La première journée des « Rencontres 2017 » s'est déroulée le 3 juillet 2017, de 8 h 30 à 14 h, au Cirad. L'Adac y tenait un stand situé dans le hall d’accueil, dont la permanence fut assurée par : Jacques Chantereau, Jean-Pierre Gaillard, Francis Ganry, Jean-Pascal Pichot et Georges Raymond.rencontres2017a

La première partie de la matinée fut consacrée au discours du PDG que nous avons pu voir et entendre en streaming, de notre stand, grâce à une installation informatique avec grand écran et sono prêtée par un agent de la DSI Cirad que nous tenons à remercier. A notre surprise, seulement deux questions importantes (professionnellement s’entend) furent posées par Jean-Pascal Pichot et Régis Peletier, car toutes les autres portèrent sur la parité hommes/femmes au Cirad ­- sujet dans l'air du temps, c'est vrai, mais nous aurions aimé que le PDG étaye ses propos par des chiffres ! -, les salaires, le comité d'entreprise... Rien sur les flux migratoires vers l’Europe et l’enjeu qui en découle pour le Cirad, à savoir l’extrême urgence de promouvoir une agriculture qui inciterait les autochtones à ne pas migrer : une carte à jouer pour le Cirad pour promouvoir cette agriculture. Le seul élément positif ressorti des discours du PDG et du DS a été la nécessité de l’émergence d'une approche filière, mais rien sur les acquis dans ce domaine... mais nous devons avoir espoir dans la jeune génération si j'en juge par les questions d'une jeune dame chercheur venue nous questionner sur l'histoire du Cirad pour en savoir plus sur les acquis.

A notre stand, nous avons projeté en continu les films de Guy Loynet, Georges Blaha et Jacques Chantereau qui ont attiré inévitablement l'attention des participants vu que nous étions bien situés. Mais le centre d’intérêt des chercheurs et autres agents en dehors de ceux qui étaient en salle de conférence, était ailleurs, au théâtre de verdure, où jouait un orchestre avec danseurs sur la piste de danse, où chantait la chorale du Cirad...

La seconde partie de la matinée fut consacrée au projet MUSE. Jean-Pascal Pichot nous en fait un résumé. 

La présentation faite par François Pierrot a clairement fait apparaitre l'ambition et les atouts du consortium d'établissements de recherche et d'enseignement qui a conçu et porté ce projet, qui place maintenant Montpellier dans la cour des grands pôles scientifiques internationaux comme Wageningen.

Des précisions sont attendues sur les unités de recherche des établissements multisites (comme l'Inra, l'Ifremer…) qui entreront dans MUSE. Pour le Cirad ce sera une très grande partie du dispositif à l'exception des unités des Antilles-Guyane semble-t-il.

D'autres questions se posent sur les relations entre MUSE et d'autres structures coopératives préexistantes comme Agropolis, Agreenium... dont les rôles et prérogatives devront sans doute être revus à la baisse.

Deux chantiers conditionnent, semble-t-il, l'avenir de MUSE au-delà des deux premières années :

- convaincre les chercheurs « publiants » d'afficher dès maintenant dans leurs coordonnées professionnelles leur appartenance à MUSE pour que le nouvel établissement apparaisse dans les moteurs de recherche ;

- convaincre les écoles entrant dans MUSE de s'engager sans tarder dans un processus de rapprochement juridique de leurs statuts.

Des craintes ont été exprimées dans l'assistance sur le risque d'une perte de visibilité du Cirad vis-à-vis de nos partenaires.

Jean-Pascal Pichot et Jean-Pierre Gaillard ont rencontré ce même jour Michel Eddi et François Pouget pour faire le point annuel sur le fonctionnement de la convention Adac-Cirad. Un compte rendu plus détaillé sera fait dans la lettre de l’Adac.

IMG 3223rtPour notre première sortie de l’année 2017, nous nous sommes retrouvés le 25 avril vers 10 heures 30 à l’entrée des Carrières de Lumière aux Baux-de-Provence. Suite à des désistements de dernière minute, nous n’étions que 19 pour la visite ce qui ne nous permettait pas de bénéficier d’un tarif de groupe. Avec sa réactivité et sa force de conviction, Jean-Pierre Gaillard a persuadé deux touristes de se joindre à nous pour avoir droit aux réductions attendues.IMG 3244rt

 Le site de la carrière est imposant avec une entrée monumentale taillée dans le calcaire. Une fois à l’intérieur, nous avons été plongés dans une immense nef minérale et sombre au sol damé. Des cubes rocheux non évidés en constituent les piliers. Ce sont sur leurs surfaces et celles des parois de la carrière que sont projetés des tableaux d’une thématique qui changent chaque année. Dans notre cas, le spectacle présentait des peintures de Bosch, de Arcimboldo et de la dynastie des Bruegel. Le foisonnement et la vivacité des thèmes peints par ces artistes, la multiplicité des projections, l’originalité du fond sonore fait d’extraits de Carmina Burana, des Quatre Saisons de IMG 3241rtVivaldi, des Tableaux d’une Exposition de Moussorgsky ou encore des morceaux de Led Zeppelin, tout cela, nous a plongé dans un univers fantasmagorique.

