Avertissement

Les propos et les idées développés dans cette Tribune libre n'engagent que leurs auteurs et l'amicale en dégage toute responsabilité mais vous invite toutefois à les commenter, contester, enrichir dès lors que les valeurs d'éthique de l'Adac, du Cirad et de ses partenaires, seront respectées. Vous êtes donc invités à répondre ou à échanger avec l'auteur dans l'espace « commentaires » ci-dessous, dans un débat d'idées constructif, excluant toute polémique.

 
Afrique et agriculture : de la détresse à l'espoir  

AfriAgriculture1J.-L. Reboul* aborde avec lucidité dans ce dossier les questions de fond du développement de l'Afrique, se situant souvent à contre courant des idées reçues, ce qui fait d'ailleurs tout l'intérêt de ce dossier et donne envie de débattre.

Pour ouvrir le dossier de J.-L. Reboul cliquez sur un des deux liens suivants : sous la forme d'un livre qu'on feuillette ou sous la forme d'un fichier pdf classique.

 

*Ingénieur agronome, ancien chercheur du Cirad, 40 ans d'expérience dans le Pacifique sud, l'Océan Indien, l’Afrique Centrale et Madagascar où il demeure.


Commentaires   

# NZIETCHUENG Samuel 23-05-2016 22:35
J’ai lu avec un grand intérêt le document élaboré par M. Jean-Louis Reboul, Agronome, intitulé : «Afrique et agriculture. Pour nourriture la Planète – Le Paysan d’Afrique…….Agriculteur du Monde » ‘’sous-titre : Un matin la roue de la fortune a tourné et ce jour les semailles de l’Afrique……..’’.
Il s’agit d’un document fouillé, de mon point de vue, de 48 pages, comportant outre le préambule, dix parties: (i)Tragiques paradoxes ; (ii) Recherche de solutions de 1920 à 1975; (iii) La voie des approches agro-écologiques ; (iv) Echec relatif de la diffusion des systèmes agro-écologiques à Madagascar et en Afrique ; (v) La détresse de l’Agriculture conséquence du « mal africain » ; (vi) Alors quelles perspectives ? Le « mal africain » doit-il et peut-il être traité? ; (vii) Pourquoi l’Agriculture du Monde a-t-elle besoin d’une Afrique puissante ? ; (viii) «Libérer» l’Afrique et accompagner son essor : comment faire? ; (ix) L’Afrique grande puissance agricole : que faire ? ; (x) Conclusions.

Mon commentaire porte sur deux aspects:

1 -Des Observations d’ordre général :
(i) Agronomes de notre état, nous avons tous appris à l’école et par expérience que l’agriculture est une science de la localité: Exemples : a) Le petit paysan (agriculteur) de l’arrière pays de la Savoie (Français de son état, grand travailleur) vit moins bien que ses compatriotes/vignerons du Haut Médoc, du Bassin céréalier parisien (des rentiers); b) Le petit agriculteur des hautes terres de l’Ouest-Cameroun avantagé par le climat (cultures des régions tempérées et tropicales) vit mieux que son homologue/compatriote (pourtant plus travailleur) de l’Extrême-Nord Cameroun, mais défavorisé par le climat.
(ii) Je ne comprends pas pourquoi M. Reboul a retenu une période aussi ancienne (Patiente recherche de solutions techniques: 1920 à 1975), pour fonder son argumentaire. En 1975, le CIRAD n’existait pas encore. Ses ancêtres étaient là, me direz-vous. M. Reboul m’a fait me souvenir de mon entrée à l’IRAT, Rue de la Belle Gabrielle, à Nogent-Sur Marne, où j’avais été accueilli par M. Lapeyronie (que j’aimerais revoir) en octobre 1975;
(iii) En dehors de la sphère diplomatique (Union Africaine – Union Européenne; USA – UA; etc.), je ne suis pas partisan des discours qui assimilent l’Afrique à un pays-continent. Ne perdons pas de vue qu’en relations internationales, chaque partie défend ses intérêts. Ici il s’agit des rapports de force.
(iv) Lors de mon dernier séjour à Paris, avril-mai 2016, j’avais été agréablement surpris. Je voudrais donc suggérer à ceux des membres de l’Adac-résidant en France- qui ne l’ont pas encore fait, de prendre un abonnement « bouquet chaînes TV – africaines ».

