J'ai écrit ce poème pour un concours de poésie très coté dont le thème imposé était la terre et l’univers. Ces concours sont anonymes pour le jury. Après ma conférence sur le climat, ce poème témoigne que si je suis, comme on dit, climato-sceptique, je n’en n’ai pas moins un grand respect des choses de la nature et ne suis pas indifférent aux dégradations de notre milieu naturel.

Roger Bertrand 30/11/2016

Terre au ventre arrondi comme une femme enceinte
Je t’ai bien observée et parfois je t’ai peinte
Portant la mer de blé des plaines, des plateaux.
Dans la forêt profonde et les déserts si chauds
J’ai voulu décrypter ta secrète ordonnance
Et comprendre tes lois, gommer notre ignorance.

Pendant plus de trente ans que n’ai-je parcouru
De savanes en feu dans l’espoir d’un recrû,
De paluds fiévreux, de plaines enherbées,
D’espaces infinis. À grandes enjambées
J’ai glané brin par brin un peu de vérité
Et j’en ai retenu, seule, l’humilité.

Puis je t’ai vénérée avec ce que tu donnes
Sans regretter jamais lorsque tu t’abandonnes.
Je t’ai gratté le ventre et soulevé, parfois,
Le voile où se cachent ton histoire et tes lois
Et je n’ai découvert rien que de la tendresse
Et le plaisir d’offrir à nous tous ta richesse.

J’ai regardé toujours avec honnêteté
Pour ne rien voir en toi que prodigalité.
Et maintenant voilà qu’apparaît la menace
Qu’inconsidérément les êtres de ma race
Font planer sur leur mère avec leur âpreté
À gaspiller sans fin sa générosité.

Terre, pardonne-nous, Terre que tant j’honore,
Des maux que nous causons ! Terre je t’en implore !
Excuse-nous ! Comprends ! Oui ! Nous allons tenter
D’être plus conscients, ne plus te dévaster
Faire le maximum pour te garder intacte
Pour tes futurs enfants. Nous signerons un pacte.

Roger Bertrand