Avertissement

Les propos et les idées développés dans cette Tribune libre n'engagent que leurs auteurs et l'amicale en dégage toute responsabilité mais vous invite toutefois à les commenter, contester, enrichir dès lors que les valeurs d'éthique de l'Adac, du Cirad et de ses partenaires, seront respectées. Dans un débat d'idées constructif, excluant toute polémique, vous êtes invités à répondre ou à échanger dans l'espace « commentaires » ci-dessous, et nous envoyer vos écrits ou documents à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  et  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Ce travail de réfléxion et d'échange est conduit en relation avec le Cirad.


 

Le labour entre mythes et techniques

Zone climatique soudano sahéliennes

Des travaux conduits en Afrique de l’Ouest ont confirmé la validité agronomique du labour, alors que d’autres ont conclu négativement. De plus, la mise en œuvre du labour en milieu paysan s’est heurtée à de nombreuses difficultés et à des échecs dont il convient d’analyser les causes.

Notre propos ici est certes de réactualiser le bien-fondé de cette pratique si besoin était, mais aussi de prendre du recul, et de voir comment ce message considéré comme la "modernité" pour l'Afrique a été approprié ou non, à différentes époques et dans des contextes culturels et socio-économiques différents, par le petit paysannat au sud du Sahara. Et qu'en était-il récemment, juste avant le grand message actuel du non-labour ou du travail simplifié ?

Pour vous guider dans vos réponses, vos écrits et bibliographie sur le sujet, je vous propose le plan suivant :

- L'idée du labour au XXe siècle avant les Indépendances ("le labour colonial")
* Le contexte économique (fabrication/exportation de charrues par la métropole) et technique (les problèmes de l'attelage et des animaux dans la colonie)
* La dimension "culturelle" du labour colonial (littérature, art, etc.)
* La dimension "officielle"
* La dimension "technique" 
* Labour et grands projets de "mise en valeur des terres"                                        
* L'appropriation par le petit paysannat                                                                                                       

- L'idée du labour après les Indépendances tribunelibreaccederdocuments
* La dimension "recherche",
* Labour et grands projets de "développement"
* L'appropriation par le petit paysannat

- La question actuelle du "non labour"vous avez la parole
* Le contexte agro-environnemental
* La dimension "recherche"
* L'appropriation actuelle par le petit paysannat

- Réflexions sur la dimension culturelle du labour
Il s'agit d'aborder ici le rapport de l'homme au sol : 
* Travail du sol, religions et mythes
* Travail du sol, fertilité et fécondité
* Place du labour dans la culture de chacun

Christian Feller

Commentaires   

# GANRY Francis 16-02-2018 21:20
Les sols sableux de l’Afrique de l’Ouest ont la vertu des pauvres : ils sont pauvres mais ils ont une grande capacité d’accueil et de générosité, à condition de savoir leur parler ! Cette capacité d’accueil c’est le formidable pouvoir d’enracinement qu’ils offrent aux cultures. Le labour - et à plus forte raison l’amendement organique - leur confèrent ce pouvoir. Je tente dans une courte note de synthèse de rappeler les acquis de la recherche qui me permettent d’étayer cette assertion. Cette note figure dans les documents déposés dans cette tribune libre.
Répondre
# PIERI Christian 15-02-2018 18:08
http://www.amicaledesanciensducirad.fr/images/pdf/NotillFarmingforSustainableDevelopment.pdf

Le lien ci-dessus renvoie au rapport in extenso que j'avais produit, avec d'autres, notamment Guy Evers de la FAO, relatif au " zéro labour sur plantes de couverture", dans le but de mieux faire connaître ce système à mes collègues, surtout économistes, de la Banque Mondiale.

Je m'aperçois que ce document a déjà 15 ans d'existence! C'est dire que depuis, beaucoup a été écrit, actualisé, amendé, sur ce système controversé. D'autant plus controversé que derrière de nombreuses diatribes se cachent des intérêts économiques qui, pour les pro comme les contres, sont essentiels au monde de l'agro industrie. Les échanges scientifiques sont plus sereins, même s'ils restent passionnés. Je crois qu'ils sont dominés par les problèmes de choix d'herbicides - les meilleurs étant à trouver dans le choix et la rotation des plantes de couverture - et ceux de la compaction des horizons sub-superficiels (voir les travaux très intéressants des Australiens/néo-Zélandais sur ce thème). Les travaux des microbiologistes du sol (et de la rhizosphère) sont également passionnants dans cette comparaison.

Pour les "anciens Sénégalais" du Bassin arachidier il est bien évident que le meilleur No-Till system est celui de l'agroforesterie du pays Sérère, voire pour les sols Dior, celui les cultures associées au mil cultivées à l'hilaire...même si le labour, cher à l'école de Bambey, puisse être considéré, dans certains cas, comme un investissement initial pour récupérer des sols compactés ( comme peut être un investissement "chaulage correctif" par exemple pour des sols acidifiés!). Autrement il me semble que le labour régulier classique est un activateur de minéralisation de matière organique des sols, ce qui est dommageable s'il n'est pas associé à un enfouissement de compost ou de fumier composté, du moins d'après ce que j'avais alors déduit des travaux sur la fertilité des terres de savanes.

Peut être un autre intérêt du document ci-joint se trouve dans : a) l'analyse des conséquences de l'adoption NT dans les conditions, économiques et sociales, de l'agriculture paysanne et non pas celles d'une agriculture ultra mécanisée, b) l'accent mis non pas sur le "pourquoi" du choix en faveur du labour ou du non labour, mais sur les conditions de sa mise en oeuvre et de la période de transition d'un système "Labour" et "Non-Labour avec plantes de couverture", (car le Non-Labour SEUL n'est pas viable). Non pas le Quoi mais le Comment.
Répondre
# PICHOT Jean 08-02-2018 00:45
Parmi les sujets à traiter il ne faudra pas oublier celui des animaux de traits car dans l'esprit de certains de nos anciens des services agricoles coloniaux et post coloniaux point de labours sans attelages bovins.....
Ce qui a ici ou là entraîné la création de de structures spécialisées d'élevage et de dressage de bœufs Ce qui n'était pas rien à financer ! Et Pas facile à vendre aux paysans.
Répondre
# PICHOT Jean 08-02-2018 00:39
Claude CHARREAU et Robert NICOU ont été les principaux tenants de l'utilité du travail du sol en Afrique de l'ouest principalement pour améliorer les propriétés physiques et hydrodynamiques des sols cultivés en début de saison des pluies. Ils ont publié un document sur le sujet.
Dans le même temps nos collègues de l'IITA travaillant dans des agro-écosystèmes plus humides et des sols différents, étaient partisans du non travail, avec de sérieuses raisons.
Vérité au nord de Bamako Erreur en deçà ? ??
Il me semble bien que cette question est trop complexe pour la laisser entre les mains des pédologues et des physiciens du sol, car le labour et plus généralement les travaux du sol participent à la maîtrise des adventices et des éléments indésirables de la faune du sol comme les fourmis les termites les îles etc.
Dans le programme d'agronomie de l'IRAT 1970 1974 il y avait un volet sur le travail du sol dont ĺes résultats ont du faire l'objet d'une synthèse sans doute publiée dans un numéro de l'agronomie Tropicale paru en 1975 comme celles que j'avais faites sur l'azote et la matière organique....
Y-a-t-il des archéologues pour y aller voir ?
Cordialement
Jpp
Répondre