Nous sommes restés une bonne heure à voir le spectacle qui passait en continu. Au besoin, nous pouvions nous assoir sur des bancs taillés dans la roche et nous concentrer sur les images qui faisaient face. 

IMG 3228rtAu fond de la carrière, des rampes montantes constituent comme un chevet permettant de contourner en surplomb le chœur de la nef. Au fil de ce parcours, les perspectives changeaient mais les images projetées restaient toujours fascinantes par l’étrange imaginaire de la Renaissance qu’elles nous donnaient de voir. Pour ma part, j’ai regretté que des explications orales n’aient pas été apportées en préambule au spectacle. Elles nous l’auraient rendu plus informatif. 

 

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Nous nous sommes satisfaits de sensations visuelles et musicales facilement accessibles à divers publics comme celui des écoliers ou des touristes étrangers nombreux à faire la visite. Comme nous étions en début de saison, l’affluence était contenue mais il doit en être différemment en plein été avec, en plus, l’attractivité des températures fraiches du lieu. 

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Latéralement à la carrière, se trouve à gauche de l’entrée une sorte d’annexe tout aussisi monumentale mais essentiellement à ciel ouvert. Nous y avons vu un intéressant film sur la vie de Jean Cocteau qui a tourné aux Baux-de-Provence des scènes de son film Le Testament d'Orphée.

 

 

 

IMG 3262rtAprès les satisfactions visuelle et sonore, un déjeuner nous attendait au restaurant « O Caprices de Mathias » à l’entrée de Saint-Rémy-de-Provence. Les difficultés à nous y rendre ayant été surmontées, nous avons profité du repas dans une ambiance sympathique et non rancunière d’un changement de dernière minute du menu. Cette modification due à un raté de livraison de la commande faite par le restaurant, a permis de tester notre sens de l’adaptation aux imprévus développé sous les tropiques.

 

 

Après ces conviviales péripéties, les plus courageux sont allés visiter Saint-Rémy tandis que les autres ont pris le chemin du retour.

Pour cette dernière sortie avant la trêve estivale, nous nous sommes retrouvés, le 1er juin 2017, pour deux visites « archéologiques ».
Le matin, nous avons visité le village préhistorique de Cambous sous la conduite d’un jeune archéologue aussi compétent qu’enthousiaste et communicatif. Datant de l’ère chalcolithique (âge du cuivre), au troisième millénaire avant notre ère, le site se compose de quatre groupes de cabanes en pierres sèches originellement recouvertes d’une toiture végétale.

La couche archéologique, d'épaisseur irrégulière, a livré du mobilier composé de céramiques, de déchets de débitage de silex, de déchets de cuisine et d'un très rare outillage en métal (cuivre). Une cabane a été reconstituée, permettant d’illustrer le cadre de vie de ces lointains languedociens qui pratiquaient déjà l’agriculture et l’élevage dans un milieu naturel encore préservé, dont la garrigue actuelle constitue une forme dégradée. Les restes de constructions sont réduits à la base des murs, d’une hauteur d’un mètre en moyenne, la superstructure ayant été détruite par l’érosion ou ayant servi à alimenter les fours à chaux au fil des siècles. Ces « cabanes » n’avaient pas encore les formes géométriques des constructions ultérieures ; l’ensemble est constitué de cellules ovalaires, coalescentes, à parois très épaisses, de grandes dimensions, qui laissent présumer un habitat collectif dont il ne subsisterait que le squelette minéral, suffisamment suggestif toutefois pour susciter l’émotion du visiteur près de cinq millénaires plus tard. On ne trouve pas trace de fortifications ni d’édifices dédiés au culte, aux sépultures ou à une quelconque classe dirigeante. Ce sont les trous à déchets, comme souvent, qui ont livré les restes les plus révélateurs de la vie quotidienne de ces populations, que nous découvrons très proches de nous.

Après un repas convivial et reconstituant, comme d’habitude à l’Adac, l’après-midi fut consacrée à la visite du Musée d’arts (notez le pluriel !) et d’archéologie des Matelles, localisé dans la prestigieuse Maison des Consuls, magnifiquement restaurée. Une première section présente les objets recueillis sur les divers sites archéologiques de la région, dont le plus émouvant : une vertèbre humaine percée d’une pointe de flèche en silex... Un équipement pédagogique (bornes interactives) permet de situer ces pièces dans leur contexte et de visionner les techniques (reconstituées) des potiers, métallurgistes et fabricants d’outils contemporains des habitants de Cambous.

Une autre section du musée est consacrée à des expositions temporaires d’art contemporain, sans doute pour susciter un effet de contraste, mais l’art contemporain ne puise-t-il pas son inspiration dans les arts dits premiers ?

Robert Schilling

Ci-dessous quelques photos légendées (placer le pointeur de la souris sur la photo pour lire la légende), prises lors de cette journée. Cliquer sur la photo pour l'agrandir                                                              
 
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