Hervé Bichat – 31 août 2015
Hervé Bichat, fondateur et premier directeur général du Cirad, est décédé des suites d'une longue maladie, qu'il a pourtant combattue durant plusieurs années, avec une grande détermination et une admirable sérénité. Hervé Bichat est né en Lorraine, en 1938.

bichat henry herve photoAprès ses études secondaires, attiré par les métiers de l'agriculture qu'il souhaitait exercer initialement dans sa région, Hervé décide de s'orienter vers ceux du génie rural. Il poursuit alors ses études en classe préparatoire à l'école Sainte-Geneviève de Versailles, passe brillamment le concours de l'Agro et sort dans les premiers. Alors que la guerre d'Algérie fait rage, Hervé prend la décision de faire ses premières armes d'ingénieur du génie rural au service de l'Afrique. Il ne sait pas encore que ce continent cristallisera sa passion et canalisera son inspiration humaniste et altruiste. Avec passion, il va dédier à ce continent une grande partie de sa vie professionnelle et de son engagement personnel, qu'il exprime déjà, à l'époque, au sein de mouvements étudiants chrétiens militants. Il consacra de nombreuses années à l’agriculture tropicale et ses collègues l’appelaient « Bichat ’Africain ». En 1963, on le retrouve au ministère de l'Agriculture de Côte d'Ivoire où il sera très vite chargé de conduire d'importants travaux d'aménagements agricoles, d'infrastructures et de génie civil. Il y restera en poste pendant près de dix ans et prendra même le temps d'obtenir une licence en droit et sciences économiques à l'université d'Abidjan, et le nouveau Président Houphouët Boigny contribuera à lui enseigner l'Afrique. Hervé tissera en Côte d'Ivoire, et plus largement dans les pays de la région, un très important réseau d'amitiés et de contacts qui vont faciliter l'exercice de ses futures responsabilités. De retour en France, il occupe plusieurs fonctions au ministère de l'Agriculture, deviendra directeur du Centre d'études et d'expérimentation du machinisme agricole, puis chargé de mission à la Délégation à la recherche scientifique et technique. Il porte un regard innovant sur le dispositif français de recherche agronomique, en produisant ses premières analyses sur l'orientation de l'Inra et sur le pilotage des instituts de recherche spécialisés en recherche agronomique pour le développement des pays du Sud et collabore avec Jacques Poly, Jacques Alliot et Jean-Marie Sifferlen. A la fin des années 70, il participe très activement à la création du Gerdat, GIE chargé de coordonner l'action de ces instituts et de répartir et contrôler l'utilisation de la subvention que l'Etat leur alloue. En 1980, il revient au ministère de l'Agriculture comme directeur du centre d'évaluation et de prospective où il approfondit sa réflexion sur la politique agricole, ses évolutions et celles de la recherche agronomique et de ses opérateurs. En 1981, il participe au pilotage opérationnel des instituts de recherche agronomique en coopération pour le développement. Il en est d'abord le directeur scientifique (1981-1983), puis l’administrateur général (1984). Il contribue alors à concevoir et mettre en oeuvre la réforme de ces instituts et de leur GIE, au prix de difficultés et d'obstacles politiques, scientifiques, techniques, nationaux et internationaux nombreux, mais avec une puissance de conviction inébranlable qui, par fusions, aboutira à la création du Cirad, en 1984-1985. Il en sera le premier directeur général, mettra en place tous les éléments fondamentaux du mandat, de l'organisation et du fonctionnement du nouvel établissement auquel il donnera jusqu'à son nom, et en préparera les premières phases d'évolution. Il s'emploiera à forger, avec l'expérience acquise, de nouvelles relations avec nos principaux pays partenaires du Sud. Il restera à ce poste jusqu'en 1990, date à laquelle il devient directeur général de l'Inra, puis en 1992, directeur général de l'enseignement supérieur et de la recherche au ministère de l'Agriculture. Il est nommé président de la section agriculture du Conseil général du génie rural, où il terminera sa carrière publique. Hervé ne cessera de manifester jusqu'à l'extrême soir de sa vie, son intérêt et sa générosité créatrice au service des agricultures et du développement de l'Afrique à travers divers mouvements ou structures associatives. Restant très attaché au Cirad, il a collaboré très étroitement aux travaux sur l'histoire des instituts et du Cirad, au sein du Comité d’histoire Inra/Cirad dont il était membre assidu. Outre ses nombreuses fonctions, il était officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre du Mérite agricole. Doté d'une capacité de travail, ne connaissant ni fatigue ni lassitude, et d'une volonté et d'une détermination sans faille, il laisse la marque d'un homme généreusement engagé dans le « siècle » au service d'une vocation : celle du développement des agricultures, en particulier celles des Sud qu'il concevait comme un sacerdoce.

 

Retrouvez ci-dessous les témoignages et interviews diffusés lors de la journée d'hommage à Henry-Hervé Bichat, le 17 juin 2016, Agropolis International, Montpellier

Le Cirad, l'Inra et le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt / DGER en partenariat avec Agropolis International ont organisé le 17 juin 2016 une journée-évènement en hommage à H.H. Bichat. Au programme : des témoignages, des interviews, des échanges sur la pensée et l'action d'H.H.Bichat et leur prolongement aujourd'hui. H.H.Bichat a notamment été fondateur et premier directeur général du Cirad de 1985 à 1990, directeur général de l'Inra de 1990 à 1992 et directeur général de l’Enseignement et de la Recherche du ministère de l’Agriculture de 1992 à 1997.