photothequeLa photothèque vient de s'enrichir de 120 nouvelles photos et a maintenant 2300 images en dépôt.

Pour une fois, ce n'est pas un pays africain qui occupe le haut du podium des pays les plus représentés dans ce nouvel apport, mais c'est le Brésil de la fin des années 80 (24 photos) grace à la contribution de Michel Lecoq. Ce pays est suivi de l'Indonésie (21 photos venant essentiellement de Georges Blaha), du Mali (20 photos) puis du Cameroun (14 photos dont de nouvelles images de P. Bruneau de Miré de l’ascension du Mont Cameroun dans les années 70).

Dans le reste des photos encore mises en ligne, se trouvent quelques photos du nord du Niger que nous a confiées P. Jouve. Ce dépôt amorce une prochaine plus importante contribution de sa part sur l'Aïr, ce massif montagneux proche d'Agadez qui, avec ses oasis, a envoûté toux ceux qui ont pu y travailler ou le visiter et qui, aujourd'hui, nous est interdit sans escorte militaire.

Le problème de la sécurité alimentaire mondiale ne se pose pas uniquement en termes quantitatifs et la productivité de l’agriculture n’est pas seule en cause. La conférence donnée par Patrick Caron, du Cirad, dont il est rendu compte ci-après, traite de ce sujet et présente les stratégies mises au point pour que les humains, et notamment les plus démunis, voient leur alimentation durablement améliorée. L’information apportée dans le cadre de cette conférence est en parfaite cohérence avec celle donnée lors d’une récente séance publique du Conseil scientifique du Cirad, organisme français intervenant à l’international, qui devra s’adapter à ce nouveau contexte. Ce souci a été exprimé très nettement par le PDG, Michel Eddi, dans l’exposé qu’il a prononcé lors de la dernière Assemblée générale de l’Adac, le 23 janvier 2018. Le chantier est ouvert. 

Il convient tout d’abord de situer la genèse et la vocation de ce groupe d’experts internationaux. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté par la FAO et qui engage l’ensemble des pays membres, inclut 17 objectifs de développement durable qui détermineront les politiques nationales de développement pour les 15 prochaines années. De l’élimination de la pauvreté et de la faim, aux réponses face aux changements climatiques et à l’exploitation de nos ressources naturelles, l’alimentation et l’agriculture sont au cœur du Programme 2030. En 2010, le Comité des Nations unies pour la sécurité alimentaire mondiale a créé un Groupe d'experts de haut niveau (HLPE) pour alimenter débats et négociations politiques à partir d'un examen critique des connaissances disponibles sur des thématiques données. Ainsi, appropriation foncière, volatilité des prix, climat, ressources hydriques, élevage, systèmes alimentaires, agricultures familiales ont entre autres fait l’objet de rapports, au nombre de dix à ce jour. Cette innovation montre l’importance de l'enjeu et les difficultés d'articulation entre communautés scientifiques et politiques pour instruire les questions cruciales à l'échelle internationale. Le fonctionnement original de ce système d'expertise collective a été présenté et discuté.

Patrick Caron a donné la mesure du problème de l’insécurité alimentaire mondiale : plus de 800 millions d’humains souffrent de la faim, dont 54 % en Asie du Sud-Est et 28 % en Afrique sub-saharienne – en majorité parmi les paysans pauvres –, alors que le disponible alimentaire ne cesse de croître. Le problème se situe au niveau de l’accès de tous à une nourriture de bonne qualité plus qu’au niveau quantitatif global. Les prévisions malthusiennes ont été démenties, puisque le disponible alimentaire per capita a augmenté depuis 1960 malgré la forte croissance démographique ; selon certaines estimations, cette croissance pourrait voir la population mondiale plafonner à 12 milliards d’ici la fin du présent siècle. L’offre de nourriture existe, mais elle est mal distribuée et mal adaptée. Aux 800 millions d’humains exposés au manque de nourriture, s’ajoutent 2 milliards qui souffrent de carences en nutriments et 2 milliards d’individus en surpoids du fait de régimes alimentaires déséquilibrés. Cette dernière catégorie est en forte croissance, décuplée dans le courant des 40 dernières années. Le représentant de la FAO, à ce sujet, met en cause les multinationales de l’industrie agroalimentaire, largement responsables selon lui de la « malbouffe » ambiante. Les émeutes de la faim de 2008, que nous n’avons pas su prévoir, ont provoqué une prise de conscience : il s’agit désormais de revoir les relations entre production agricole, alimentation, développement social, maîtrise des marchés et maîtrise de la santé des écosystèmes. La gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale devra être revue, et le rôle de la science redéfini dans cette optique globale. Il faudra établir de nouvelles relations entre science et société, et pour cela « hybrider les savoirs » dans une approche interdisciplinaire, nouvelle vision stratégique comparable à celle mise en œuvre par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) face au problème du réchauffement climatique. Le HLPE, interface science-politique du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale, est chargé de recenser et d’analyser les connaissances utiles, en amont, et d’alimenter les filières d’aide à la décision, en aval, afin de mieux répondre aux objectifs du développement durable de la FAO. La recherche agronomique devra se redéfinir et élargir ses partenariats pour construire une offre scientifique adaptée à cette nouvelle approche, qui dépasse nos clivages académiques traditionnels.

