Nous avons appris, avec une grande tristesse, le décès de notre ancien collègue Jean-Pierre Marty, qui fut président du conseil d’administration de l’Institut d’Etudes et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux (IEMVT).

photo MartyJean-Pierre Marty était né le 16 juin 1923 à Verneuil-sur-Avre (Eure), dans une famille de huit enfants. Son père, professeur de latin et d’anglais à l’Ecole des Roches, collège réputé dont il devint ensuite le directeur, lui dispensa une éducation sévère. Personnalité d’une grande rigueur, il manifesta toute sa vie durant, une réserve et une pudeur extrêmes.

Après ses « deux bacs » (1940 et 1041), Jean-Pierre Marty s’inscrit en Propédeutique à la Sorbonne. Il obtient son Certificat d’Etudes Physiques, Chimiques et Biologiques, puis est reçu à l’Ecole vétérinaire d’Alfort en septembre 1943. Diplômé en 1947, il suit les cours de « l’Exo », l’Institut de Médecine Vétérinaire exotique qui donna naissance en 1948 à l’Institut d’Elevage et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux (IEMVT). Il intègre, aussitôt diplômé, l’Administration coloniale, et rejoint sa première affectation en Afrique : nommé à Kankan, en qualité de Chef de la Circonscription d’élevage de Haute-Guinée, Il y restera jusqu’en 1953.

Il devient ensuite Chef du Service de l’Elevage du Dahomey, puis de retour à Paris de 1954 à 1956, il est nommé adjoint à l’Inspecteur général - Chef du service de l’Elevage du ministère de la France d’Outre-Mer.

Fort de cette compétence, il va occuper à partir de 1957 le poste de Chef du Service de l’Elevage en Nouvelle-Calédonie, où il séjournera jusqu’en 1960. Il conservera, durant toute sa carrière, un lien fort avec la Nouvelle-Calédonie, sa dernière affectation Outre-Mer, et des relations personnelles très étroites avec son successeur, Noël Chabeuf, qui prolongera son action.

En 1960, de retour à Paris, Jean-Pierre Marty rejoint brièvement les rangs de la SCET-International (Société Centrale pour l’Equipement du Territoire-International, filiale de la Caisse des Dépôts). S’ouvre ensuite pour lui une longue carrière d’expert, au cours de laquelle il s’emploie à construire, suivre ou évaluer de grands projets de production de viande bovine ou ovine, dans d’innombrables pays d’Afrique du Nord, d’Afrique sous le Sahara, d’Amérique du sud, du Pacifique et même d’ URSS…

Jean-Pierre Marty a développé, au fil de ces missions, une expertise internationalement reconnue. Ses très nombreux rapports font autorité, la FAO, la Banque Mondiale et de nombreux gouvernements étrangers faisant régulièrement appel à lui.

En 1974, Il est nommé Inspecteur général de la Coopération Technique Internationale au ministère de l’Agriculture, et Président du Conseil d’Administration de l’IEMVT.

Sa notoriété et sa disponibilité le conduisent à partager son savoir à travers les enseignements qu’il dispense régulièrement à l’IEMVT et ponctuellement dans d’autres cadres, comme au Cnearc, à Montpellier.

En 1975, il est porté par ses pairs à la présidence de la Société Vétérinaire Pratique de France, la plus ancienne organisation professionnelle vétérinaire. Sa générosité le conduit à accepter, en 1977, la fonction de Secrétaire général de l’Association Centrale d’Entraide des Vétérinaires, qu’il occupera jusqu’à en prendre la présidence en 1999. Il prendra sa retraite en 1983.

Elégant et secret, il continuera jusqu’au soir de sa vie, à enrichir sa culture aussi large qu’éclectique et à sacrifier à son amour de la musique classique.

Il aura incarné à la perfection le modèle même des grands experts qui ont brillamment illustré la compétence française à l’international et profondément marqué la période des « Trente Glorieuses ».

Jean-Pierre Marty était Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier du Mérite agricole.

Un grand ancien s’en est allé. Nous nous inclinons respectueusement devant son souvenir, en assurant ses proches de notre admiration et de toute notre sympathie.

Michel EDDI
Président directeur général du Cirad