Début 1962, neuf moines bénédictins de l’abbaye sarthoise de Solesmes sont envoyés pour la fondation d'un monastère en Afrique de l'Ouest, ou en Guinée ou au Sénégal. Leur travail manuel (une des règles de la vie monacale) sera consacré à l’agriculture, d'où leur objectif d'un projet agricole devant orienter le choix du pays d’accueil. Des contacts pris en 1961 avec l'Évêché de Dakar avaient suggéré un établissement dans la presqu'île du Cap Vert et sa partie orientale, au piedmont de la montagne de Thiès. ­­­­

Sur la base de critères agronomiques (eau, sol, plante et climat), agro-alimentaires et agro-économiques (notamment la proximité de Dakar pour le débouché de leurs produits), ils retiennent une implantation à Keur Moussa, « Maison de Moïse » en wolof, près de Sébikhotane à une cinquantaine de kilomètres de Dakar.

Afin de préciser leurs thèmes d'action ils se rendent notamment au Centre national de recherches agronomiques de Bambey. Ils y sont reçus par René Tourte qui leur suggère deux orientations :

             - L'embouche des bovins en transit de l'intérieur du pays vers les abattoirs de Dakar, animaux amaigris et auxquels quelques semaines de bonne nourriture (cultures fourragères) pourraient en accroître fortement le poids et la valeur ;

            - La production fruitière grâce à un verger rationnellement conduit.

Les moines opteront pour cette deuxième voie qui conduira à une remarquable production de mangues, oranges, mandarines, pamplemousses, qu'accompagneront fromages de chèvre, poulets de chair ....

Sur un terrain appartenant à l’Évêché de Dakar et mis à la disposition des moines par l'Archevêque, Monseigneur Lefebvre, des travaux considérables sont entrepris, et les choses ne traînent pas : le 25 juin 1962, c'est la bénédiction de la première pierre, puis l'arrivée progressive des fondateurs début février 1963.

En 1984, le monastère de Keur Moussa devient abbaye et le RP. Philippe Champetier de Ribes (décédé en 2006) est son premier abbé. Le 8 mai 2000, le RP. Ange-Marie Niouky, Sénégalais, lui succède.

Dès les premières années, les moines cherchent à valoriser, dans les liturgies, d’authentiques instruments africains comme le Balafon, le Djembé et surtout la Kora des moines de Keur Moussa, autorisés en cela par le Concile Vatican II de l’an 1963, qui déclarait que « désormais, en matière de musique liturgique en Afrique, on accordera aux traditions musicales locales l'estime qui leur est due et la place convenable ». (Un petit clin d'œil à Monseigneur Lefebvre opposé au Concile de Vatican II). En 1967, les prêtres de Keur Moussa, avec l'aide de quelques professionnels, tentent l’édition d’un premier disque, composé de six chants en wolof et quelques psaumes en français. Accueil très favorable en France. Depuis cette date, la musique des moines de Keur Moussa connait un succès grandissant, faisant de cette Abbaye un des centres les plus importants de la musique liturgique africaine.

La dimension culturelle africaine de la musique de Keur Moussa est unique, une musique transcendée par les chœurs de moines et par la kora, un instrument qui inspire de nombreux poètes.

L’Adac est heureuse de vous faire découvrir ou redécouvrir cette musique, en même temps que cette abbaye où les moines pratiquent de façon remarquable l'arboriculture, l'élevage et l'agroalimentaire mais aussi fabriquent des koras et produisent des CD.

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KeurMoussa

 


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