Robert SCHILLING

monique barbronCette histoire vraie se passe dans les années 1970 à l’IEMVT qui était installé dans l’enceinte de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Nous avions, et nous avons toujours au Cirad, un élevage de glossines, mouches propagatrices de la maladie du sommeil. On cherchait un moyen de lutter contre cette maladie qui fait des ravages en Afrique tant chez les animaux que chez les hommes. Après différents essais négatifs, il fut décidé d’étudier la composition de l’hémolymphe – qui, chez les insectes, remplace le sang – des glossines.

Nous étudiâmes plusieurs procédés pour obtenir de l’hémolymphe pure et celui qui s’avéra positif fut de prélever celui de l’abdomen des mouches.glossines dans les niayes

Je fus chargée de faire ce travail qui consistait à attraper une glossine dans un tube à essai avec un peu de chloroforme. Ensuite, je pratiquais deux petits trous minuscules dans l’abdomen. Dans l’un d’eux, je recueillais, dans le meilleur des cas, deux microlitres (µl) environ d’hémolymphe mis tout de suite dans un petit tube plongé dans la glace et, dans l’autre trou, j’injectais deux µl de sérum physiologique en utilisant une seringue faite spécialement avec une aiguille super fine. Les glossines supportaient très bien ce traitement et ne mourraient pas.

Lorsqu’il y avait des groupes qui venaient visiter l’institut, bien sûr, on leur faisait voir la salle d’élevage des glossines.

Un jour, alors que je faisais mes prélèvements, arrive un groupe avec le docteur Pagot qui était notre directeur. Il donna des explications sur l’élevage mais je voyais qu’une des personnes avait l’air fasciné par mon travail. Il me demande lorsque le docteur Pagot eut fini son explication :

« Vous faites une récolte d’hémolymphe en piquant les pattes des mouches ? »

Interloquée, je ne réponds pas tout de suite et le docteur Pagot en veine d’humour lui dit :

« Mais oui, elle fait des prises d’hémolymphes dans la patte. »

Le visiteur de me demander :

« Et vous faites cela sans loupe, sans microscope, c’est formidable ! »

Je lui réponds :

« Oh vous savez, j’ai une bonne vue et c’est une question d’habitude. »

Le groupe est reparti avec un visiteur persuadé que je faisais des prises de sang dans les pattes des mouches.

Le docteur Pagot m’a dit :

« Ah, on les bien eu. Faut-il être naïf pour croire cela ! »

Cette histoire de pattes de mouches et de prélèvement a fait le tour du laboratoire et est restée dans notre bêtisier.

Monique Barbron

Le label national CollEx pour Collections d'Excellence pour la recherche vient d'être attribué au Cirad pour sa collection documentaire historique pour une durée de 5 ans (2018-2022) reconductible.

Enfin une belle reconnaissance au niveau national du travail de mémorisation et de numérisation des collections historiques du Cirad et de ses instituts !

Félicitations au personnel de nos bibliothèques qui ont mené à bien ce travail de longue haleine !

Le poème "Sahel" est une suite de "Miserere".

Vous comprendrez sans doute le symbolisme de l'encadrement en fil de fer barbelé de "Sahel" et celui en forme de chaîne de "Miserere".

J'ai imaginé le pourquoi et l'après car cette fille qui ressemblait pour moi aux statues que l'on voit dans les églises des villages avait bien un père.

Perle noire est un poème récent qui a été primé à Paris.

Roger Bertrand, 29 janvier 2018 

 sahel 2018a

miserere 2018a