Notre collègue Jacques Arrivets nous a quitté cet été. Il est décédé le 9 juillet 2017 à Clapiers.

 Né le 2 avril 1938 à Mont-de-Marsan, après le baccalauréat en 1957, il sortit ingénieur agronome, section économie rurale de l’INA-Grignon à Paris en 1963, puis il obtint en 1964 le diplôme d’ingénieur d’agronomie tropicale de l’ESAAT (Ecole supérieure d’application d’agriculture tropicale à Nogent-sur-Marne). Il effectua son service militaire au titre de l’aide technique, comme responsable de la station agricole de Gagnoa en Côte d’Ivoire, chargé d’expérimentation sur diverses cultures tropicales. En 1965 il est directeur de la station sur contrat civil, pour de l’expérimentation sur les cultures vivrières pluviales et l’aménagement des bas-fonds pour la riziculture. Il réalisa aussi des essais café-cacao pour l’IFCC. Recruté à l’IRAT en 1967, il est au Burkina-Faso de 1968 à 1973, directeur de la station centrale de Saria, et responsable du programme agronomie de l’IRAT au Burkina. En charge des essais agronomiques sur les cultures vivrières et d’aménagements des bas-fonds, il travaillera en collaboration avec l’ORSTOM sur les lysimètres et les parcelles d’érosion. Il assurera aussi la fonction de chef d’agence par intérim en 1973. En 1972-1973, il revient en France pour un stage de formation en économie rurale et pour la rédaction d’articles et de synthèses.

 Puis, il sera affecté successivement :

  • à Tananarive, en juillet 1974 comme responsable du programme agronomie à Madagascar et chef de mission IRAT à partir de 1978 ;
  • à Ibadan au Nigéria (1981-1982) en tant que « visiting scientist » officier-liaison IRAT-IITA, sur l’agronomie du riz pluvial et de bas-fonds et son adaptabilité en Afrique de l’Ouest, l’aménagement hydroagricole des bas-fonds, le suivi des acquis des programmes IITA (dont manioc, lutte biologique…) ;
  • à Cotonou au Bénin (1983-1985) en détachement au Ministère de la Coopération, comme conseiller du directeur de la recherche agronomique du Bénin, et correspondant du Cirad pour l’organisation, la planification de la recherche sur cultures vivrières et la recherche-développement, les projets de convention, et le rétablissement d’un réseau national d’expérimentation (mais, manioc, arachide).

Revenu en France au siège de l’IRAT en 1985, affecté au département cultures vivrières, il fera des missions pour la FAO (Guinée, réorganisation de la recherche), la Banque Mondiale (programmation de la recherche en agronomie et systèmes de culture maïs-manioc et le FAC (problématique culture du manioc au Congo). De juillet 1986 à avril 1990, il est chef du projet FAC « amélioration de la culture du manioc au Congo ».

 Fin 1990, il est affecté à Montpellier auprès de la sous-direction des cultures vivrières, et nommé responsable de l’unité Agronomie de production » de l’Irat-Cirad à Montpellier. Il fera de l’appui technique et logistique à des opérations sur le terrain en tant que spécialiste de la culture du manioc et pour la recherche-développement (Brésil, Afrique, Vietnam, et pour le MCAC à Madagascar), enfin une mission au Tchad pour le FIDA (accompagnement de la recherche dans un projet de développement intégré du Centre Tchad).

 En 1995, il est nommé adjoint au chef du programme « Zone d’altitude et fronts pionniers ». En décembre 1998, il demandera à bénéficier de la retraite progressive et prendra sa retraite le 30 avril 2003 afin de se consacrer à ses autres passions. Il a été fait Chevalier de l’Ordre du Mérite en 1992.

 Sous une apparence de désinvolture héritée d'un regard lucide sur le monde et les gens, Jacques était un homme très engagé dans son métier au service du développement tant il était convaincu que ses travaux pouvaient être utiles aux plus démunis. Alors, chercheur rigoureux, il n'entamait pas une expérimentation sans avoir consulté l'intégralité des travaux antérieurs sur le sujet, ce qui faisait craindre son « c'est inutile, cela a déjà été expérimenté en ce même lieu en telle année ... »

Passionné de littérature, sensible à l'art, notamment dessin et peinture, grand amateur de golf, de pêche et de chasse, avec humour et facétie Jacques aimait venir au bureau avec son chien qu'il présentait comme « le meilleur chercheur du Cirad ».

C'était un esprit lucide, une belle intelligence et un grand homme de cœur. Nous avons perdu un collègue dont toute la carrière professionnelle a été l’illustration de la mission du CIRAD.

Toutes nos pensées vont à ses proches et à sa famille.

Michel Eddi,
Président directeur général