, Frédéric a continué à utiliser son énergie à développer la filière cacaoyère de l’Ile de La Réunion à partir de cacao criollo. Nos pensées amicales et solidaires pour saluer sa mémoire s'adressent à sa famille et notamment à ses enfants Aurélie et Michaël et ses trois petites filles Enora, Ambre et Inaya.


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