Première action de tutorat de l'Adac (F. Ganry)


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 Le Lycée général - Internat d'excellence avait sollicité l'Adac pour une intervention devant les élèves de premières ES/L dans le cadre du module «Nourrir l'Humanité», auprès du professeur de SVT.

J.P. Gaillard et F. Ganry ont alors rencontré le professeur de SVT, Mlle Nathalie Bonnet, le 23 janvier pour discuter des modalités d'une intervention de F. Ganry sur le thème Rôle de l'élevage, via le fumier, dans le développement d'une agriculture durable en zone soudano-sahélienne. Cas du Sud Mali.
Cette intervention se fit le 23 mai 2013, de 8 h 30 à 10 h 30, en présence du professeur. Elle se déroula dans de très bonnes conditions (accueil, support technique avec notamment un tableau blanc interactif, motivation du professeur, et intérêt manifeste d'une partie des élèves (ce qui n'était pas gagné d'avance !).
Le professeur me fit part de son souhait de renouveler l'expérience l'année prochaine sur le sujet des « Plantes de services » (ce dont elle nous avait déjà parlé le 23 janvier), et également de pouvoir faire visiter un laboratoire du Cirad aux élèves de terminales dans le cadre de leur cours de physique-chimie. Je lui ai suggéré le laboratoire « Analyses des eaux, sols et végétaux ». Elle écrira au président de l'Adac pour repréciser sa demande.

Résumé de l'intervention
Rôle de l'élevage via le fumier dans le développement d'une agriculture durable en zone soudano-sahélienne. Cas du Sud Mali.
Exposé de la problématique
On sait que les bilans d'énergie sont en défaveur des systèmes d'élevage et de production de viande par rapport aux systèmes de culture et de production végétale. Dans les pays du Nord, y compris dans les Dom-Tom (par exemple à la Réunion), l'élevage a une part importante dans l'agriculture mais est effectivement défavorable à une agriculture durable sur les critères « bilan énergétique », « déchets » par les effluents d'élevage (pollution des nappes) et « effet de serre ». A l'inverse, dans les pays de la zone soudano-sahélienne, l'élevage est une composante essentielle de l'agriculture durable, durabilité qui par définition s'organise autour de trois axes : économique, environnemental et social. Dans ces pays soudano-sahéliens, l'élevage est source de viande et de lait certes, mais aussi et surtout source de fumier qui traditionnellement a permis la survie des éleveurs nomades et des cultivateurs sédentaires grâce à la « vaine pâture » de saison sèche, fumier dont les fonctions « engrais » et « amendement » sont capitales dans le maintien de la fertilité des sols cultivés.
Axe économique
Le Mali est une zone de production cotonnière pour laquelle le fumier est un facteur de production majeur. Le coton est, après l'or, la deuxième source d'exportation avec 187 milliards de francs CFA en 2004. Premier pays africain producteur de coton, le Mali est vulnérable aux fluctuations des cours de l'« or blanc » et est menacé par les subventions européennes mais surtout américaines accordées aux producteurs occidentaux qui rendent le coton africain non compétitif, d'où l'impérieuse nécessité d'assurer une production durable au moindre coût.
Axe environnemental
Le maintien d'un taux minimum de matière organique (MOS ou humus) dans les sols, appelé seuil critique, est obligatoire pour empêcher une dégradation des sols (érosion, baisse de fertilité et désertification par dégradation du couvert végétal). Le fumier est un excellent amendement pour conserver ce taux de MOS.
Axe social
L'élevage est une composante essentielle du fonctionnement des sociétés rurales traditionnelles en Afrique ; par ailleurs le travail du sol est réalisé par des bœufs, et il est essentiel dans la mise en œuvre des pratiques culturales.