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# TEZENAS du MONCEL Hugues 06-04-2017 22:01
C’était il y a plus de 50 ans… des Scouts dont faisait partie un ami, m’ont demandé si je ne voulais pas venir avec eux pour aller construire une école à Mata Moulana « don de Dieu » !!!

Mata Moulana est au centre de la Mauritanie et, à l’époque, c’était impossible d’y arriver en voiture classique, aucune route n’existant.
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Etant né en Afrique, je ne vis dans cette proposition que la possibilité d’y retourner ce dont j’ai toujours eu très envie.

Notre voyage fut épique compte tenu des moyens financiers que nous détenions. Il ne pouvait être question de prendre l’avion ; nous nous sommes donc rabattus sur la traditionnelle compagnie des Eaux : la Cie N. PAQUET de Marseille dont les bateaux desservaient la côte ouest de l’Afrique.

Nous étions dans la 3ème classe du bateau avec des amis africains qui rentraient chez eux et qui nous ont permis de voir le temps passer très vite et nos soirées être très animées par les chants et les d’jam baies.

Après notre escale à Casablanca, nous avons fini par arriver à Dakar. Le lendemain un avion de l’armée nous attendait pour nous déposer à Nouakchott. Les 3 semaines passées à Mata Moulana (après y être arrivés et en être repartis d’une manière plus qu’aléatoire), nous ont permis de bien avancer la construction de l’école.

C’est à notre retour à Dakar, que nous avons été reçus à Keur Moussa.

Il nous fallu aux uns et aux autres au moins de 3 à 5 jours pour nous remettre de notre fatigue. Certains d’entre nous furent évacués très rapidement en France ; un autre fut heureux d’apprendre que finalement il n’avait pas été piqué par un scorpion ; nous avions tous perdus de 5 à 20 kg.

Nous sommes arrivés au « paradis » dans ce monastère ou il y avait à profusion de quoi se nourrir et boire mais aussi, les soirs, des serpents (inoffensifs ?) qui venaient profiter de la chaleur du « trottoir » qui nous permettait d’accéder à nos chambres.

Il nous fallut bien 2 à 4 jours pour nous rendre compte que c’étaient des Moines qui nous recevaient et qui, à partir de ce monastère, nous nourrissaient et nourrissaient aussi de nombreuses familles en difficulté.

Leurs journées étaient consacrées non seulement à leurs activités religieuses, mais aussi à produire de quoi nourrir tous ceux qu’ils recevaient.
Dès le matin nous étions invités à venir avec eux pour « battre » les blés, orges et autres céréales qui avaient été récoltés et qui devaient être conservés sous terre après avoir été battus de longues heures en sautant indéfiniment sur eux. Ces sauts nous permettaient d’aborder avec eux de nombreuses discussions qui touchaient aussi bien aux sujets spirituels qu’à la vie courante.

Je les remercie encore pour tout.
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# BODART Marie-Gabrielle 06-04-2017 22:00
Un grand merci pour le diaporama de Keur Moussa où je suis allée souvent quand j'étais au Sénégal dans les années 1970-1980, ainsi qu'au monastère féminin de Keur Guilaye; leur jardin potager et fruitier était merveilleux! Ce diaporama réveille mes souvenirs de la découverte de la musique africaine avec la kora, ce bel instrument traditionnel : j’avais voulu apprendre à en jouer avec un musicien mandingue Mamadou Kouyaté, qui avait joué devant le Président Senghor m’avait-il dit! C’est lui qui avait fabriqué la première kora sur laquelle je jouais, magnifique avec de belles sonorités mais très difficile à accorder. J’avais ensuite fait l’acquisition d’une kora à clés plus stable dans les accords et j’ai été ainsi contente de retrouver sur le site de l’abbaye l’histoire de l’évolution de la kora traditionnelle à noeuds vers la kora à clés, créée par un moine de l'abbaye. A mon retour en France, j’avais fait fabriquer deux immenses caisses en bois pour rapporter mes deux koras sans dommages : mes bagages ne passaient pas inaperçus !!
Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire de l’évolution de la kora, voici un ouvrage récent qui pourrait satisfaire leur curiosité : http://www.jacquesburtin.com/koraFr.htm
Marie-Gabrielle
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