2 - Commentaires sur quelques affirmations de l’auteur:
Page 10 : « ……Echec relatif des stratégies de diffusion : état en 2010…..La diffusion de ces systèmes n’a concerné que quelques milliers d’hectares….on assiste même à un recul de ces surfaces,…..………En fait, les causes profondes de cette situation d’échec, doivent être recherchées dans un « mal africain » systémique, responsable de la vanité de tous les efforts entrepris de redressement global du continent….. ».
Commentaire: Aucune étude scientifique n’ayant été réalisée par l’auteur, je me demande pourquoi il n’a pas pris la peine d’aller sur le Net pour collecter des données plus récentes. Exemples : sites du NEPAD (Agriculture); FARA ; CORAF/WECARD ; certains pays (Sénégal, Ghana, Côte d’Ivoire, Nigéria, Cameroun, Kenya, Ethiopie, Tanzanie, etc.). Cas du Cameroun : Une étude très récente (2014) «l’Etude sur l’économie de la recherche au Cameroun » à laquelle le CIRAD/Bureau d’Etudes, a participé, informe suffisamment sur la contribution de la recherche à l’essor de l’agriculture vivrière durant les trois dernières décennies.
Page 12, « (……. ; Il s’agit aussi de «l’accaparement » par la force, la ruse et la complicité des administrations locales «achetées», de vastes superficies de terres (près de 4 millions d’ha pour Madagascar…………) ». Commentaire : J’ai suivi sur la chaîne de TV France 2, très récemment (mai 2016), des petits agriculteurs français qui se plaignaient que des Chinois avaient acheté des grandes superficies de terre dans leur région. Il en est de même des grands vignobles français passés aux mains d’étrangers (chinois,…..). Le phénomène ‘’le l’accaparement des terres’’ n’est pas propre à l’Afrique subsaharienne.

Je voudrais, en guise de conclusion, rappeler que l’histoire est importante. Elle est riche d’enseignements par la distance qu’elle donne sur les événements. Le regard qu’elle porte privilégie le pourquoi et le comment. Même si aujourd’hui l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus pauvre du monde ; même si elle fut mal partie pour reprendre la célèbre formule de René Dumont (1962) et revisitée très récemment, force est de reconnaître, dans les domaines qui sont les nôtres de l’ADAC (recherche agronomique et agricultures africaines), que des progrès spectaculaires ont été enregistrés au cours des quarante dernières années, dans plusieurs localités de l’Afrique subsaharienne.

Samuel Nzietchueng, Agronome, Consultant Indépendant, Co-fondateur Académie des Sciences du Cameroun(1990), Directeur de Recherche – IRA Emérite/Ancien Pr de Biologie & Pathologie végétale –Universités du Cameroun, Ancien Directeur Général de l’Agence Africaine de Biotechnologie (1997- 2005, Alger) ; Membre du Panel Africain de Haut Niveau sur la Biotechnologie de L’UA/NEPAD(2005-2007). J’ai donc eu la chance de parcourir l’Afrique continentale durant de nombreuses années.
Répondre
# GANRY Francis 04-05-2016 14:44
Ce dossier Afrique et agriculture aborde les questions de fond du développement de l'Afrique et du pourquoi du « mal africain ».

Dans son analyse des causes de ce « mal africain », l’auteur se livre à un véritable réquisitoire contre les grandes puissances et leurs filiales et agents toutes catégories (banque, ONG, églises…) avec des mots dont la virulence, je suppose, est exagérée à dessein pour nous ouvrir les yeux sur la réalité de la mise sous tutelle et de la corruption de l'Afrique : serions-nous en désaccord, qu'il instille le doute et peut même nous amener à revoir notre point de vue ! Voici 3 anecdotes que j’ai vécues, à l’appui de ses assertions :
Assertion 1 : « … les problèmes constituent un formidable Fonds de Commerce et tout porteur de solution est considéré comme une menace directe sur ce « fonds de commerce : de ce fait, toute solution est farouchement « effacée » : un peu choquant, non ? Et pourtant, j’ai en mémoire une visite organisée par J. Gigou sur le terrain pour nous montrer que l’érosion au Sud-Mali n’existe pas, le but de notre collègue étant justement de dénoncer une imposture à ses yeux, à savoir que cette érosion, brandie comme une menace à terme pour le pays, était la raison de financements indûment captés par une certaine école de la recherche européenne (qui devait en grande partie s’autofinancer) ;
Assertion 2 : « la finalité non avouée des Programmes censés redresser et consolider les économies des pays d’Afrique (et autres) consiste en fait à assurer la totale soumission de ces économies en devenir, aux intérêts financiers et commerciaux de l’Oncle Sam…» là, j’applaudis, car j’ai vécue une telle situation dans les années 80 dans un pays d’Afrique de l’Ouest, que voici. Je participais à un programme de développement du soja, ambitieux, crédible et prometteur, que nous avions mis en œuvre après plusieurs années de recherche sous la houlette de Jacques Larcher. Tout, de l’amont à l’aval était bien réglé et à la veille de l’accord du gouvernement, tout a capoté du jour au lendemain. Je fis une enquête discrète et identifiai la cause vraisemblable de ce revirement du gouvernement, qui était, à mes yeux, d’origine outre atlantique... ce dont j’eus confirmation quelque 20 ans après ;
Assertion 3 : en 1979, dans le bureau d’un directeur de Centre de recherche d’un pays d’Afrique de l’Ouest, j’assistais à une réunion « Banque mondiale ». L’objectif de la Banque était la refonte totale des dispositifs et programmes de recherche, ce que n’accepta pas ledit Directeur, qui devant l’inflexibilité de ses interlocuteurs et leur refus de ne rien modifier à leur plan insensé, se leva en colère et les traita de néocolonialistes (s’il me lit, il se reconnaîtra !). Le plan « Banque mondiale » se mit en place et notre courageux et lucide directeur connut la disgrâce… mais dieu merci, il sut la transformer en une brillante carrière internationale.

A contre courant des idées reçues, J.L. Reboul délivre un message d'espoir à l'Afrique car d’après lui, sous réserve de changements géopolitiques, l'Afrique va émerger du monde, message d'espoir aussi à l'Europe qui dans le contexte actuel du drame des réfugiés pourrait entrevoir une solution africaine à l'immigration économique. Une Afrique « … qui va faire vivre l’humanité de demain ! » : utopie ou réalité ? Notre collègue M. Brouwers écrit que cela est un non sens. En revanche, le Nepad, cité par l'auteur, affirme ce futur rôle nourricier de l'Afrique dans le monde, mais cette déclaration est-elle scientifiquement fondée où purement spéculative ? Et pourtant, dans le domaine rizicole, à l’heure actuelle, c’est bien une perspective envisagée par les décideurs politique ! Déjà, il y a une quinzaine d’années, en 1999 se tenait aux Philippines un colloque consacré à l’avenir du marché du riz en Asie et la question fut réellement posée : « Can Africa be the future rice supplier for Asia » ? Aujourd’hui, c’est la conviction de l’ancien directeur général AfricaRice (2006-2013), Abdoulaye Seck, actuellement ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural du Sénégal, agroéconomiste de formation et ancien chercheur, qui déclarait en octobre 2015 : « … d’ici 2020, l’Asie du sud-est risque d’être un continent importateur de riz. Cette occasion, les pays africains ne doivent pas la laisser passer. Il nous faut doper la production rizicole africaine et avoir l’ambition d’exporter du riz en Asie ». Précisément au Sénégal, la production rizicole au Sénégal est en constante augmentation (+33% en 2014 par rapport aux 5 années précédentes) et l’autosuffisance est visée en 2018 !
Bien sûr se pose la question du « comment » : par quels moyens accroître de façon durable la production ? L’auteur y répond d’abord pages 6 à 10 puis pages 21 à 23 :
pages 6 à 10 : l’auteur souligne à juste titre l’acquis considérable d’"un patrimoine scientifique historique unique en la matière" par plusieurs pays, auxquels je suggère d’ajouter le Sénégal, et surtout de ne pas arrêter la période d’acquisition des résultats à 1975, mais d’aller au-delà et je suggérerais jusqu’aux années 2000, car cela donne l’impression que les résultats sont dépassés, alors que généralement la démarche de la recherche s’inscrit dans un continuum caractérisé par l’évolution des techniques d’investigation (le traçage isotopique par exemple, à compter des années 75). Puis s’en suit un long développement de 3 pages sur l’agro-écologie, en y consacrant un chapitre, pour conclure à l’échec relatif du semis-direct.
pages 21, 22 et 23 : l’auteur propose nombre de pratiques dans une approche agro-socio-économique qu’on peut certes discuter sur certains points mais qui a le mérite d’être structurante et globale. Je ferais cependant deux remarques : (1) nulle part il est dit qu’une augmentation durable de la productivité agricole implique l’apport d’engrais minéraux, apport qui doit être fondé sur le raisonnement de la fumure (les acquis sur ce sujet sont déjà considérables) ; (2) une place importante aurait dû être consacrée à l’agro-écologie au sens large, celle qui prend aussi en compte l’agroforesterie que l’auteur évoque certes un peu, à la page 22 en la reléguant au même niveau que la mycorhization et un peu plus loin page 23 en parlant de la nécessaire « intégration agriculture/arbre et élevage ». Sur ce dernier point, les remarquables travaux de Gigou et Kalifa Traoré (sa thèse) au Mali ont montré l’effet positif de la culture sur ados, sur la régénération des arbres du bassin versant, avec comme effet induit des arbres, entre autres, la relance du cycle biogéochimique des nutriments.

Pour terminer, et abonder dans le sens du message d’espoir, je citerai la conclusion du 6ème volume des ouvrages de René Tourte consacrés à l’histoire de l’agriculture africaine : L’agriculture des tropiques africains, déjà capable de fortes productions, peut donc aussi prétendre à de hautes productivités, tant de ses surfaces agricoles disponibles que, surtout, du travail de ses hommes et femmes. Elle peut sans aucun doute relever les plus graves défis, surmonter les crises les plus dramatiques.
Répondre
# BROUWERS Marinus 28-04-2016 11:00
Le préambule : tel qu'il est écrit, on ne sait pas s'il est le fruit de la réflexion de l’auteur de ce document de 46 pages ou le produit de la réflexion du petit groupe de personnes dont les noms figurent en bas de cette page «préambule ».

Dans ce préambule (comme à la page 13 du document) il est affirmé que le taux de pauvreté en Afrique (Afrique entière bien évidemment) est passé de 11 % en 1970 à 66 % en 1998. Quelle est la source ? Et si cela est vrai, quelle est la cause ? La décolonisation ou la très forte augmentation du revenu médian ? Car, par définition, le seuil de pauvreté correspond à 60 ou 70 % du revenu médian

Quant à ces colossales subventions dont il est fait état dans ce préambule et plus loin, dont bénéficierait l’agriculteur en Europe et USA, les auteurs oublient que pour chaque agriculteur subventionné ces subventions font aussi vivre au moins 5 familles non agriculteur de même qu’elles n’ont pas cours dans maints pays d’Europe (Ukraine, Russie, Pologne, etc.), et quelles vont aussi à la recherche et la vulgarisation.

Pg 6, point 1 : Il est assez surprenant de ne pas lire dans la liste de pays dépositaires d’un patrimoine scientifique historique agricole des pays comme Burkina Faso, Sénégal, Niger ou encore Soudan, Congo-Kinshasa, Afrique du Sud, Kenya, etc.
De même il est fort surprenant d’y lire qu’à la suite des chocs pétroliers l’engrais seraient devenu depuis 1970 hors de portée des paysans africains. Car il est notoire que le coût des engrais pour les sociétés agro-industrielles opérant en Afrique, achetés par centaines de dizaines de tonnes, diffère peu, depuis belle lurette, de ce que payent les agriculteurs de la Beauce ou de la grande plaine Champenoise. C’est donc uniquement l’incapacité sociétale ( ?) du monde paysan et de ses dirigeants africains de constituer de grandes coopératives agricoles non corruptibles (comme cela s’est fait p.ex. aux Pays-Bas et Allemagne) qui est la cause du coût élevé des intrants et du faible prix de leurs productions pour les petits producteurs. Cela n’est évoqué nulle part clairement dans ce document.

Pg 6, point 2 : Quant à l’accès impossible des paysans africains à des intrants non subventionnés : Il en est de même pour les agriculteurs d’Europe, d’USA, de Turquie et d’Asie de SE.

Pg 12, point 1 : Il y est question des colossales richesses naturelles de l’Afrique. À part les richesses existantes dans le sous-sol de certains états, je n’en vois pas, à part les qq. milliers d’ha de bois nobles qui restent.

Pg 12, point 2. Il y est question d’accaparement par la force, cela en premier parmi d’autres moyens. De quelle force s’agit-il ? L’armée ?
Puis, quant à ces « près de 4 millions d’ha accaparés en Madagascar » (soit 40 000 km2 ou encore la surface des Pays-Bas, plans d’eau compris). Accaparer = s’emparer d’un bien à son seul profit afin de le vendre ou des productions qu’on en tire à son seul profit. Bon nombre de terres malgaches sont, avec l’accord des autorités, passées dans les mains d’autres, essentiellement des étrangers. L’achat par des Chinois de sucreries en Madagascar ne leur a pas réussi (situation en 2015). D’autres projets dans le domaine agricole ont été arrêtés (sols trop pauvres, pluies insuffisantes, etc.). Uniquement une faible fraction de ces 4 millions d’ha est actuellement exploités par des accaparants. Les Chinois visent en Madagascar essentiellement les richesses de son sous-sol.

Comme il est bien connu, l’Afrique est un vaste continent allant du nord au sud, de la Méditerranée à Le Cape (Kaapstad) et comprend des climats très diversifiés allant de zones (semi) désertiques au N et au Sud (en moyenne annuelle 20 mm de pluie au Sarir Libyen comme en Namibie) en passant par un vaste secteur équatorial fort humide autour de la latitude 0 (à parfois plus de 3000 mm/an en moyenne).

À la fin du document figure sous le titre bibliographie une liste d’écrits. Mais il s’agit essentiellement seulement d’écrits allant dans le sens voulu par leurs auteurs. Point d’analyses contradictoires des affirmations contenues dans l’essentiel du document de J-L Reboul. Puis, il ne s’agit pas à proprement d’une bibliographie. Car si oui, il aurait dû figurer dans le texte principal des renvois numérotés à ces références. En ne le faisant pas, cette partie de l’annexe peut au mieux être qualifiée d‘écrits consultés, comme cela se fait dans certains ouvrages de vulgarisation.

Affirmer dans le préambule que la Planète va vivre dans un proche avenir de l’Agriculture de l’Afrique est un parfait non-sens. Des causes de la médiocre performance de l’agriculture paysanne africaine sont certes évoquées plus loin dans le document. N’empêche que cette assertion reste un non-sens. Non seulement parce que dans ce même avenir proche, la population d’Afrique serait appelée à plus que doubler, mais aussi parce qu’actuellement une bonne partie d’Afrique n’est guère en mesure de nourrir convenablement sa propre population. D’où les importations de produits agricoles s’exprimant en méga tonnes en divers pays, dont Madagascar. Fait aggravant, en particulier (mais non seulement) dans l’Afrique humide, occidentale et méridionale, les sols sont pauvres et acides car du type ferrallitique ou ferrugineux. L’agriculture sur brûlis ne donne que pendant 2-3 ans une récolte appréciable avant un retour obligatoire à une longue période de jachère. Sinon les terres deviennent épuisées, tout juste capable de fournir une strate herbacée pauvre dont même les ruminants ne veulent pas. Depuis plusieurs décennies le rendement en grain de l’agriculture « biologique » africaine plafonne à en moyenne une t/ha alors qu’ailleurs dans le monde, en conduite non biologique, le rendement est monté à entre 5 et 10 t. Des rendements déjà réalisés heureusement en Afrique par plusieurs sociétés industrielles et de bons agriculteurs.

M. Brouwers
Agro-pédologue, ayant pour des raisons pro et parfois privées séjourné, à la campagne avant tout, dans plus de 40 pays/états et DOM-TOM, repartis sur les 5 continents et 2 océans depuis 1966.
Répondre